En plein cœur de Shenzhen, la Silicon Valley chinoise, le ciel ne gronde plus seulement d’orage mais du bourdonnement incessant de l’innovation. J’ai pu observer au Shenzhen Talent Park ce qui ressemble encore à de la science-fiction pour le reste du monde : la livraison par drone.
Ici, l’application Meituan ne se contente plus de dépêcher des armées de scooters à travers les boulevards encombrés. Elle fait désormais pleuvoir des burgers et des thés glacés directement depuis les nuages. L’effet de surprise est total lorsqu’on lève les yeux pour voir un colis descendre du ciel, via un drone, avec une précision redoutable.
Le spectacle commence devant un large panneau d’affichage numérique qui sert de borne de commande à ciel ouvert. Le protocole est particulièrement simple, même pour un utilisateur occidental qui ne comprend pas le mandarin. Un panneau bilingue, avec de l’anglais, confirme d’ailleurs que le service est pensé pour accueillir des visiteurs étrangers. Il suffit de dégainer son smartphone, de scanner le QR code dédié et de naviguer parmi les enseignes partenaires les plus célèbres comme KFC ou McDonald’s, sans oublier les salons de thé locaux très prisés.
Une fois la commande validée, la chorégraphie aérienne s’enclenche. Quelques minutes plus tard, un drone imposant apparaît à l’horizon et vient se stabiliser au-dessus d’un kiosque de retrait automatisé au design épuré jaune et blanc. Le colis est déposé sur le toit par une trappe robotisée.

J’ai vu un McDo tomber du ciel et voici comment ça marche
Pour récupérer le précieux sésame, l’utilisateur tape simplement le code reçu sur son application et une trappe s’ouvre, libérant le repas.

Le service a même pensé à l’après-repas en installant des bacs de recyclage spécifiques juste à côté. Des instructions claires invitent à plier soigneusement la boîte en carton pour minimiser l’empreinte écologique de ce festin technologique.

Toutefois, tout n’est pas encore parfait dans ce meilleur des mondes. Si le drone parcourt sa distance de vol en un temps record de dix à quinze minutes, le temps d’attente total incluant la préparation en cuisine et la logistique de décollage peut s’avérer frustrant. Par ailleurs, un utilisateur chinois m’a expliqué que le coût de cette livraison premium demeure élevé par rapport aux tarifs pratiqués par les livreurs traditionnels en scooter, qui restent les rois incontestés de l’économie de proximité en Chine.
Ce que je retiens de cette logistique futuriste est fascinant ? Le système de casier automatisé sécurise parfaitement la réception, mais l’attente globale reste le principal point de friction. En effet, le drone reste dépendant des disponibilités du restaurant (et du temps de préparation en cuisine), mais également de la flotte encore limitée par station. Les conditions météo peuvent également empêcher de profiter du service de livraison. Enfin, le kiosque que j’ai pu approcher mentionnait des horaires de service de 10h à 20h, limitant ainsi les livraisons nocturnes. Dans certaines zones, il est toutefois possible de se faire livrer à un horaire plus tardif.

La solution reste toutefois compétitive avec un délai de livraison d’environ 30 minutes, dont 10 à 15 minutes de temps de vol (dans des conditions idéales). Ce délai est particulièrement compétitif : avec une livraison effectuée directement au cœur du parc, il devance les transporteurs classiques en scooter qui ont généralement besoin de 45 à 50 minutes. Plus proche de nous, La Poste expérimente la livraison de colis par drone dans plusieurs régions depuis quelques années. Une troisième ligne a ouvert en 2024 dans le Vercors, après le Var (depuis 2016) et l’Isère (depuis 2019).
Amazon dispose également d’un service de livraison par drone appelé Amazon Air (ou Prime Air) et réalise régulièrement des tests, notamment en Italie.
Le géant américain a toutefois connu un coup d’arrêt après le crash de deux aéronefs aux États-Unis.
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