L’IA générative risque de perdre sa « permission sociale » si elle ne démontre pas son utilité auprès de la société, a expliqué Satya Nadella. À ses yeux, la technologie ne pourra justifier durablement sa voracité énergétique que si elle produit des effets tangibles dans l’économie réelle.
Satya Nadella croit toujours que l’IA générative va transformer en profondeur l’économie et plus largement, la société. Mais le discours est désormais assorti d’une précaution : la technologie pourrait perdre sa « permission sociale » si elle continue de consommer autant d’énergie et d’eau sans démontrer une utilité réelle et profonde.
L’IA consomme trop pour rester inutile
« Nous perdrons très vite jusqu’à la permission sociale d’utiliser une ressource rare comme l’énergie pour générer ces tokens, si ces tokens n’améliorent pas concrètement les résultats en matière de santé, d’éducation, l’efficacité du secteur public ou la compétitivité du secteur privé, dans tous les secteurs, petits comme grands », a-t-il expliqué durant le forum économique de Davos. Dans son esprit, un token est une unité économique qui correspond au calcul réalisé par l’IA, auquel s’ajoutent l’électricité et les infrastructures indispensables au bon fonctionnement de la technologie.
Si ces tokens servent simplement à générer des résumés ou des gadgets peu utiles (comme l’AI slop), alors la société refusera de consacrer autant d’énergie pour cet usage. Pour le CEO de Microsoft, l’enjeu est désormais de transformer ces tokens — et l’énergie consommée — en gains concrets de productivité. Il revient désormais à la société de s’emparer de ces outils : « Du côté de la demande, c’est un peu comme si chaque entreprise devait commencer par s’y mettre », affirme-t-il.
Les entreprises et aussi… les individus. « Les gens doivent pouvoir se dire : “j’acquiers cette compétence en IA, et je deviens un meilleur fournisseur d’un produit ou d’un service dans l’économie réelle” », conclut le dirigeant. À écouter le patron de Microsoft, l’IA serait avant tout un outil dont l’utilité dépendrait presque exclusivement de ceux qui s’en emparent. Une position plutôt confortable pour lui, car ce discours permet à l’industrie de justifier des investissements massifs tout en renvoyant la question des usages concrets à ses clients.
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