Bloom & Rage », une plongée dans les émois d’un groupe d’adolescentes entre drague et rock’n’roll

Bloom & Rage », une plongée dans les émois d’un groupe d’adolescentes entre drague et rock’n’roll


Lost Records : Bloom & Rage (dont le premier épisode est disponible le 18 février sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series) débute en 2022, dans le sillage de la pandémie de Covid-19. Il fait nuit, nous sommes assis au volant d’une voiture dans un endroit désert et les quelques objets sur lesquels nous pouvons cliquer suffisent à décrire indirectement la vie d’adulte de l’héroïne, baptisée Swann : des factures, un masque chirurgical, un café à emporter et un smartphone vissé sur la vitre, d’où sort la voix de notre mère, avec qui nous avons une discussion tendue.

A première vue, rien à voir avec l’évocation colorée des années 1990 promise par les bandes-annonces du jeu, développé par l’équipe montréalaise du studio parisien Don’t Nod. Il faut attendre quelques minutes et un flash-back pour être transporté en juillet 1995, dans la chambre d’adolescente de Swann. Cette fois-ci, le décor est lumineux et foisonne d’objets régressifs. Le contraste est saisissant mais le procédé narratif est le même. Les barres chocolatées aux emballages criards, les boîtiers de cassettes vidéo qui traînent, le Tamagotchi que l’on peut nourrir ou les livres fantastiques façon Stephen King dressent le portrait d’une adolescente insouciante et rêveuse.

Aller-retours temporels

Ainsi avance le récit, alternant les séquences dans un passé joyeux, fourmillant de détails et de promesses, avec celles d’un présent morose, avare en possibilités. L’un et l’autre se répondent par le biais de voix off et de dialogues dont nous sommes chargé de choisir les réponses, ce qui permet d’orienter l’issue de quelques passages.

Après l’ouverture centrée sur le personnage principal, nous rencontrons ses trois amies. Dans le passé, elles forment le groupe de rock féministe Bloom & Rage et vivent leur plus bel été. Dans le présent, elles organisent des retrouvailles et Swann tente de combler les trous d’une étrange amnésie. Entre chaque séquence, le joueur est invité à recomposer les trajectoires de chacune durant les dix-sept ans d’absence.

Pour avancer dans l’histoire, il faut filmer certaines séquences avec un camescope à cassettes.

Ainsi, plutôt que de se contenter de l’habituel récit initiatique raconté par la majorité des fictions sur les adolescents, Lost Records dessine une méditation sur le vieillissement et les choix de vie de chacune des jeunes filles. Nora, la punk au visage marqué par l’acné, est-elle devenue une rock star ? Pourquoi Swann l’introvertie a-t-elle perdu contact avec ses amies ? Au fil des dialogues à choix multiples, les joueurs qui choisissent les réponses de Swann en phase avec la psychologie de chacune de ses amies marquent des points. Plus ils en accumulent, plus ils monteront dans leur estime, voire auront l’opportunité de la séduire.

La formule « Life is Strange »

Lieux resserrés, ambiance intimiste, narration qui prend son temps… Ceux qui ont joué à Life is Strange seront en terrain connu. Et pour cause : le réalisateur Michel Koch et une partie des équipes de Lost Records ont travaillé sur ce titre culte sorti il y a dix ans, ainsi que sur sa suite et sur Les Aventures extraordinaires de Captain Spirit.

Don’t Nod Montréal insuffle néanmoins avec brio un peu de modernité à la formule. Le passage à quatre personnages centraux ainsi que les dix-sept ans sur lesquels s’étale l’intrigue lui donnent plus d’ampleur, tandis que la dimension fantastique révèle également de façon convaincante la part d’ombre des adolescentes.

Perdues dans la forêt, les quatres filles vont faire d’étranges découvertes.

Après six heures de jeu et quelques larmes versées, ce premier opus s’achève sur un cliffhanger. Il faudra donc s’armer d’un peu de patience pour découvrir ce que cachent ses nombreux mystères. La publication de la deuxième et dernière partie est annoncée pour le 15 avril et prendra la forme d’un téléchargement gratuit pour ceux qui ont déjà acheté le titre. Un délai nécessaire aux développeurs pour boucler cette aventure, dont le succès sera également déterminant pour l’avenir du studio, qui traverse une mauvaise passe financière.

L’avis de Pixels

On a aimé :

  • un groupe de copines qu’on n’oubliera pas ;
  • la mise en scène contemplative et la B. O. rock.

On a moins aimé :

  • devoir attendre deux mois avant de connaître les six heures de jeu suivantes.

C’est plutôt pour vous si :

  • vous écoutez toujours Nirvana à fond ;
  • vous avez joué, rejoué ou même re-rejoué aux épisodes de Life is Strange.

Ce n’est plutôt pas pour vous si :

  • fidèle à l’esprit punk, vous n’aimez pas les jeux qui prennent leur temps ;
  • vous avez évité tous les problèmes de l’adolescence en passant directement de l’enfance à l’âge adulte.

La note de Pixels :

4 VHS / 5 cassettes audio.

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