Hyperloop en Europe, le projet fou du Paris Londres en 20 minutes

Hyperloop en Europe, le projet fou du Paris Londres en 20 minutes


Relier les grandes capitales européennes en un clin d’oeil n’est peut-être plus une simple utopie. Dans le nord des Pays-Bas, un centre d’essais teste actuellement des capsules en lévitation capables de pulvériser tous les records de vitesse terrestre.

Et si nous pouvions relier Paris à Londres, via un système de transport terrestre, en seulement 20 minutes ? L’idée, qui semble tout droit sortie d’un roman de science-fiction, a connu des années d’annonces d’échecs, mais elle est loin d’avoir été abandonnée. Pour transformer cette promesse en réalité, l’Union européenne soutient l’European Hyperloop Center (EHC), inauguré en 2024 dans la petite ville de Veendam, aux Pays‑Bas. Cette infrastructure abrite un tube d’essai d’environ 420 mètres de long, présenté comme le plus grand centre ouvert de test hyperloop en Europe.

© European Hyperlook Center

Le concept, popularisé par Elon Musk en 2013, repose sur la lévitation magnétique au sein d’un environnement presque totalement vidé de son air. Cette méthode permet de réduire drastiquement la résistance aérodynamique, responsable de la majeure partie de la consommation énergétique dans les transports classiques. Kees Mark, le directeur général de l’EHC, compare cette expérience à un vol en avion au niveau du sol, soulignant que l’absence de pièces mécaniques en mouvement réduit fortement l’usure traditionnelle liée aux frottements.

Une prouesse technique historique pour aiguiller les capsules

Le développement de l’hyperloop a pourtant connu des heures très sombres. L’entreprise américaine Virgin Hyperloop, pionnière du segment, a notamment fait faillite en 2023 face à l’explosion des coûts de développement, érodant la confiance de nombreux investisseurs. L’Europe, elle, a choisi de persévérer, avec une approche plus prudente centrée sur la recherche et la démonstration. En décembre 2025, la société néerlandaise Hardt a franchi un cap décisif au sein même du tunnel de Veendam : ses ingénieurs ont réussi un « lane switch » sans pièce mécanique mobile, avec une capsule passant de 85 km/h à l’autre voie grâce à une modulation électrique des aimants de guidage.

« Nous avons effectué de nombreux tests, plus de 700 essais, amélioré notre plateforme de test, réduit son poids de plus de 45 % et augmenté sa capacité de levage de plus de 20 %. Nous avons augmenté la poussée, donc la capacité d’accélération d’environ 50 %, et nous avons atteint des vitesses qui sont 200 % supérieures à ce que nous pouvions faire auparavant », expliquait Roel van de Pas, directeur général de Hardt Hyperloop.

Cette bifurcation sans pièces mobiles lève l’un des plus grands freins au déploiement d’un vrai réseau hyperloop. Sans cette capacité à changer de direction en plein déplacement, l’hyperloop serait condamné à ne relier que deux points uniques sans pouvoir s’insérer dans un véritable réseau de transport dense et connecté.

Le spectre de la concurrence chinoise et du financement

Malgré l’enthousiasme, les obstacles restent gigantesques pour commercialiser ce train du futur. Maintenir un environnement sous vide quasi parfait dans de longs tubes métalliques soumis aux variations de température représente un véritable défi d’ingénierie. La rentabilité économique du système pose également question puisque les prototypes actuels, comme celui de l’université technique de Munich, ne peuvent transporter que cinq passagers à la fois. Le chercheur américain Robert Noland craint d’ailleurs que le faible nombre de places ne fasse exploser le prix des billets.

Pendant que l’Europe cherche encore les financements nécessaires pour construire une véritable ligne pilote et rassurer les pouvoirs publics, la Chine avance à grands pas. Des chercheurs de la National University of Defense Technology ont récemment annoncé avoir accéléré un châssis maglev de 0 à 700 km/h en seulement deux secondes sur une piste d’environ 400 mètres. Pékin dispose également d’une piste d’essai de hyperloop d’environ 2 km dans la province du Shanxi, ce qui renforce l’idée d’une compétition mondiale entre Europe et Chine pour dominer le transport à très haute vitesse.

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Source :

The Telegraph



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