Des satellites russes soupçonnés d’espionner les réseaux spatiaux européens

Des satellites russes soupçonnés d’espionner les réseaux spatiaux européens



La Russie a ajouté une arme nouvelle et redoutable dans sa « guerre hybride » menée contre l’Europe : l’espionnage spatial. Deux satellites russes ont intercepté les communications d’au moins une dizaine de satellites européens en orbite géostationnaire ces dernières années. De quoi collecter des données pour provoquer, à terme, des interférences ciblées, des prises de contrôle à distance, voire la mise hors service d’infrastructures spatiales essentielles.

« Les réseaux de satellites sont le talon d’Achille des sociétés modernes. Quiconque les attaque peut paralyser des nations entières », affirmait le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, en septembre dernier. « Les activités russes constituent une menace fondamentale pour nous tous, en particulier dans l’espace. Une menace que nous ne pouvons plus ignorer », a-t-il prévenu.

La Russie en orbite

Ce n’est pas une menace à prendre à la légère, comme le confirme le Financial Times. Depuis trois ans — soit depuis l’invasion en Ukraine —, deux satellites russes, Luch-1 et Luch-2, ont pris la curieuse habitude de se positionner au plus près de satellites civils et gouvernementaux desservant l’Europe, le Royaume-Uni, mais aussi l’Afrique et le Moyen-Orient.

Actuellement, Luch-2 serait positionné à proximité d’Intelsat 39, un satellite qui couvre l’Europe et l’Afrique. L’objectif de ces objets russes en orbite est d’intercepter les communications envoyées et reçues par les satellites, ce pendant des semaines s’il le faut. La cible de ces véhicules russes sont des satellites qui appartiennent aux mêmes familles d’opérateurs liés à des pays de l’OTAN.

Les services de renseignement soupçonnent ces satellites d’effectuer des opérations de renseignement électromagnétique (« SIGINT »), en se positionnant dans le faisceau étroit des communications reliant les stations au sol aux satellites. Luch-1 et Luch-2 ne sont pas capables de détruire ou de brouiller directement leurs cibles, mais leur danger vient du faut qu’ils préparent le terrain via la collecte de données.

Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est qu’une partie de ces communications n’est pas chiffrée, en raison de l’ancienneté de certains satellites européens. Un acteur hostile est en mesure d’enregistrer ces données, ce qui lui permettrait d’envoyer de faux ordres pour modifier l’orbite, désaligner un satellite, voire provoquer sa chute dans l’atmosphère.

Et même dans le cas où les communications entre la Terre et les satellites sont chiffrées, les véhicules russes peuvent extraire beaucoup d’informations utiles ; par exemple cartographier l’usage d’un satellite et déterminer l’emplacement des stations au sol.

Luch-1 pourrait ne plus être fonctionnel à l’heure actuelle, en raison d’une panne. Qu’à cela ne tienne, la Russie a lancé deux nouveaux satellites l’an dernier, Cosmos 2589 et Cosmos 2590, qui présentent des capacités de manœuvre similaires à celles des deux Luch. Après la désinformation, les sabotages (notamment les câbles sous-marins) et les cyberattaques, la guerre hybride menée par la Russie se déroule aussi dans l’espace.

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Source :

FT



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