en Chine, ces travailleurs « forment » les robots humanoïdes

en Chine, ces travailleurs « forment » les robots humanoïdes



Des centaines de « cyber-travailleurs » entraîneraient, en Chine, des robots humanoïdes à exécuter des gestes manuels. Dans le pays, 40 « usines de données pour humanoïdes » ont été financées par Pékin.

Ouvrir et fermer une porte de micro-ondes, plier du linge, le repasser, essuyer une table : voilà les différentes tâches que « Kim », employé d’une usine de Shanghai, doit apprendre à son robot humanoïde. Tous les jours, l’étudiant en informatique, âgé d’une vingtaine d’années, doit répéter le même mouvement, des centaines de fois. « C’est un travail sympa, même si c’est un peu ennuyeux », reconnait-il dans les pages de Rest of the World, le mercredi 7 janvier. Une fois son casque de réalité virtuelle sur la tête et son exosquelette revêtu, le jeune homme exécute la même tâche, tandis qu’un robot humanoïde, à ses côtés, la répète.

Kim, qui témoigne anonymement, fait partie des « centaines de cyber-travailleurs » répartis dans toute la Chine. Leurs données de mouvements, comme celles liées aux articulations, aux rotations du corps sont enregistrées pour l’industrie robotique du pays. Pour Xinhuanet.com, un média d’État chinois, « une quantité de données importante est la clé pour que les robots humanoïdes deviennent plus intelligents ». Ces data ne se trouvent pas facilement sur le Web. Elles ne peuvent pas non plus être produites de manière synthétique : il faut donc les créer et les enregistrer.

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40 centres de collecte lancés en Chine

Et si les chercheurs en robotique débattent encore pour savoir si l’enregistrement de ces données est le meilleur moyen de développer des « robots intelligents », Pékin a clairement misé sur ce processus, chronophage et fastidieux. Depuis des années, la Chine a fait de la robotique une priorité pour le pays. Début 2025, d’énormes investissements ont été faits dans le développement des robots, notamment humanoïdes, destinés à pallier la pénurie de main d’œuvre et à consolider l’avance technologique du pays.

Certaines entreprises américaines ont aussi adopté cette approche, mais à une échelle bien plus réduite, à l’image de Tesla. L’entreprise d’Elon Musk a aussi recruté des humains pour produire des données destinées à la formation de ses robots humanoïdes Optimus.

En Chine, plus de 40 centres de collecte de données pour les robots ont été lancés, financés par Pékin et gérés par des sociétés locales de robotique. La moitié de ces centres de formation pour robots serait déjà fonctionnelle, rapporte le média spécialisé dans les nouvelles technologies Rest of the World.

Un immense centre de formation de robots humanoïdes a ainsi été lancé dans la banlieue de Pékin en septembre dernier. Seize scénarios spécifiques y seraient « enseignés » dans trois environnements différents, expliquait un communiqué du gouvernement chinois. Les robots seraient formés dans des contextes de chaîne de montage automobile, de maison connectée, et d’établissement de santé pour personnes âgées. « C’est comme apprendre aux enfants à marcher, à force de pratique », soulignait un porte-parole du centre, cité dans le communiqué.

Un processus de collecte et d’entraînement très lent

Selon Goldman Sachs, près de 250 000 robots humanoïdes pourraient être livrés dès 2030. Le marché mondial de ces robots capables d’effectuer entre autres des tâches manuelles pourrait atteindre 38 milliards de dollars d’ici 2035, avec en tête les entreprises chinoises et américaines. Les premières auraient un train d’avance sur les secondes. Un rapport de décembre dernier de Morgan Stanley révélait que ces cinq dernières années, les entités chinoises ont déposé 7 705 brevets liés aux robots humanoïdes, contre 1 561 pour les Américaines.

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Mais l’afflux d’investissements et l’euphorie en Chine seraient tels que le secteur frôlerait la surchauffe. En novembre dernier, la puissante Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) tirait la sonnette d’alarme, mettant en garde contre une spéculation excessive dans le secteur des robots humanoïdes. Avec peu de débouchés concrets, Pékin craint que la bulle n’éclate avant même d’avoir produit des résultats.

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La rentabilité des usines de données chinoises reste encore incertaine, a reconnu Ken Goldberg, chercheur en robotique à l’université de Californie à Berkeley, interrogé par Rest of World. Pour ce dernier, le processus de collecte et d’entraînement des robots reste très « lent. Même si vous avez des centaines de personnes qui travaillent, il faudra beaucoup de temps pour obtenir suffisamment de données ».

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