Microsoft a beau afficher des résultats financiers stratosphériques pour son dernier trimestre 2025, avec un chiffre d’affaires de 81,3 milliards de dollars et un bénéfice net en hausse de 60 %, Wall Street a sanctionné le titre sans ménagement.
L’action a plongé, perdant près de 12 % de sa valeur en quelques heures. Un paradoxe violent qui révèle les nouvelles exigences des marchés financiers.
Pourquoi une telle sanction boursière ?
Les investisseurs n’ont eu d’yeux que pour la performance du géant dans le secteur de l’intelligence artificielle. Or, malgré des revenus en hausse et un pôle Microsoft Cloud dépassant les 50 milliards de dollars, le rythme n’a pas été jugé assez rapide. La demande pour l’IA est si forte que l’infrastructure de Microsoft, notamment son service Azure, peine à suivre.
Ce goulot d’étranglement, provoqué par une pénurie de puces spécialisées, freine la monétisation des investissements colossaux consentis par l’entreprise. Microsoft est victime de son propre succès : la promesse de l’IA attire les clients, mais la capacité à les servir immédiatement est limitée, ce qui inquiète la Bourse sur la rentabilité à court terme.
Le pôle jeu vidéo peut-il encore sauver la mise ?
La division gaming de Microsoft, autrefois un pilier de croissance, montre de sérieux signes de faiblesse. Le chiffre d’affaires de l’activité jeu vidéo a reculé de 9 % pour s’établir à 5,95 milliards de dollars. Ce déclin est d’autant plus préoccupant qu’il survient deux ans après l’acquisition historique d’Activision Blizzard.
Le matériel est particulièrement touché, avec un effondrement des ventes de consoles Xbox de 32 %. Mais le vrai signal d’alarme vient des contenus et services, qui baissent de 5 % malgré l’augmentation du prix de l’abonnement Xbox Game Pass. La contre-performance de titres phares comme Call of Duty : Black Ops 7 n’a pas été compensée par les autres sorties.
Quelles perspectives pour le géant de la tech ?
Microsoft se retrouve face à un double défi. D’un côté, rassurer sur sa capacité à transformer ses investissements massifs dans l’intelligence artificielle en profits rapides et durables. Le groupe a déjà injecté 37,5 milliards de dollars en investissements, soit le double de l’année précédente, pour renforcer ses data centers.
De l’autre, il doit redynamiser sa branche jeu vidéo qui ne semble plus être le moteur de croissance attendu. Les prévisions pour le prochain trimestre ne sont guère optimistes, anticipant une nouvelle baisse des revenus pour les contenus et les consoles. Satya Nadella, le PDG, est resté d’ailleurs très discret sur le sujet lors de la présentation des résultats.
Foire Aux Questions (FAQ)
Le bénéfice de Microsoft est-il réel ou artificiel ?
Le bénéfice est bien réel, atteignant 38,5 milliards de dollars. Cependant, une partie significative (7,5 milliards) provient de la revalorisation de son investissement dans OpenAI, ce qui est un gain comptable et non opérationnel, un détail qui n’a pas échappé aux analystes.
L’acquisition d’Activision Blizzard est-elle un échec ?
Il est trop tôt pour parler d’échec, mais les premiers résultats sont décevants. L’intégration d’un tel mastodonte prend du temps et les performances de franchises clés comme Call of Duty pèsent lourdement sur les chiffres globaux de la division jeu vidéo de Microsoft.
Les autres géants de la tech sont-ils confrontés au même problème ?
Oui, la course à l’IA pousse tous les grands acteurs (Amazon, Alphabet, Meta) à des dépenses d’investissement record, estimées à plus de 500 milliards de dollars pour 2026. La pression pour rentabiliser ces sommes est immense pour tout le secteur.

