Intel ne manque pas de culot. À l’occasion de la présentation des puces Core Ultra Series 3 durant le CES, le géant américain assure pouvoir reprendre à AMD la couronne des processeurs pour consoles portables. C’est audacieux, car Intel a absolument tout à prouver dans ce domaine.
AMD est le champion incontesté des processeurs dans le petit monde des consoles portables. C’est bien simple, tous les constructeurs font appel au silicium AMD, que ce soit pour des APU personnalisées comme dans le Steam Deck, ou des puces standards comme les Z1 et Z2 dans les ROG Xbox Ally et Legion Go (AMD domine aussi dans le secteur des consoles de salon).
Terrain miné pour Intel
Qu’à cela ne tienne, Intel est persuadé de rendre la monnaie de sa pièce à son rival avec la nouvelle génération de puces Core Ultra Series 3 (micro-architecture Panther Lake) avec un GPU Xe3 présentée au CES. C’est l’arme qui doit permettre à Intel de reprendre la main sur le marché des consoles portables, assure Nish Neelalojanan, directeur produit de l’entreprise.
Pour le cadre d’Intel, « [AMD] vend du silicium ancien, alors que nous proposons des processeurs de dernière génération conçus spécifiquement pour ce marché », affirme-t-il à PCWorld. En plus d’une architecture revue et améliorée, les Core Ultra 3 bénéficient en outre d’une gravure 18A à la pointe du progrès. Le contexte a aussi évolué, avec un Windows désormais mieux adapté aux machines de jeu portables, notamment grâce aux efforts de Microsoft pour unifier l’interface et réduire la surcharge logicielle (même s’il reste encore beaucoup de travail pour arriver au niveau de SteamOS).
Cette puce miracle n’est pas encore commercialisée, mais elle intégrera des cœurs E basse consommation, pensés non pas pour la puissance brute, mais pour le rendement énergétique. Inaugurés avec l’architecture Alder Lake, ces cœurs complètent les cœurs P (Performance), chargés des tâches lourdes.
Dans une console portable, le jeu lui-même peut s’appuyer sur les cœurs P, tandis que l’OS, les services en arrière-plan ou certaines tâches annexes tournent sur les cœurs E, sans siphonner la batterie. Intel estime que ce type d’architecture hybride est particulièrement adapté au jeu mobile, où chaque watt compte.
C’est justement ce point qu’Intel veut remettre au centre avec Panther Lake. La micro-architecture Lunar Lake avait marqué une rupture, l’entreprise ayant mis de côté son schéma hybride P/E pour privilégier des cœurs unifiés, axés sur l’efficacité énergétique. C’est donc un changement de cap, l’objectif étant d’améliorer l’autonomie sans sacrifier les performances, un terrain où AMD a, jusqu’ici, pris une longueur d’avance.
Le groupe veut se donner les moyens de peser face à AMD et ne manque donc pas d’ambition. Mais Intel part non seulement avec un train de retard, mais aussi avec des expérimentations malheureuses dans le secteur des consoles portables : en 2024, MSI tentait sa chance avec la Claw intégrant des puces Core Ultra (Meteor Lake), mais les tests ont été si catastrophiques que le constructeur est revenu chez AMD avec la nouvelle génération de l’appareil.
La réponse du berger à la bergère n’a d’ailleurs pas tardé. Rahul Tikoo, vice-président et directeur général grand public d’AMD, a affirmé que si les cœurs E étaient effectivement très bons en termes d’efficacité énergétique, ils se montrent aussi « très mauvais en performance », ce qui a une certaine logique. AMD préfère équilibrer les deux : « Nous faisons déjà ces choix à la place de nos clients et leur disons : n’ayez pas à vous en soucier. » Selon les premiers tests cependant, Panther Lake semble tenir la distance question FPS…
Il y a au moins une chose positive dans cette bagarre qui se profile : la concurrence a du bon et tous les acteurs — que ce soit AMD ou Intel — vont faire le maximum pour peser sur le marché des consoles portables. Au bout du compte, c’est le joueur qui devrait en profiter.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.