C’est une première dans les 25 ans d’histoire de la Station spatiale internationale. La NASA a ordonné le retour anticipé de la mission Crew-11 pour soigner un astronaute. L’identité du malade reste secrète.
L’espace reste un milieu hostile où le moindre pépin de santé peut se transformer en casse-tête logistique. Pour la première fois en 25 ans d’occupation continue de la Station spatiale internationale (ISS), la NASA a pris jeudi soir la décision de rapatrier un équipage entier pour des raisons médicales.
Si l’agence américaine se veut rassurante, affirmant qu’il ne s’agit pas d’une urgence absolue, l’événement est suffisamment sérieux pour bouleverser le calendrier orbital et rappeler la fragilité de la vie en apesanteur.
Une évacuation « contrôlée » mais inédite
Tout s’est accéléré mercredi lorsque la NASA a annoncé le report d’une sortie extravéhiculaire cruciale (censée préparer l’installation de nouveaux panneaux solaires), évoquant un souci de santé. Jeudi soir, le verdict est tombé : les quatre membres de la mission Crew-11 vont rentrer sur Terre dans les prochains jours, bien avant la fin de leur mission prévue initialement pour durer six mois.
Le médecin-chef de la NASA, le Dr James Polk, a justifié cette décision par la prudence : face à une « incertitude quant au diagnostic » et un « risque persistant », impossible de soigner correctement le patient à 400 km d’altitude. « Le meilleur moyen d’effectuer un bilan complet est au sol, où nous disposons de tout l’équipement nécessaire », a-t-il précisé, tout en assurant que l’astronaute concerné est dans un état stable.
Secret médical oblige, ni l’identité du malade, ni la nature de l’affection n’ont été révélées. On sait seulement que cela concerne l’un des quatre membres de l’équipe arrivée en août dernier : les Américains Zena Cardman et Mike Fincke, le Japonais Kimiya Yui ou le Russe Oleg Platonov.
La station tourne au ralenti
Ce départ précipité laisse l’ISS en sous-effectif temporaire. Seuls trois astronautes (arrivés via une fusée Soyouz en novembre) resteront à bord pour gérer l’immense laboratoire volant. Sur le réseau social X, l’ancien commandant de l’ISS Chris Hadfield revient sur cet épisode et explique que la station « sera plus vulnérable » jusqu’à l’arrivée du prochain équipage. Il salue toutefois la décision de la NASA de faire passer « la santé de l’équipage avant tout ».
Pour combler le vide, la NASA étudie en urgence la possibilité d’avancer le décollage de la prochaine relève, la mission Crew-12. Prévue pour la mi-février, elle embarquera notamment l’astronaute française Sophie Adenot. La nouvelle star de l’espace tricolore pourrait donc voir son baptême du feu arriver plus tôt que prévu.
Cet incident rappelle que malgré deux décennies de routine apparente, l’espace ne tolère aucune faiblesse. Alors que les États-Unis préparent activement le retour sur la Lune avec le programme Artemis, cette évacuation sanitaire servira sans doute de leçon cruciale pour les futures missions lointaines, d’où aucun retour rapide ne sera possible.
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Source :
Le Monde