Les opérateurs attendaient 80 MHz de spectre supplémentaire cet été. Ils n’auront rien.
L’Arcep a publié le 7 avril son bilan sur l’avenir de la bande 3,4-3,8 GHz, colonne vertébrale de la 5G en France. Le verdict est net : le segment 3 410-3 490 MHz ne sera pas attribué à Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom cet été comme prévu. Ni à court terme d’ailleurs.
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Pourquoi les fréquences de 2020 empêchent d’en ajouter de nouvelles
Le problème est avant tout technique. Quand les quatre opérateurs ont obtenu leurs lots dans la bande 3,5 GHz en 2020, chacun a reçu entre 70 et 90 MHz de spectre. Ils ont déployé entre 6 500 et 10 100 antennes chacun, calibrées sur ces fréquences précises. Le segment 3 410-3 490 MHz se situe juste en dessous, mais il n’est pas contigu aux blocs existants et cette béance n’est pas anodine.
Un bloc de fréquences continu permet aux antennes d’émettre un signal large et performant. Des blocs séparés obligent les équipements à jongler entre deux plages distinctes. Les débits chutent, la latence augmente. Pour que ces 80 MHz supplémentaires soient exploitables, il faudrait réaménager l’ensemble de la bande. Concrètement : déplacer les fréquences attribuées à chaque opérateur pour créer des blocs continus.
L’Arcep juge l’opération « coûteuse » et techniquement complexe. Les équipements déjà installés sur le terrain ne sont pas tous capables de fonctionner sur des blocs non contigus. Le régulateur avait posé la question aux acteurs du marché lors de sa consultation publique de juillet 2024. La réponse a manifestement confirmé l’impasse. Le spectre existe, mais personne ne peut s’en servir sans tout reconfigurer.
Ce que ça change pour les abonnés 5G
À court terme, rien de visible. Les réseaux 5G actuels continueront de fonctionner avec le spectre déjà attribué. Les réseaux fixes (THD radio et boucle locale radio) occupent encore ce segment. Leurs autorisations pourront être prolongées temporairement au-delà de juillet 2026 pour migrer les derniers abonnés. Les demandes devront être déposées avant le 19 juin 2026.
À long terme, le calendrier se dessine. L’Arcep prépare un réaménagement complet de la bande à l’horizon 2035, date d’expiration des autorisations 5G actuelles. Ce chantier pourrait entraîner une redistribution des fréquences entre opérateurs. Chacun pourrait récupérer des blocs plus larges et continus, condition nécessaire pour exploiter pleinement la 5G avancée.
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Le régulateur ne prend pas cette décision arbitrairement. Cette nouvelle feuille de route suit la stratégie européenne d’harmonisation du spectre. La bande 3,4-3,8 GHz est identifiée par la Commission européenne comme la « bande cœur » de la 5G sur tout le continent. Mais ne parlons non plus d’exception française. D’autres pays européens font face à des contraintes similaires liées aux attributions initiales. Les conséquences d’une installation qui, avec du recul, a dû être précipitée En parallèle, l’Arcep maintient son guichet pour la bande 3,8-4,2 GHz dédiée aux usages professionnels. Les entreprises qui veulent des réseaux 5G privés dans leurs usines ou entrepôts peuvent toujours demander des fréquences locales. Ce volet, lui, n’est pas gelé.
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Source :
Arcep