les drones agacent certains spectateurs mais bouleversent l’image TV

les drones agacent certains spectateurs mais bouleversent l'image TV



Aux JO de Milan-Cortina 2026, les drones FPV propulsent la diffusion TV dans une nouvelle dimension. Si leur bourdonnement fait réagir, les sportifs valident à 100 %.

Impossible d’allumer son téléviseur depuis le début des épreuves sans remarquer ce léger sifflement. On croirait presque entendre un essaim d’abeilles poursuivre les skieurs. L’Olympic Broadcasting Services (OBS) a pris un virage technologique assumé pour ces Jeux d’hiver. Plus d’une quinzaine de drones FPV (First Person View) survolent les sites italiens pour nous plonger directement au cœur de l’action.

L’effet Mario Kart qui sublime les sports de glisse

Ces petits bolides volants pulvérisent les standards de la retransmission classique. En traquant les bobsleighs à plus de 140 km/h ou en rasant la poudreuse derrière les slalomeurs, ils garantissent une immersion vertigineuse. La skieuse tricolore Marie Lamure résume parfaitement cette sensation auprès de RMC Sport. Selon elle, l’utilisation du drone s’avère particulièrement pertinente sur les disciplines de vitesse. « On a presque l’impression d’être dans Mario Kart », assure la slalomeuse.

On saisit enfin la véritable vitesse et la verticalité des pentes affrontées par les sportifs. Le secrétaire général de la FIS, Michel Vion, confirme d’ailleurs que cet outil « change la manière de voir les choses » et « la valeur de l’athlète ».

Du côté des entraîneurs, cette innovation apporte un atout stratégique. Les plans aériens facilitent l’analyse chirurgicale des trajectoires. Seul petit bémol soulevé par quelques consultants, ces vues ultra-dynamiques compliquent parfois le décryptage technique pur lors du direct. Il faut donc savoir doser.

Le bruit agite le canapé, mais laisse les champions de marbre

Sur les réseaux sociaux, le débat s’enflamme. Certains téléspectateurs s’agacent de ce bourdonnement incessant, comparant l’engin aux fameuses vuvuzelas qui ont marqué la Coupe du monde de football de 2010.

Pourtant, sur la neige, le discours s’inverse totalement. Lancés à pleine vitesse, les compétiteurs n’entendent strictement rien. Le vice-champion olympique de ski alpin Johan Clarey tranche la question sur Eurosport : « Moi, ça ne m’a jamais gêné quand je courais. Alors, maintenant, ils en mettent de plus en plus. Mais je n’ai jamais entendu un skieur se plaindre des drones. »

Même constat pour la sauteuse à ski Coline Mattel, qui rappelle le vacarme naturel de sa discipline. « Lors de la prise d’élan (…) tu passes de 0 à 90km/h en quelques secondes, et cela fait un sifflement très fort », analyse-t-elle, en précisant que la concentration et le bruit du vent prennent largement le dessus.

L’Allemande Emma Aicher, double médaillée sur ces JO, abonde dans ce sens auprès de l’AFP. « Pour nous, ce sont des images vraiment cool. Je ne remarque pas le drone, il est tellement loin », explique-t-elle.

Pour Johan Clarey, un retour en arrière s’avérerait impensable. « Cela serait dommage de se passer des drones parce que ça fait un peu de bruit à la télé », assène-t-il. « Les coureurs adorent. Ils seraient verts qu’on s’en passe… ils sont demandeurs de nouvelles technologies pour qu’on fasse mieux vivre leur sport. »

Le fantôme de 2015 définitivement écarté

Impossible d’aborder le sujet sans repenser à la grosse frayeur de Marcel Hirscher. En 2015, une machine lourde de plusieurs kilos s’était écrasée à quelques centimètres de l’Autrichien en plein slalom.

Aujourd’hui, la donne a totalement changé. Johan Clarey rappelle d’ailleurs que le drone était « monstrueux » et « hyper lourd ». Aujourd’hui, ces appareils de moins de 250 grammes volent systématiquement derrière l’athlète. Même en cas de panne, un crash sur le coureur devient physiquement impossible.

Des pilotes aux nerfs d’acier et une logistique de F1

Derrière ces images époustouflantes, on trouve de véritables virtuoses. Équipés de lunettes de réalité virtuelle, ces pilotes guident leur appareil dans des espaces ultra-réduits tout en frôlant des murs de glace.

Le froid extrême des montagnes ajoute un défi majeur en siphonnant les batteries à vitesse grand V. Les équipes techniques doivent enchaîner les remplacements, parfois toutes les deux minutes. Une mécanique de précision expliquée par Benoît Dentan de l’entreprise T-Motion à Radio-Canada : « On a réussi à faire un système comme en Formule 1, lorsqu’ils changent les pneus lors des arrêts aux puits. »

La révolution visuelle s’impose donc brillamment. Si cette transition sonore demande encore un petit temps d’adaptation au public, le monde des sports d’hiver vient incontestablement de franchir un cap technologique historique.

Les caractéristiques des drones FPV olympiques

Plutôt que d’utiliser des modèles de série, les drones déployés par l’OBS (Olympic Broadcasting Services) et des prestataires comme T-Motion sont fabriqués sur mesure pour répondre aux contraintes extrêmes des Jeux d’hiver.

  • Poids : moins de 250 grammes. (Le maintien sous cette barre fatidique des 250g permet d’être dans la catégorie « ultralégère », limitant les risques en cas de chute et facilitant les autorisations de vol).
  • Dimensions : des modèles « taille main » d’environ 15 x 17 cm. Les plus petits modèles utilisent des hélices de moins de 3 pouces (7,6 cm) pour déplacer le moins d’air possible, crucial notamment en patinage de vitesse.
  • Vitesse de pointe : de 80 km/h (pour les petits modèles en patinoire couverte) jusqu’à plus de 160 km/h pour les bolides chargés de suivre les descendeurs en ski alpin ou les bobsleighs.
  • Autonomie (en conditions extrêmes) : entre 2 minutes 30 et 3 minutes maximum. Le froid des montagnes draine les batteries à une vitesse folle. Les pilotes sont obligés de procéder à un remplacement express (façon arrêt aux stands en F1) entre chaque passage d’athlète.

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