comment il a initié la transition du Minitel vers Internet

comment il a initié la transition du Minitel vers Internet



Décédé le 22 mars 2026, l’ancien Premier ministre a mené une politique active dès 1997 pour faciliter le passage du Minitel à Internet en France.

L’ancien Premier ministre Lionel Jospin, décédé le 22 mars 2026, a joué un rôle clé dans la numérisation de la France. Dès 1997, son gouvernement a initié la transition du Minitel vers Internet. Cette politique publique a accompagné l’entrée du pays dans ce qui était alors appelé la société de l’information.

Le virage technologique annoncé à Hourtin

Une étape marquante a lieu en août 1997 lors de l’université d’été de la communication à Hourtin. Devant les spécialistes du secteur, le chef du gouvernement prononce un discours fixant un nouveau cap technologique. S’il reconnaît la simplicité d’emploi et la sécurité des transactions du terminal français, il pointe également ses limites techniques de manière très explicite :

« Le Minitel, réseau uniquement national, est limité technologiquement, et risque de constituer progressivement un frein au développement des applications nouvelles et prometteuses des technologies de l’information. »

Face à ce constat de blocage imminent, il demande à France Télécom de proposer des solutions pour migrer les services existants vers le Web.

La numérisation de l’administration en marche

Pour concrétiser ce projet, l’équipe gouvernementale à Matignon lance au début de l’année 1998 le Programme d’action gouvernemental pour la société de l’information (PAGSI). Comme le relatait Le Monde dans ses éditions de l’époque, ce plan déploie une stratégie globale touchant l’éducation, la culture et l’économie. La numérisation des services de l’État constitue l’un des axes principaux, avec la mise en ligne des formulaires administratifs et la création de sites internet de référence. Des plateformes comme AdmiFrance ou Légifrance voient le jour pour faciliter l’accès gratuit des citoyens au droit et aux démarches publiques.

L’éducation nationale au cœur des investissements

Les données de l’époque illustrent une croissance rapide des usages numériques au tournant des années 2000. Un bilan dressé par Le Monde au printemps 2002 souligne d’ailleurs que le nombre d’internautes français a été décuplé sous ce mandat pour passer de 1,5 million à près de 15,6 millions d’utilisateurs. L’Éducation nationale a concentré une grande partie des investissements pour équiper les salles de classe. Le Premier ministre justifiait d’ailleurs cette orientation budgétaire par un enjeu d’égalité sociale :

« Si ce savoir nouveau n’est pas donné à l’école, le fossé se creusera entre les jeunes dont les parents peuvent acheter un ordinateur et ceux qui n’ont pas cette chance. »

Toujours selon un bilan chiffré dressé par Le Monde en 2002, le taux d’écoles connectées a ainsi progressé de 0,6 % à 62 %, tandis que le ratio d’équipement a été divisé par quatre dans les écoles primaires.

Pour démocratiser cet accès aux nouvelles technologies de l’information, l’État a également financé le déploiement de 3 000 lieux publics de connexion sur l’ensemble du territoire, représentant un investissement global approchant les 9 milliards de francs. L’historienne du web Valérie Schafer rappelle d’ailleurs que si le Minitel a pu initialement retarder l’équipement matériel des foyers français par rapport à d’autres pays européens, il avait en réalité déjà familiarisé les citoyens à la culture de l’écran et aux pratiques du commerce électronique.

La fin symbolique en 2012

Le Minitel s’éteint définitivement le 30 juin 2012, trente ans après son lancement, victime de l’essor d’Internet et de l’arrêt du réseau X25 par Orange. À son apogée début 2000, il équipait 9 millions de foyers avec 25 000 services générant 1 milliard d’euros ; fin 2010, 1 880 services et 810 000 terminaux restaient actifs, dont l’annuaire 3611 et des messageries roses comme 3615 Ulla (25 000 connexions/mois).

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

Source :

La Revue des médias (INA)



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.