l’aveu de la marque sur le pilotage humain de ses robotaxis

l'aveu de la marque sur le pilotage humain de ses robotaxis



L’illusion d’une autonomie totale dans le secteur des véhicules autonomes vient de se heurter à la réalité technique. Une enquête menée par le sénateur américain Ed Markey a forcé plusieurs entreprises à dévoiler les coulisses de leurs programmes d’assistance. Si la majorité des constructeurs se contentent de guider leurs logiciels, Tesla se distingue en autorisant des opérateurs humains à prendre véritablement le contrôle direct de ses robotaxis en cas d’urgence.

Dans le cadre de son enquête sur les technologies de conduite autonome, le sénateur démocrate Ed Markey a interrogé sept entreprises du secteur, dont Tesla, Waymo, Zoox et Nuro. Les réponses révèlent une dépendance commune à l’intervention humaine pour pallier les limites de l’intelligence artificielle. Les réponses montrent que toutes recourent à une forme d’assistance humaine à distance, mais les modalités varient selon les acteurs : Waymo dit fournir surtout du contexte au logiciel, tandis que Tesla admet qu’un opérateur peut, dans de rares cas, prendre temporairement le contrôle direct du véhicule.

Les constructeurs ont toutefois refusé de divulguer la fréquence de ces interventions au législateur en invoquant la protection de leurs secrets industriels. Missy Cummings, professeure d’ingénierie à l’université George Mason, souligne que les entreprises cachent ces chiffres car ils démontreraient à quel point les véhicules sont encore loin d’être véritablement autonomes.

L’exception du pilotage direct chez Tesla

L’approche de Tesla contraste fortement avec le reste de l’industrie qui évite généralement le contrôle direct à distance. Waymo utilise par exemple des opérateurs basés en partie aux Philippines qui se contentent de fournir un contexte et des conseils au logiciel sans jamais prendre le volant. Tesla assume au contraire une approche beaucoup plus frontale pour sortir ses voitures d’un mauvais pas. Karen Steakley, directrice des politiques publiques de la marque, a confirmé par écrit que les opérateurs peuvent prendre temporairement le contrôle direct du véhicule comme mesure de redondance.

« Par mesure de sécurité, dans de rares cas… [les opérateurs d’assistance à distance] sont autorisés à prendre temporairement le contrôle direct du véhicule en dernier recours, après épuisement de toutes les autres options d’intervention. »

Cette intervention humaine sert de manœuvre d’escalade finale lorsque toutes les autres solutions ont été épuisées pour déplacer un engin dans une position compromettante. Les opérateurs basés à Austin et Palo Alto peuvent « prendre temporairement le contrôle du véhicule » lorsque celui-ci roule à une vitesse inférieure ou égale à 2 mph, soit environ 3 km/h. L’assistant humain peut ensuite conduire le Tesla Robotaxi jusqu’à 10 mph (environ 16 km/h) si le logiciel l’y autorise.

Des défis sécuritaires persistants

Cette révélation soulève de nouvelles questions sur la fiabilité et la sécurité de ces systèmes embarqués. L’approche technique de Tesla a toujours été à contre-courant en s’appuyant exclusivement sur des caméras pour son dispositif Full Self-Driving là où ses concurrents utilisent un mélange de radars et de capteurs. Les spécialistes soulignent que les délais de transmission sur les réseaux peuvent ralentir les temps de réaction d’un pilote à distance et augmenter drastiquement le risque d’accident.

Le constructeur a lancé son service à Austin en juin dernier avec des opérateurs de sécurité physiquement installés à l’avant de l’habitacle. La firme teste également des trajets sans conducteur de secours dans la même zone, ce qui explique la nécessité de pouvoir intervenir à distance. Suite à plusieurs accidents très médiatisés impliquant ces technologies, la National Highway Traffic Safety Administration a ouvert une enquête en octobre dernier. Jugeant l’industrie trop secrète sur ses failles, le sénateur Markey tape du poing sur la table pour exiger une transparence totale :

« Chaque entreprise de véhicules autonomes a refusé de divulguer la fréquence à laquelle ses engins nécessitent l’aide d’assistants à distance, cachant au public des informations clés sur le véritable niveau d’autonomie de leur technologie. »

Cette opacité assumée par les géants de la technologie risque d’accélérer la mise en place d’un cadre législatif beaucoup plus strict. Le parlementaire a d’ailleurs confirmé qu’il introduirait prochainement un projet de loi pour combler ces graves lacunes de sécurité. Pour Tesla et ses concurrents, la course au robotaxi autonome va devoir désormais composer avec une surveillance fédérale de plus en plus pressante sur les véritables capacités de leurs intelligences artificielles.

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Source :

Wired



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