Fraîchement lancé, le très attendu Resident Evil Requiem provoque une immense vague de déception sur son marché domestique. La cause ? Une méthode de censure à la serpe, à base d’aplats noirs grossiers qui viennent masquer les scènes les plus sanglantes. Cette décision de Capcom, qui concerne toutes les plateformes, est perçue comme une régression et une solution de facilité qui massacre l’atmosphère angoissante du titre, pourtant la marque de fabrique de la série.
Pourquoi cette nouvelle censure est-elle si critiquée ?
Parce qu’elle est terriblement visible et grossière. Contrairement aux précédents opus où Capcom avait su faire preuve d’une certaine créativité pour contourner les règles, la méthode employée ici est d’une paresse confondante. Fini les décapitations subtilement coupées au montage ou les éléments de décor remplacés, comme dans Resident Evil 7. Le studio a opté pour une rustine numérique qui recouvre des pans entiers de corps démembrés, transformant une scène d’horreur en un bug graphique. Pour les joueurs, l’immersion est brisée net. Cette censure est d’autant plus mal vécue que les joueurs s’attendaient, après les déclarations du réalisateur Koshi Nakanishi, à une version quasi identique à l’internationale.
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Le problème, c’est que le jeu a été conçu avec un niveau de détail viscéral. Chaque impact de balle, chaque démembrement a été pensé pour renforcer la tension. En recouvrant ces éléments d’un simple shader noir, Capcom ne cache pas la violence : il la surligne de la pire des manières. Un joueur sur les réseaux sociaux s’insurge : « le sang des cinématiques est rouge, mais les dégâts sur les zombies sont noirs, ça n’a aucun sens ! ». C’est un véritable aveu de faiblesse de la part du studio, qui semble avoir choisi la voie la plus rapide pour valider son jeu, au détriment de l’expérience et du respect de son propre public face à un niveau de gore pourtant assumé par le gameplay.
Capcom avait-il le choix face à la réglementation japonaise ?
La question est complexe. Pour commercialiser un jeu en version physique sur l’archipel, il faut obtenir le feu vert du CERO (Computer Entertainment Rating Organization), l’organisme de classification local. Et le CERO est notoirement sévère sur les représentations de démembrements et de mutilations, même pour sa classification la plus élevée, CERO Z (18+), dans laquelle le jeu se range. Ces règles strictes au Japon ont déjà eu des conséquences radicales par le passé. On se souvient du jeu The Callisto Protocol, dont la sortie a été purement et simplement annulée car le studio refusait de dénaturer son œuvre pour satisfaire le CERO.
Capcom, géant de l’industrie, est évidemment conscient de ces contraintes. La procédure de certification est coûteuse et chronophage. Un refus implique des modifications, une nouvelle soumission et des frais supplémentaires. Face à un Resident Evil Requiem particulièrement graphique, il est probable que le studio ait préféré « sur-censurer » pour s’assurer une validation du premier coup. Une stratégie de prudence qui se fait malheureusement aux dépens de la qualité finale du produit sur son propre territoire.
La version PC est-elle aussi concernée par cette restriction ?
C’est ici que le bât blesse le plus. Le système de classification CERO ne s’applique pas, en théorie, aux jeux PC distribués sur des plateformes en ligne comme Steam. Capcom aurait donc eu toute la latitude pour proposer une version non censurée aux joueurs PC japonais. Pourtant, ils ont fait le choix de leur imposer le même traitement que sur consoles. Une décision volontaire qui passe très mal auprès de la communauté, qui y voit une forme de mépris.
La situation est d’autant plus absurde que la solution de contournement est simple : de nombreux joueurs japonais se tournent vers l’achat de versions étrangères du jeu sur Steam, qui incluent la langue japonaise. Le cas de Resident Evil Requiem devient un exemple édifiant d’une politique de censure qui non seulement frustre les joueurs mais s’avère, à l’ère du numérique, complètement inefficace.
Foire Aux Questions (FAQ)
La censure de Resident Evil Requiem peut-elle être désactivée ?
Non, il est impossible de désactiver la censure sur les versions japonaises officielles du jeu, que ce soit sur console ou sur PC. La seule solution pour les joueurs au Japon est d’importer ou d’acheter une version étrangère (européenne ou américaine) via des plateformes comme Steam.
Quelle est la différence avec la censure des anciens Resident Evil ?
Auparavant, Capcom utilisait des méthodes plus discrètes comme la suppression de scènes spécifiques ou le remplacement d’éléments choquants par d’autres (une photo à la place d’une tête coupée dans RE7). La méthode actuelle, des aplats noirs recouvrant le gore, est jugée beaucoup plus visible, intrusive et paresseuse par les fans.

