GrapheneOS n’a pas l’intention de vérifier l’âge de ses utilisateurs. Le système d’exploitation open-source, qui a fait de la confidentialité un de ses chevaux de bataille, s’oppose aux législations qui sont en train de se mettre en place un peu partout dans le monde. Mais cette position est-elle tenable ?
GrapheneOS a de la suite dans les idées. En novembre dernier, le système d’exploitation était accusé par les autorités françaises de faciliter le crime organisé : plutôt de subir des saisies de serveur voire des arrestations de ses membres, la fondation à but non lucratif qui gère ce projet a décidé de quitter l’Hexagone. Les infrastructures hébergées en France ont été fermées et réparties ailleurs dans le monde.
GrapheneOS marche sur un fil
Le système d’exploitation, un fork d’Android sans aucune app ou service de Google, et qui se veut ultra-sécurisé, n’a pas non plus l’intention d’intégrer de système de vérification de l’âge. « GrapheneOS restera utilisable par toute personne dans le monde sans nécessiter d’informations personnelles, d’identification ou de compte », affirme la fondation sur les réseaux sociaux. Sans ces informations, impossible de déterminer l’âge de l’utilisateur.
Or, plusieurs pays et États américains ont mis en œuvre des législations obligeant les constructeurs et éditeurs de systèmes d’exploitation d’intégrer de tels mécanismes. C’est le cas du Brésil, de la Californie et du Colorado. D’autres, comme la France, exige une vérification de l’âge aux plateformes en ligne — mais demain, ils pourraient exiger que les OS s’en chargent. Pas question, pour GrapheneOS.
Si les appareils fonctionnant sous GrapheneOS ne peuvent pas être vendus dans un territoire en raison des régulations locales, alors « il en sera ainsi », assume la fondation. L’OS et ses services resteront disponibles à l’international. La position de principe est forte, mais elle risque de se frapper au mur de la réalité. Car dans le même temps, GrapheneOS cherche aussi à élargir son audience : Motorola a annoncéun partenariat avec la fondation pour intégrer ses technologies de sécurité à de futurs smartphones.
Le projet ne se limite plus à une niche d’utilisateurs avertis : il fait désormais partie d’une stratégie plus large, avec des constructeurs qui opèrent à l’échelle mondiale… et donc soumis à des cadres réglementaires de plus en plus contraignants. Motorola promet déjà des appareils compatibles avec GrapheneOS, ainsi que des outils de sécurité renforcés destinés au grand public comme aux entreprises.
En dehors de ces futurs smartphones Motorola, GrapheneOS peut s’installer sur les Pixel de Google. Sur des modèles d’autres marques, les conditions strictes imposées par le système d’exploitation ne sont souvent pas remplies (chaîne de démarrage vérifiée, bootloader déverrouillable proprement, contrôle du firmware et du matériel…). Conséquence : le système reste aujourd’hui cantonné à une poignée d’appareils, et si ces derniers devaient à leur tour se plier aux exigences légales de la vérification de l’âge, la question de la viabilité du projet serait posée.
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