La fermeture de Setapp, une des premières boutiques alternatives lancées sur iPhone en Europe, ne passe pas auprès de Bruxelles. L’éditeur Macpaw a mis sa décision sur le compte de conditions commerciales complexes, sans citer la politique d’Apple… même si c’est ce qu’il faut comprendre entre les lignes. La Commission européenne s’apprêterait à taper du poing sur la table mais Apple ne veut rien lâcher.
Lancée en septembre 2024 après la mise en route du règlement sur les marchés numériques (DMA), la boutique Setapp propose aux utilisateurs européens d’iPhone l’accès à une sélection d’apps sur abonnement, à la manière de Spotify pour la musique. Malheureusement pour l’éditeur Macpaw, l’aventure n’aura pas duré bien longtemps : l’échoppe va en effet mettre la clé sous la porte le 16 février.
Bruxelles accuse Apple de freiner les boutiques alternatives
La raison : des « conditions commerciales encore en évolution et complexes, qui ne correspondent pas au modèle économique actuel de Setapp ». L’éditeur ne cite jamais Apple, mais le constructeur doit se sentir visé : c’est lui en effet qui décide de ces fameuses conditions. À l’origine, le deal était le suivant : Apple facturait les boutiques alternatives 0,50 € par installation au-delà d’1 million d’installations, et les apps distribuées dans ces boutiques étaient elles aussi soumises au même régime.
Apple a depuis revu cette structure de frais, avec un système de partage de revenus à hauteur de 5 % (et bien d’autres conditions très complexes). La fermeture de Setapp ne fait pas les affaires de la Commission européenne, car elle montre que le DMA ne fonctionne pas pour certaines boutiques alternatives.
C’est pourquoi Bruxelles s’apprêterait à affirmer qu’« Apple n’a pas déployé de changements pour répondre aux principaux problèmes liés à ses conditions commerciales, notamment leur complexité », selon des propos consultés par Bloomberg. Ils pourraient déboucher sur une nouvelle amende.
Avant même que cette déclaration soit rendue publique, Apple a tenu à répliquer sans attendre et assure que le passage à la nouvelle structure tarifaire n’a pas été mise en œuvre… à cause de la Commission. La firme à la pomme explique que « la Commission européenne a refusé de nous laisser mettre en œuvre précisément les changements qu’elle nous demandait ».
« En octobre, nous avons soumis un plan de mise en conformité formel et nous attendons toujours une réponse. La Commission européenne recourt à des tactiques de retardement politique pour induire le public en erreur, déplacer les lignes et cibler de manière injuste une entreprise américaine au moyen d’enquêtes lourdes et d’amendes disproportionnées. »
Apple conteste aussi l’idée que la fermeture de Setapp serait liée à ses conditions. Le constructeur se demande également s’il existe réellement une demande dans l’UE pour des boutiques alternatives. La balle est maintenant dans le camp de l’exécutif européen, avec qui les relations sont houleuses. Apple a ainsi réclamé l’annulation du DMA, ce qui n’a pas spécialement plu à Bruxelles.
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Source :
Bloomberg