l’Arcom rappelle les règles du jeu à Snap, Instagram et X avant les élections municipales

l'Arcom rappelle les règles du jeu à Snap, Instagram et X avant les élections municipales



Les plateformes en ligne comme TikTok, LinkedIn, X doivent aussi respecter certaines règles en période électorale, rappelées ce vendredi 23 janvier par le gendarme du Numérique et de l’Audiovisuel. Équipe de modération, points de contact, coopération… Voici ce qu’il faut en retenir.

Comment éviter le scénario catastrophe, des élections manipulées sur les réseaux sociaux, puis annulées, à l’image du scrutin roumain de 2024 ? Alors que les élections municipales auront lieu du 15 au 22 mars, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) est déjà sur le pont pour éviter le pire. Comme pour les médias traditionnels soumis à une floppée d’engagements liés au temps de parole ou au silence électoral, les plateformes en ligne – TikTok, Snap, Instagram, YouTube, LinkedIn, X mais aussi Wikipedia – ont aussi leur lot d’obligations.

À partir du 2 février prochain, ces dernières devront respecter un certain nombre de préconisations, rappelées ce vendredi 23 janvier par le gendarme de l’Audiovisuel et du Numérique français. « On se prépare toujours au pire par définition. D’autant que cette élection est aussi une répétition, pour une autre élection nationale », a reconnu Benoît Loutrel, membre du collège de l’Arcom, pendant une conférence de presse.

Les plateformes doivent réagir rapidement

Pour veiller au grain, les plateformes peuvent compter sur l’Arcom et la Commission européenne décrites comme des « coachs » des plateformes par Benoît Loutrel, président du groupe de travail Plateformes en ligne de l’Arcom. « On veille surtout à ce que les plateformes soient mobilisées, que leurs équipes de modération, qui ne sont pas forcément en France, soient bien conscientes de l’élection à venir et de tous les particularismes du code électoral français », souligne-t-il. Ce qui implique un minimum de formation des modérateurs aux spécificités françaises, capables de réagir en cas d’ingérences étrangères et de tentatives de manipulation.

Il s’agit de respecter « des bonnes pratiques, évidemment plus souples que celles qui s’appliquent aux télés et à la radio ». La plateforme en ligne doit d’abord être « capable de réagir à tout moment, même le weekend », ce qui sous-entend « des dispositifs de signalement et de remontée d’informations adaptés à la période électorale, ou encore l’identification de personnes responsables » à contacter, a détaillé, de son côté, Martin Ajdari, président de l’Arcom. En pratique, les plateformes en ligne doivent avoir des modérateurs francophones prêts à aller vérifier des contenus signalés comme illicites, très rapidement.

Période de silence, faux sondages, influenceurs …

Dans le détail, les réseaux sociaux devront veiller à ce qu’aucun candidat aux élections municipales ne contourne la période de silence (le silence radio qui leur est imposé avant et pendant le jour du vote) en sortant sur les réseaux sociaux une vidéo de campagne, alors qu’il n’en a pas le droit. L’obligation de vigilance a aussi trait aux sondages qui n’auraient pas un standard de qualité minimum et qui seraient mis en avant sur les réseaux sociaux. Dans un tel cas, « la commission nationale des sondages peut demander à ce que de vrais faux sondages soient retirés », souligne Benoît Loutrel.

« On demande aussi aux réseaux sociaux d’aller vers leurs influenceurs, (…) les comptes qui sont très suivis et qui deviennent des acteurs importants de l’espace médiatique ». Les plateformes doivent aussi rappeler à ces comptes qu’ils ont l’obligation de respecter le code électoral, notamment en publiant en français, « plusieurs semaines avant le premier tour de scrutin, un court document présentant de manière simple aux utilisateurs les règles prévues (..) en matière de manipulation de l’information et expliquant ce qui peut leur être signalé en la matière », détaille l’Arcom dans des préconisations destinées aux plateformes en ligne.  Wikipedia va, de son côté, surveiller les pages des candidats, très consultées, et vérifier que « le débat électoral ne pousse pas des gens à aller réécrire certaines pages » sur cette plateforme, ajoute encore le Monsieur Réseaux sociaux de l’Arcom.

À lire aussi : Désinformation, deepfake… L’UE présente son « bouclier démocratique » contre l’ingérence étrangère

« Il faut qu’on sache réagir aux attaques qu’on subit et qu’on va continuer à subir »

Le gendarme de l’Audiovisuel et du Numérique a ici le rôle de coordinateur et de supervision des plateformes : il organise des réunions auxquelles participent les réseaux sociaux, la Commission européenne mais pas seulement. En font aussi partie Viginum pour la partie ingérence étrangère, le ministère de l’Intérieur, la plateforme Pharos pour les contenus illégaux, et des membres de la société civile comme De Facto ou l’Observatoire européen des médias numériques (pour la partie fact-checkers). L’idée : que tout le monde se connaisse et sache qui contacter chez qui, en cas de non respect du code électoral, mais aussi de tentatives d’ingérences étrangères, ou d’un « événement de déstabilisation » amplifié sur les réseaux sociaux qui serait détecté par Viginum. 

À lire aussi : Pour Viginum, le service de lutte contre les ingérences étrangères, le défi est de distinguer « ce qui relève du débat synthétique de l’authentique »  

« Souvenez-vous des tentatives d’ingérence pendant la période des Jeux olympiques : les mains rouges, les étoiles de David, le faux cercueil d’un soldat », autant d’éléments qui étaient « dans l’espace réel et immédiatement amplifiés dans l’espace numérique », rappelle Benoît Loutrel. Dans un tel cas, la coordination de tous les acteurs français et européen est primordiale.  « On ne va pas empêcher les Russes de nous attaquer (sur les plateformes en ligne, NDLR) », a reconnu le membre du collège de l’Arcom, avant d’ajouter : « il faut qu’on sache réagir aux attaques qu’on subit et qu’on va continuer à subir ».

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.