et si les sonnettes Ring traquaient bien plus que des chiens disparus ?

et si les sonnettes Ring traquaient bien plus que des chiens disparus ?



Comment faire accepter la surveillance de masse ? En mettant les toutous à contribution, pardi ! Ça n’est évidemment pas le message qu’a voulu faire passer Amazon pour faire la promotion des sonnettes connectées Ring, mais c’est celui qu’ont entendu de nombreux internautes craignant le pire pour leur vie privée.

Le constructeur de sonnettes connectées Ring, propriété d’Amazon, a profité de la caisse de résonance du Superbowl le week-end dernier pour faire la promotion de la fonction baptisée « Search Party ». L’idée est plutôt généreuse sur le papier : utiliser les sonnettes du voisinage pour retrouver un chien perdu.

Retrouver Médor, surveiller le quartier

Plutôt que d’arpenter le quartier pour poser des affiches que personne ne verra, le propriétaire du chien signale la disparition de l’animal dans l’app Ring, ce qui active la fonctionnalité chez les possesseurs de sonnettes dans les environs. Avec l’aide de l’IA, elles commencent à rechercher d’éventuelles correspondances. « Si [votre caméra] repère ce qui pourrait être le chien disparu, elle vous en informe », explique Andy Jassy, le CEO d’Amazon. « Vous voyez alors la photo du chien à côté des images captées par votre caméra, puis vous pouvez décider de partager ou non la vidéo avec son propriétaire. »

Search Party, lancé auprès d’un petit nombre d’utilisateurs l’automne dernier, a permis de retrouver 99 chiens ces 90 derniers jours, affirme le dirigeant. La fonction est maintenant déployée partout aux États-Unis, et il n’est même pas nécessaire de posséder une sonnette Ring pour activer une recherche de chien disparu.

Avec 10 millions de chiens perdus chaque année aux États-Unis, cette pub parle évidemment à tout le monde. Qui ne voudrait pas aider une famille à retrouver son toutou ? Malheureusement pour Amazon, les bonnes intentions ne suffisent pas : de nombreux internautes ont pointé du doigt le risque de surveillance de masse qu’une telle fonction implique. C’est par exemple le cas de Matt Neslon, le créateur et animateur du fameux compte WeRateDogs qui, sur les réseaux sociaux, « note » les photos de chien (toujours au-dessus de la note maximale de 10/10, évidemment !).

« Ni les produits de Ring ni son modèle économique ne sont conçus pour retrouver des animaux perdus», affirme-t-il. « Ils reposent plutôt sur la création d’un vaste réseau de surveillance qui transforme des domiciles privés en postes d’observation et des voisins bien intentionnés en informateurs pour l’ICE [la police de l’immigration] et d’autres agences gouvernementales. » Matt est loin d’être une voix isolée depuis la diffusion de cette publicité.

Cette crainte n’est pas dénuée de fondements. Ring affirme n’avoir aucun partenariat avec l’ICE, et par conséquent qu’aucune vidéo n’est partagée avec la police de l’immigration. Sauf que le constructeur a signé un partenariat avec Flock Safety, une entreprise qui de son côté entretient des liens avec l’ICE ; les forces de l’ordre ont la possibilité d’accéder aux vidéos enregistrées par les sonnettes (les utilisateurs peuvent cependant refuser)…

Un double discours qui, en ces temps de défiance grandissante envers les grandes multinationales intoxiquées à l’IA, a beaucoup de mal à passer. Ring précise qu’il est possible de désactiver Search Party, et que la fonction n’utilise pas l’IA pour identifier les propriétaires des chiens ou les passants. Mais pour ses détracteurs, chaque nouvelle fonctionnalité qui étend le périmètre de ces caméras participe à la banalisation d’un modèle fondé sur la collecte d’images à grande échelle.

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