L’Europe n’a pas fini de jouer le rôle de poil à gratter dans la tech mondialisée et surtout américaine. Malgré les protestations des premiers intéressés et les gesticulations de la Maison Blanche, la Commission européenne a bien l’intention de poursuivre, voire d’amplifier, les enquêtes contre les mastodontes US. Au risque de provoquer l’ire de Donald Trump.
Bruxelles et Washington n’ont pas fini d’aller au clash. Le Financial Times, devenu ces derniers temps l’organe de communication officieux de la Commission européenne, rapporte que les enquêtes vont s’intensifier sur les pratiques de Google, Meta, Apple ou encore X/Twitter cette année. Des responsables de l’exécutif européen ont affirmé au quotidien américain que les services à la concurrence étaient en phase de « recentrage » de leurs actions pour appliquer les règlements sur les marchés numériques (DMA) et les services numériques (DSA).
Guerre froide réglementaire entre l’UE et les États-Unis
Tout cela ne va pas aller de soi avec l’administration américaine, qui a réclamé de la Commission des changements dans ces deux textes (Apple a de son côté réclamé purement et simplement la suppression du DMA). « Il y a eu des moments où nous avons dû — où j’ai dû — me lever et dire : désolée, mais nous n’allons pas revenir sur notre réglementation simplement parce que vous ne l’aimez pas », a répliqué Teresa Ribera, la commissaire à la Concurrence.
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Plusieurs nouvelles enquêtes ont été lancées récemment : une sur Meta qui empêche les IA rivales d’être utilisables dans WhatsApp, une autre sur Google concernant l’exploitation des contenus en ligne pour entraîner ses modèles IA, une autre encore sur les fournisseurs de cloud pour s’assurer qu’il existe une réelle concurrence dans ce secteur.
Au-delà des amendes spectaculaires, comme celle de 120 millions d’euros infligée à X/Twitter, l’UE cherche surtout à imposer des changements dans les pratiques des géants américains. Apple a ainsi dû procéder à des modifications dans iOS pour améliorer l’interopérabilité de l’iPhone avec les accessoires tiers et avec Android.
Pour la Maison Blanche, tout cela va encore trop loin. Le gouvernement US a ainsi sanctionné des personnalités européennes connues pour leur engagement dans la régulation de la tech — perçue comme de la « censure » de l’autre côté de l’Atlantique — , dont Thierry Breton. Marco Rubio, le secrétaire d’État de Donald Trump, est même allé jusqu’à évoquer, sans rire, un « complexe industriel de la censure mondiale » pour justifier ces sanctions.
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Source :
FT