À force de licencier des humains, il n’y aura bientôt plus personne pour produire des films et des séries télé chez Amazon ! Qu’à cela ne tienne, l’IA générative arrive à la rescousse pour remplir le catalogue de Prime Video à peu de frais. Bien sûr, c’est caricatural, mais le géant du commerce en ligne mise beaucoup sur cette technologie pour réduire les coûts de production.
Amazon ne fait aucun mystère de son désir d’exploiter l’IA générative pour accélérer la production de films et de séries télé. Au sein des studios MGM, propriété d’Amazon, un « AI Studio » développe des outils destinés à réduire les coûts et à rationaliser certaines étapes créatives, que ce soit en pré-production ou en post-production.
L’IA arrive sur les plateaux
Les premiers outils seront proposés à des partenaires de l’industrie en bêta fermée en mars. Amazon prévoit des résultats tangibles dès le mois de mai. Le groupe assume le virage technologique, imaginée comme une réponse à l’explosion des budgets de production. Les sommes en jeu sont tellement énormes qu’elles finissent par limiter la prise de risque et le nombre de projets financés.
Si Amazon veut utiliser l’IA pour accélérer les processus, il n’est pas encore question de remplacer la créativité humaine. « Nous croyons fondamentalement que l’IA peut accélérer les choses, mais qu’elle ne remplacera pas l’innovation ni les aspects uniques que les humains apportent à la création des œuvres », rassure Albert Cheng, un vétéran du secteur du divertissement à la tête de l’AI Studio. L’IA générative doit servir d’outil pour assister les équipes, voire pallier les déficiences budgétaires comme on l’a vu pour la série House of David diffusée sur Prime Video.
Albert Cheng indique que ses outils sont pensés pour éviter les écueils habituels de l’IA générative, à commencer par le pillage de la propriété intellectuelle (mais comment ? Il ne le précise pas). Ils sont également censés améliorer la cohérence des personnages d’un plan à l’autre (un des gros problèmes de l’IA), offrir un contrôle granulaire aux réalisateurs et s’intégrer aux outils standards de l’industrie. Le studio s’appuie sur les énormes capacités de calcul d’AWS, autre filiale d’Amazon, et travaille avec plusieurs fournisseurs de grands modèles de langage (LLM).
Comme l’ensemble d’Amazon, Prime Video n’a pas été épargné par les vagues de licenciements annoncées par le groupe ces derniers mois. Depuis l’automne 2025, le géant américain a supprimé près de 30 000 postes dans ses équipes (dont la moitié fin janvier), en invoquant justement les gains de productivité permis par l’IA et la nécessité de réduire ses coûts. Ces coupes ont aussi touché la division divertissement.
L’IA générative fait certes des progrès fulgurants, mais la technologie n’est pas encore tout à fait apte à complètement remplacer tous les humains sur les plateaux de tournage. Le réalisateur Darren Aronofsky (Requiem for a Dream, Black Swan), a ainsi utilisé l’IA pour produire la série historique On This Day… 1776 pour le compte du magazine Time.
Si les voix sont celles d’acteurs en chair et en os, les images trahissent rapidement leur nature synthétique, en particulier sur les visages qui, comme d’habitude, naviguent dans les eaux troubles de la « vallée de l’étrange ». Espérons qu’Amazon n’ait pas envie de suivre le même chemin !
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Source :
Reuters