Bandcamp a choisi son camp, et ce n’est pas celui de l’IA générative. La plateforme musicale refuse désormais les morceaux entièrement générés ou en grande partie générés par IA. Une clarification attendue par de nombreux utilisateurs du service, mais aussi par les artistes.
L’industrie de la musique bascule franchement dans l’IA générative. Les grandes maisons de disques signent des accords avec Udio et Suno, deux start-ups spécialisées dans la génération de chansons par IA. Spotify et Deezer sont inondés de morceaux générés par IA (en avril dernier, Deezer enregistrait 20 000 nouvelles chansons IA chaque jour !). À tel point que Spotify a dû serrer la vis pour combattre les escrocs qui siphonnent les royalties avec leur soupe IA.
Bandcamp choisit la ligne dure
L’engouement de l’industrie pour l’IA provoque un retour de balancier. De nombreux amateurs rejettent la musique générée par IA, accusée de piller les artistes humains ou tout simplement de manquer d’âme. Ils réclament des services de streaming un étiquetage honnête des morceaux ; des utilisateurs de Spotify reprochent amèrement l’absence de tags clairs dans les listes de lecture très populaires comme « Discovery Weekly ».
Les utilisateurs de Bandcamp n’auront pas ce problème. La plateforme de distribution musicale a publié ses nouvelles lignes directrices à ce sujet, et elles sont très claires : « la musique et l’audio générés entièrement ou en grande partie par une IA ne sont pas autorisés sur Bandcamp ». Et toute utilisation d’outils IA pour imiter d’autres artistes ou des styles existants est « strictement interdite ».
Malgré ces précautions, les utilisateurs qui tomberaient sur des morceaux IA sont invités à prévenir la plateforme, qui se réserve le droit de supprimer tout titre à la moindre suspicion de génération par IA. « Nous plaçons la créativité humaine au premier plan », assure l’entreprise. Cette dernière continue cependant d’autoriser les outils IA d’aide à la création musicale, du moment que cela ne représente pas la majeure partie du morceau.
Contrairement à d’autres services, Bandcamp n’a pas enregistré d’augmentation significative de musique générée par IA. « Ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas constaté de hausse notable de disques créés avec l’aide de l’IA », confiait J. Edward Keyes, directeur éditorial, à Forbes. « Pourtant, certains des genres les plus importants sur la plateforme (…) sont entièrement synthétiques, mais ils ne sont pas faits par des robots. Il y a un vrai gamin dans sa chambre derrière tout ça. »
Ce qui n’a pas décollé en revanche, ce sont les notes d’album sur Bandcamp indiquant que le disque a été « réalisé avec l’aide de l’IA ». Mais mieux vaut prévenir que guérir, ce d’autant que cette interview remonte à mars 2025. C’est probablement ce qui explique pourquoi Bandcamp a voulu mettre les points sur les i. Et peut-être que cette clarification inspirera d’autres plateformes comme SoundCloud ou itch.io.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.
Source :
Bandcamp