la main bionique de demain est déjà dans le labo de Psyonic

la main bionique de demain est déjà dans le labo de Psyonic


Lors de la grand-messe de Dassault Systèmes qui avait lieu cette année à Houston au Texas, l’un des clients mis en avant par l’éditeur de logiciels pour l’industrie était Psyonic, une start-up de San Diego qui développe et commercialise des mains bioniques. Nous avons rencontré son fondateur.

Une main bionique qui permettrait de retrouver la sensation du toucher ? Le Graal, derrière lequel courent tous les fabricants de prothèses médicales, est aussi celui de Psyonic. Cette start-up de San Diego (Californie) était l’un des clients de Dassault Systèmes mis en avant par la multinationale française pendant sa grand-messe annuelle, qui avait lieu la semaine dernière à Houston au Texas.

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Du 2 au 4 février pendant le « 3DExperience World », il était facile de croiser l’homme à l’origine de la start-up. Derrière son stand dans la partie exposition ou au détour des larges couloirs à moquette du centre de congrès George R. Brown, Aadeel Akhtar ne s’est pas lassé de raconter « son parcours de vie », ses prothèses de main à l’appui.

© 01net.com. Trois clients de Dassault Systèmes mis en avant dont Aadeel Akhtar, fondateur de Psyonic qui fabrique des « mains bioniques » (2e en partant de la droite).

Son histoire débute trente ans plus tôt. Le petit garçon d’alors fait un voyage au Pakistan, pays d’origine de ses parents. Il y rencontre pour la première fois une personne amputée : « C’était une petite fille de sept ans qui avait perdu sa jambe. À la place, elle utilisait une branche d’arbres », se souvient-il.

L’épisode le marque : « Dès cet âge-là, j’ai eu envie de fabriquer des prothèses », se remémore-t-il. Jeune adulte, il entame des études de biologie, puis obtient un master en génie électrique et informatique, et un doctorat en neurosciences, nous liste-t-il.

Pour développer la main bionique, l’utilisation de SolidWork, la plateforme de Dassault Systèmes

Et s’il reste un temps dans le monde académique, le scientifique finit par sauter le pas et créer sa propre start-up, en 2014. Y est développée « Ability Hand », présentée comme « la première main bionique tactile et la plus rapide au monde ». Elle sera suivie par neuf autres versions dont la dernière, la « 9.5 », montrée pendant l’événement, et résultat des douze années de développement.

Et pour son fondateur, Solidwork, la plateforme de solutions de modélisations 3D de Dassault Systèmes, a joué un rôle clé : « Chaque pièce, du moulage des doigts à la forme de la paume avec la fibre de carbone, des composants internes aux boîtiers de transmission qui entourent les moteurs, aux boîtiers d’encodeurs, à ce levier de commande, au connecteur entre la main et le levier de commande ici, tout a été conçu dans Solidworks », souligne-t-il, désignant un à un les très nombreux composants d’un prototype transparent. Le dispositif offre un rare aperçu de la machinerie interne de la main bionique de la start-up.

Main Bionique Transparente
© 01net.com. Prototype transparent de la main bionique de Psyonic présenté à Houston, Texas, le 4 février 2026.

Capteurs, signaux et vibrations

Dale DiMassi, son directeur marketing, était aussi présent pendant l’événement, le vrai prototype au bras. Le responsable, qui est né sans une partie de l’avant-bras droit, nous explique utiliser la prothèse « toute la journée, tous les jours, que ce soit simplement pour transporter des objets ou libérer l’autre main ». Côté fonctionnement, la prothèse utilise une API (interface de programmation d’application) open source. Le dispositif dispose de plusieurs capteurs qui vont signaler une contraction du muscle et envoyer des instructions à la main bionique.

D’un côté, chaque doigt a plusieurs capteurs qui vont venir détecter une pression, lorsqu’un objet est saisi. De l’autre, deux autres capteurs, cette fois au niveau de l’avant-bras, détectent la contraction des muscles : en cas de contraction, un signal est envoyé à la main qui va se fermer ou s’ouvrir. « Et lorsque je saisis un objet, je ressens une vibration au bras, ce qui me permet de savoir que je le tiens bien. Lorsqu’au contraire, je le lâche, je ressens une autre vibration », nous expose-t-il.

Ces vibrations permettent aux utilisateurs de sentir qu’ils manipulent bien des objets. Et les prothèses de demain feront bien mieux, promet Dale DiMassi. Le responsable marketing évoque des « micro-électrodes qui se connecteront aux nerfs et aux muscles et qui permettront aux utilisateurs de contrôler chaque doigt individuellement ». La start-up cherche à connecter la sensation tactile directement aux nerfs. Jusqu’à présent, le fait de toucher quelque chose fait vibrer un capteur dans l’avant-bras. Mais il s’agirait bientôt de connecter ce signal du toucher directement aux nerfs, de retrouver totalement le sens du toucher.

Les mains destinées aussi aux robots

« Nous y sommes déjà parvenus grâce à une interface cerveau-ordinateur. L’esprit peut penser et bouger chaque doigt individuellement, et lorsque les personnes qui ont fait partie de l’expérimentation touchent chaque doigt de leur main, elles ont l’impression que cela vient de leur corps et peuvent dire où exactement. Elles peuvent donc dire s’il s’agit du bout de leur index, de leur annulaire ou de n’importe quel autre doigt », expose Dale DiMassi. Et en pratique, « nous voulons que toutes les personnes qui ont perdu un membre soient capables, grâce à la seule force de leur pensée, de contrôler leur main et de ressentir le toucher. Nous voulons leur offrir ce niveau de contrôle et cette sensation de toucher », poursuit-il.

En Europe, d’autres sociétés ou projets travaillent aussi sur des mains bioniques, à l’image de l’Européenne Nebias, qui se présente comme « la main bionique la plus sophistiquée au monde ». Mais une partie du nerf de la guerre reste son prix. Ce type de prothèse est si onéreux (parfois plus de 100 000 euros) qu’il reste hors de portée de la majorité des porte-monnaies.

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Mais pour Aadeel Akhtar à la tête de la start-up américaine, sa main, utilisée par près de 300 personnes aux États-Unis, reste abordable. Vendue entre 10 000 et 20 000 dollars en fonction de la quantité commandée, elle est entièrement couverte par l’assurance américaine, nous assure-t-il.

Une partie du développement des prothèses est aussi destinée aux robots : un énorme marché sur lequel la start-up semble s’être déjà bien positionnée, selon les dires de son dirigeant. « Plus de 50 entreprises de robotique dans le monde, dont la NASA, Meta, Google, Amazon et Mercedes-Benz, ont intégré nos mains à leurs produits. Les plus grandes entreprises automobiles, les entrepôts industriels et même les entreprises d’implants cérébraux utilisent déjà notre main ». 

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