Si la situation de Siri devrait se débloquer très bientôt grâce aux modèles IA de Google, en interne les turbulences secouent toujours Apple avec de nouveaux départs au sein de la division IA.
À force de laisser filer tous ses talents, Apple risque bien de retrouver pieds et poings liés à Googlependant un moment. La division AFM (Apple Foundation Models), qui développe les modèles IA du constructeur, subit une véritable fuite des cerveaux depuis de nombreux mois, un mouvement de nature à ralentir la conception des modèles dont Apple a besoin pour se passer, un jour, de son nouveau fournisseur de cervelle.
La division IA d’Apple éparpillée façon puzzle
Meta a joué du carnet de chèques pour attirer plusieurs grands noms d’AFM, et c’est loin d’être terminé : Bloomberg rapporte deux nouvelles défections supplémentaires d’ingénieurs partis travailler l’un pour le labo « super intelligence », l’autre au système de recommandations. Comme si ça n’était pas suffisant, deux autres profils ont posé leurs bagages chez DeepMind de Google, et un cinquième vient de fonder une nouvelle entreprise.
Ces départs ne sont pas le fruit du hasard : les modèles IA des équipes AFM ont été jugés insuffisants pour fournir à Siri (et à Apple Intelligence dans son ensemble) les capacités nécessaires pour réaliser les promesses d’Apple. Sous l’impulsion de Craig Federighi, qui a repris la division en main, le constructeur n’a pas eu d’autre choix que de chercher des modèles tiers. Il a jeté son dévolu sur ceux de Google, et on devrait finalement voir dès le mois prochain avec la première bêta d’iOS 26.4 les premiers résultats de cette transplantation de cerveau.
« Nous avons essentiellement déterminé que la technologie d’IA de Google offrait la base la plus solide pour l’AFM (Apple Foundation Models), et nous pensons que cette collaboration nous permettra de débloquer de nombreuses expériences et d’innover de manière décisive », a expliqué Tim Cook cette semaine durant la présentation des résultats du dernier trimestre 2025. Les modèles développés en interne par les équipes AFM, ou ce qu’il en reste, alimentent les fonctions d’Apple Intelligence en local, celles qui sont réalisées directement par l’iPhone ou le Mac.
Mais les fonctions plus exigeantes sont confiées aux modèles de Google, ce qui explique la démotivation de la division IA et ces départs en cascade. Aux utilisateurs qui s’inquiètent de voir les grosses pattes de Google patouiller dans leurs données, Tim Cook s’est voulu rassurant : les modèles du moteur de recherche vont tourner sur les serveurs Private Cloud Compute d’Apple, censés garantir la plus grande confidentialité possible. Le CEO a également indiqué que le développement des modèles « maison » se poursuivait.
Si Google a été choisi par Apple, les chose auraient pu être bien différentes. Il semble en effet qu’Anthropic ait été très proche d’emporter le morceau, mais « ils voulaient plusieurs milliards de dollars par an, à un tarif qui doublait chaque année pendant trois ans », affirme Mark Gurman.
Le fouineur de Bloomberg, qui répondait aux questions du podcast TBPN, a également déclaré que les modèles d’Anthropic alimentaient une grande partie de ce qu’Apple fait en interne en matière de développement logiciel. La firme à la pomme possède même des versions personnalisées de Claude qui fonctionnent sur ses propres serveurs. « Apple tourne sur Anthropic », selon lui.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.