les États-Unis partent en guerre contre la protection des données en Europe

les États-Unis partent en guerre contre la protection des données en Europe



L’administration Trump ouvre un nouveau front contre l’Union européenne. Les diplomates américains ont désormais pour consigne de combattre les tentatives de réguler l’hébergement des données collectées par les entreprises américaines à l’étranger. Le règlement général sur la protection des données, pierre angulaire de la politique numérique européenne, est dans le collimateur.

Marco Rubio, le secrétaire d’État américain (équivalent du ministre des Affaires étrangères), a une dent contre le RGPD. Dans un câble diplomatique intercepté par Reuters, il qualifie le règlement européen sur la protection des données comme un exemple de réglementation imposant des « restrictions inutilement contraignantes sur le traitement des données et des exigences en matière de flux transfrontaliers de données ». Au-delà, il vise toutes les législations étrangères sur la protection des données.

Le RGPD dans le viseur de Washington

Pour le département d’État, de telles lois « perturberaient les flux mondiaux de données, augmenteraient les coûts et les risques en matière de cybersécurité, limiteraient les services d’intelligence artificielle (IA) et de cloud, et élargiraient le contrôle gouvernemental d’une manière susceptible de porter atteinte aux libertés civiles et de favoriser la censure ». En filigrane, c’est un nouveau front qui s’ouvre dans la guerre culturelle et commerciale que mène la Maison Blanche contre l’UE.

Les diplomates américains ont donc pour mission de faire pression sur les gouvernements des pays où ils sont en poste pour limiter la portée des législations régulant la gestion des données collectées par les entreprises US. Le RGPD, en place depuis 2018, impose des restrictions sur le transfert des données des Européens à l’étranger, ce qui a débouché sur des amendes contre de grandes sociétés américaines.

La volonté de l’UE de gagner en souveraineté sur tous les plans face à un allié aussi encombrant et peu fiable que les États-Unis pousse effectivement l’Union à renforcer les obligations de maintenir les données sur le territoire européen. Et d’en limiter l’exploitation, notamment pour entraîner des modèles IA. Et c’est le cas aussi pour d’autres pays, comme la Chine. Or, la domination des entreprises américaines dans l’intelligence artificielle s’appuient sur d’immenses volumes de données personnelles.

« Là où l’administration précédente tentait de séduire les clients européens, l’actuelle exige que les Européens ignorent leurs propres règles de protection des données susceptibles de freiner les intérêts commerciaux américains », décrypte Bert Hubert, ancien membre du conseil chargé de superviser les services de renseignement des Pays-Bas.

Marco Rubio avait déjà mobilisé les diplomates américains pour s’opposer au règlement sur les services numériques (DSA), qui impose des règles de transparence et de modération aux grandes plateformes. Peine perdue, mais ce nouveau câble montre que les États-Unis de Donald Trump n’en ont pas terminé avec la régulation européenne : après les contenus, place désormais aux données.

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Source :

Reuters



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