Fin de cycle chez Xbox. Alors que Microsoft fête les 25 ans de sa console, deux poids lourds de la branche jeux vidéo quittent leur poste : Phil Spencer, emblématique patron de la division Microsoft Gaming, et plus étonnant, Sarah Bond, la présidente de Xbox que beaucoup voyaient un remplaçant potentiel. C’est finalement Asha Sharma, anciennement à la tête de la division CoreAI, qui reprend le flambeau en pleine tempête.
C’est ironiquement la première grosse annonce de cet anniversaire des 25 ans de Xbox. Phil Spencer, à la tête de la division Microsoft Gaming, a décidé de prendre sa retraite. Il a travaillé 38 ans chez Microsoft, dont 12 en tant que grand chef des jeux vidéo chez le géant du logiciel. Des rumeurs circulaient depuis l’été dernier sur son départ, c’est désormais chose faite ou presque, puisqu’il va conseiller la nouvelle direction jusqu’à cet été.
Le grand chambardement des 25 ans
Asha Sharma va prendre sa place. Elle était jusqu’à présent présidente des produits CoreAI chez Microsoft, autrement dit elle travaille avec les équipes chargées du développement de l’IA, et ce depuis 2024. Elle était auparavant employée… chez Microsoft jusqu’en 2013 au marketing, avant d’intégrer Meta comme vice-présidente produit, puis Instacart en tant que directrice des opérations.
Plus étonnant, Microsoft Gaming voit aussi partir Sarah Bond, la présidente de Xbox pour « démarrer un nouveau chapitre », selon Phil Spencer. On la voyait pourtant prendre la place de ce dernier. « Sarah a joué un rôle déterminant durant une période charnière pour Xbox, en façonnant notre stratégie de plateforme, en développant le Game Pass et le jeu dans le cloud, en accompagnant le lancement de nouveaux matériels, et en guidant certains des moments les plus marquants de notre histoire », déclare le futur retraité.
Phil Spencer a rejoint la division Xbox en 2001, avant de devenir le directeur général des studios Microsoft en 2008, puis le patron de toute cette activité en 2014. On lui doit le lancement des Xbox Series S/X et du Game Pass, il est également l’architecte des acquisitions de Mojang (Minecraft), ZeniMax Media (Bethesda, id Software) et Activision Blizzard. C’est aussi lui qui a planté les premiers clous dans le cercueil de la Xbox, en mettant en œuvre la stratégie de fin d’exclusivité : les jeux Xbox sont de plus en plus disponibles sur d’autres plateformes, notamment sur PlayStation.
Dans son mémo, Asha Sharma prend trois engagements. Le premier est simple et confirme le positionnement stratégique de Xbox, désormais plus un éditeur qu’un constructeur de consoles : « de grands jeux ». « Nous devons proposer des jeux formidables, aimés des joueurs, avant toute autre chose», écrit-elle. La nouvelle boss promet de donner aux studios « les moyens d’agir » et d’investir « dans des franchises emblématiques ».
« Nous prendrons des risques. Nous entrerons dans de nouvelles catégories et de nouveaux marchés là où nous pouvons apporter une véritable valeur ajoutée, en restant ancrés dans ce qui compte le plus pour les joueurs. » Asha Sharma
Elle n’oublie pas pour autant la communauté des joueurs Xbox, maltraités ces dernières années par les hausses de prix du Game Pass et des consoles, et par l’ouverture à la concurrence. « Le retour de Xbox » est son deuxième engagement : « Nous allons nous réengager auprès de nos fans et joueurs historiques, ceux qui nous accompagnent depuis 25 ans (…) Nous célébrerons nos racines avec un engagement renouvelé envers Xbox, en commençant par la console qui a façonné notre identité. » Dans le même temps, Asha Sharma réaffirme aussi la volonté de Microsoft de s’adresser à tous les joueurs, pas uniquement ceux qui ont une Xbox.
Enfin, troisième engagement, « l’avenir du jeu ». Et évidemment, il est question d’IA. « Alors que la monétisation et l’IA évoluent et influencent cet avenir, nous ne chercherons pas l’efficacité à court terme ni ne remplirons notre écosystème de contenus générés par IA sans âme », affirme-t-elle, ce qui est toujours bon à lire. « Les jeux sont et resteront des œuvres d’art, façonnées par des humains, et créées grâce aux technologies les plus innovantes que nous mettons à leur disposition. »
Enfin, cette réorganisation à la tête de Microsoft Gaming ne signifie pas pour autant que de nouveaux licenciements sont prévus au sein des studios. Ces derniers ont beaucoup souffert ces dernières années, quand d’autres ont carrément fermé.
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Source :
Microsoft