La Chine et les Pays-Bas se battent pour contrôler un fabricant de semi-conducteurs, aujourd’hui l’affaire peut basculer

La Chine et les Pays-Bas se battent pour contrôler un fabricant de semi-conducteurs, aujourd’hui l’affaire peut basculer



Dernier épisode en date dans l’affaire Nexperia, cette entreprise de puces électroniques néerlandaise propriété d’un géant chinois. Depuis trois mois, la société est la cible d’un conflit entre la Chine et l’Europe. Les Pays-Bas ont décidé de prendre le contrôle de la société en septembre dernier, invoquant la « sécurité économique de l’Europe », au grand dam de Pékin. Une audience décisive a lieu ce mercredi 14 janvier, qui pourrait impacter les industries de l’automobile européennes.

Qui contrôlera Nexperia, ce fabricant de semi-conducteurs néerlandais au propriétaire chinois ? Ce mercredi 14 janvier a lieu une audience décisive pour l’industrie automobile européenne. Un tribunal néerlandais déterminera s’il faut, oui ou non, ouvrir une enquête après l’affaire Nexperia, ce fabricant de semi-conducteurs utilisés dans de nombreuses chaînes d’approvisionnement, qui a fait la Une des médias en octobre dernier.

Trois mois plus tôt, la Haye annonçait une mesure exceptionnelle et inédite : la prise de contrôle de Nexperia, une société basée aux Pays-Bas, mais au propriétaire chinois. La décision aurait été prise pour garantir que suffisamment de puces restent en Europe. Selon les Pays-Bas, il fallait éviter, coûte que coûte, que les produits fabriqués par Nexperia ne deviennent « indisponibles en cas d’urgence ». Cette entreprise, qui appartient au groupe technologique chinois Wingtech depuis 2019, fabrique des composants essentiels pour l’industrie automobile européenne et l’électronique grand public : des puces électroniques. Ces semi-conducteurs dits traditionnels sont utilisés pour alimenter les systèmes de contrôle des véhicules de BMW, de Volkswagen et de bien d’autres.

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Une querelle entre filiale néerlandaise et chinoise toujours en cours

Le 7 octobre dernier, le tribunal de commerce d’Amsterdam avait suspendu de ses fonctions de directeur général de Nexperia le fondateur de Wingtech, Zhang Xuezheng. De quoi mettre vent debout Pékin, qui avait adopté des mesures de rétorsion, en bloquant les exportations de la filiale chinoise de Nexperia. Le groupe fabrique des plaquettes en Europe, qui sont ensuite envoyées dans des usines en Chine pour y être assemblées, avant d’être expédiées dans le monde entier.

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Le conflit avait entraîné des répercussions dans la chaîne d’approvisionnement mondiale, créant des craintes de pénuries dans les usines européennes, dont certaines se sont concrétisées. Et si les discussions entre responsables chinois et européens ont apaisé les tensions politiques, le gouvernement néerlandais revenant sur sa décision de contrôle pour désamorcer le conflit avec Pékin, la querelle entre les divisions néerlandaise et chinoise de Nexperia est loin d’être éteinte.

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Ce mercredi, le tribunal de commerce d’Amsterdam entendra les avocats des deux parties, cherchant à convaincre s’il faut ou non retirer au propriétaire chinois Wingtech le contrôle de la société néerlandaise. Les Pays-Bas estiment que la direction chinoise cherchait à transférer en Chine la production et la propriété intellectuelle de ces composants stratégiques et essentiels aux industries européennes. La Haye était donc en bon droit d’intervenir, invoquant la « sécurité économique de l’Europe ». La maison-mère chinoise, Wingtech, affirme de son côté que les dirigeants locaux ont sollicité l’aide du gouvernement néerlandais, à des fins personnelles.

Deux options possibles

Dans un communiqué publié avant l’audience, cité par Bloomberg, Ruby Yang, présidente de Wingtech, a déclaré que « Nexperia a subi un préjudice important à la suite des mesures provisoires prises par le tribunal de commerce ». « Nous demandons instamment au tribunal de revenir sur ses mesures initiales, de rétablir les droits des actionnaires de Wingtech et de restituer le contrôle de Nexperia à sa maison-mère », ajoute-t-elle.

Deux options sont possibles. Le juge, qui ne rendra pas sa décision immédiatement après l’audience, peut d’abord décider d’ouvrir une enquête. Dans un tel cas, les administrateurs judiciaires nommés par le tribunal continueront à contrôler Nexperia, ce qui pourrait attiser le conflit avec la Chine. Si, au contraire, le juge décide de ne pas ouvrir d’enquête, le propriétaire chinois Wingtech reprendra le contrôle de Nexperia, ce qui devrait mettre fin aux perturbations constatées dans les chaînes d’approvisionnement de l’automobile en Europe et dans le monde entier.

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