Avec l’IA, on ne travaille pas moins… on travaille plus, selon une nouvelle étude

Avec l’IA, on ne travaille pas moins… on travaille plus, selon une nouvelle étude



L’IA générative n’est pas la panacée pour booster la productivité des entreprises. Bien au contraire, elle a tendance à intensifier la charge de travail au risque d’épuiser les salariés, comme l’explique une nouvelle étude.

L’étude, réalisée par Harvard Business Review entre avril et décembre 2025, porte sur environ 200 employés d’une entreprise américaine de tech où l’utilisation de l’IA n’est pas obligatoire. La société mettait simplement à disposition des abonnements à des bots du marché, permettant par conséquent d’observer des usages spontanés. Les chercheurs étaient présents sur place deux jours par semaine pour observer le travail au quotidien et les interactions. Ils ont également suivi les échanges sur la messagerie internet et mené des entretiens approfondis auprès de salariés de tous profils (ingénierie, produit, design, recherche, opérations).

L’illusion de la productivité

L’étude relève tout d’abord que les salariés utilisant l’IA ont pris à leur charge des responsabilités supplémentaires qui ne relevaient pas de leurs compétences premières. L’IA « comble les trous » dans les connaissances, ce qui permet par exemple à des directeurs produits et à des designers de coder. La technologie a donné aux salariés un sentiment de « gain cognitif », en réduisant leur dépendance aux autres et en offrant des retours immédiats. Les périmètres des postes se sont élargi, les employés s’occupant de tâches qui auparavant auraient justifié des renforts ou des nouveaux recrutements.

Un rêve pour tout employeur ! Mais voilà : ces missions « élargies » ont des effets indirects. Les ingénieurs ont dû consacrer davantage de temps à relire, corriger et encadrer le travail assisté par l’IA de leurs collègues désormais adeptes du « vibe coding »…

Autre enseignement, l’IA a brouillé progressivement la frontière entre travail et temps de pause. Des prompts lancés dans le bot pendant le déjeuner, une réunion ou pour combler quelques minutes d’attente ont réduit les temps naturels de respiration durant la journée. Cette pratique n’est pas anodine : elle finit par réduire la capacité de récupération, ce qui rend le travail plus diffus… et plus facile à prolonger en dehors des horaires habituels.

Enfin, « grâce » à l’IA, les salariés mènent plusieurs activités en parallèle avec le sentiment d’être épaulés par un « partenaire ». Cette intensification du multitâche a débouché sur une attention constamment fragmentée, une multiplication des tâches à finir et au bout du compte une charge cognitive accrue.

À court terme, la dynamique impulsée par l’IA donne l’illusion d’un gain de productivité. Mais assez rapidement, elle entraîne une accumulation silencieuse de travail, une fatigue mentale accrue et un risque de baisse de la qualité, voire de burnout et de turn-over. Une surcharge d’autant plus difficile à détecter qu’elle est souvent volontaire.

Il faut toutefois relever que l’étude porte sur une seule entreprise versée dans la tech, où les salariés sont déjà très autonomes. Elle observe surtout une phase d’adoption enthousiaste mais pas forcément l’équilibre à long terme. Difficile donc de transposer ces conclusions à l’ensemble des entreprises. Néanmoins, les auteurs préconisent de mettre en place une véritable « pratique de l’IA » dans le milieu professionnel, seul rempart contre l’autorégulation individuelle qui ne fonctionne pas.

Il s’agit de définir des règles et une routine pour encadrer l’usage de l’IA, comme par exemple des pauses intentionnelles, un travail mieux séquencé pour limiter les interruptions, et de plus grandes interactions humaines pour contrebalancer le travail solitaire assisté par l’IA.

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Source :

HBR



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