L’intelligence artificielle générative dévore autant d’électricité qu’un petit pays. Pour Sam Altman, le créateur de ChatGPT et fondateur d’OpenAI, les critiques doivent aussi prendre en compte toute l’énergie nécessaire pour « former » un cerveau humain. Bien décidé à défendre le bilan énergétique de l’IA, il n’a pas hésité à comparer la consommation de son chatbot à celle d’un être humain. Altman souligne même qu’une IA est plus efficiente qu’un cerveau fait de chair et de sang.
L’intelligence artificielle générative consomme énormément d’énergie. En 2025, les data centers sur lesquels repose l’IA représentaient environ 4% de la consommation électrique mondiale, contre seulement 2 % en 2020. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation de l’IA doublera d’ici 2030, atteignant plus de 940 TWh, soit plus que la consommation actuelle du Japon.
Notez d’ailleurs qu’une seule requête adressée à ChatGPT consomme 0,34 Wh. Avec 1 milliard de requêtes quotidiennes, ChatGPT représente 310 GWh d’énergie consommée en l’espace d’une année. Par ailleurs, l’IA est régulièrement épinglée pour sa consommation d’eau. De l’aveu d’OpenAI, la start-up à l’origine du chatbot, une requête consomme environ 0,32 millilitre d’eau, soit « un quinzième de cuillère à café ».
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Quand Sam Altman compare la consommation de ChatGPT à celle d’un être humain
Dans le cadre d’un événement organisé par The Indian Express, Sam Altman, le PDG et fondateur d’OpenAI, a tenu à nuancer l’impact environnemental de l’IA, rapporte TechCrunch. Selon lui, il est important de relativiser la consommation d’énergie de l’intelligence artificielle. Après tout, il faut aussi énormément d’énergie pour… « former un être humain ».
« Il faut environ vingt ans de vie, et toute la nourriture avalée pendant ce temps, pour qu’un humain devienne intelligent. Et ce n’est que le début : il a aussi fallu l’évolution à grande échelle de quelque 100 milliards d’êtres humains, qui ont appris à survivre aux prédateurs et à maîtriser la science et les autres formes de savoir, pour que nous puissions exister », explique Sam Altman.
L’entrepreneur regrette que les critiques à l’encontre de l’IA se focalisent trop souvent sur « la quantité d’énergie nécessaire pour entraîner un modèle d’IA, sans prendre en compte l’énergie qu’un humain dépense pour exécuter une requête ».
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L’IA vs le cerveau humain
Le fondateur de la start-up ajoute même que l’IA a une meilleure efficacité énergétique qu’un être humain. L’intelligence artificielle consomme moins d’énergie qu’un être humain pour répondre à une question. Un modèle d’IA déjà entraîné est plus efficient qu’un adulte qui réfléchit avant de répondre à une demande. Il estime que l’IA est déjà au moins aussi efficace, voire plus, que le cerveau humain.
« Si vous posez une question à ChatGPT, quelle quantité d’énergie consomme-t-il, une fois son modèle entraîné, pour vous répondre, comparé à un humain ? Il est probable que, sur ce critère, l’IA ait déjà rattrapé l’être humain en termes d’efficacité énergétique », ajoute le patron d’OpenAI.
Avec cet argument aussi inattendu que spécieux, Sam Altman cherche à détourner le débat sur la consommation gargantuesque de l’intelligence artificielle. Le dirigeant d’OpenAI a néanmoins admis qu’il était tout à fait légitime de s’inquiéter de la consommation énergétique de l’IA dans le monde. Pour Sam Altman, il est important que le monde puisse « se tourner très rapidement vers le nucléaire, l’éolien ou le solaire ».
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Source :
TechCrunch