L’IA fait gagner de l’argent aux entreprises ? Pour le moment c’est une idée reçue

L'IA fait gagner de l'argent aux entreprises ? Pour le moment c'est une idée reçue



Les entreprises qui succombent aux délices de l’IA générative ne bénéficient pas forcément d’une hausse de leurs revenus, malgré les gains en productivité que cette technologie est censée apporter.

Les entreprises — beaucoup d’entre elles, du moins — n’ont que l’IA générative à la bouche. Vite, il faut intégrer cette nouvelle technologie qui va booster la productivité et le chiffre d’affaires ! Sauf que la réalité est beaucoup plus contrastée. Un rapport Deloitte réalisé auprès de 3 235 dirigeants et cadres supérieurs partout dans le monde montre en effet que 2 entreprises sur 10 seulement ont déclaré une augmentation des revenus grâce à l’IA.

Le mirage de l’explosion des revenus

À l’inverse, 74 % espèrent générer des revenus supplémentaires avec l’IA, sans encore y parvenir. Deloitte souligne que ces nouveaux revenus, tirés des services et produits supplémentaires mis sur le marché, sont l’apanage des entreprises qui mettent en œuvre une transformation profonde de leur activité. Autrement dit : l’IA ne génère pas automatiquement des revenus supplémentaires, il faut y mettre du sien pour que ça rapporte.

Le rapport indique que 60 % des salariés ont désormais sous la main des outils d’IA validés par leur management, c’est 20 points de plus que l’année précédente. Mais dans les faits, ils sont bien moins nombreux à les utiliser réellement au quotidien. Autre écueil : un quart des entreprises seulement sont parvenues à déployer au moins 40 % de leurs projets IA en production. Il se trouve que les tests réalisé en environnement contrôlé sont difficiles à mettre en œuvre dans la pratique en raison de contraintes de sécurité, de conformité et de maintenance, ou encore tout simplement à cause de l’intégration aux systèmes existants.

La majorité des entreprises intègrent en fait l’IA en surface, sans repenser l’activité en profondeur. Les efforts de déploiement portent sur la montée des compétences et la « culture IA », mais beaucoup moins sur la refonte des rôles, des parcours de carrière et des structures hiérarchiques. À l’instar du patron d’Anthropic, Deloitte pointe aussi un risque très sérieux sur les postes d’entrée de carrière qui sont les plus « automatisables » avec l’IA.

Les conclusions de Deloitte ne sont pas isolées. Une enquête récente de PwC montre que seuls 12 % des dirigeants interrogés constataient à la fois une baisse des coûts et une hausse des revenus liée à l’IA. Même la promesse de gains de productivité n’est pas toujours au rendez-vous : une étude de METR indiquait l’an dernier que les outils d’IA pour les développeurs pouvaient, dans certains cas, les rendre moins efficaces qu’attendu.

Le rapport dresse surtout le portrait d’une IA encore mal digérée par les entreprises. Tant qu’elle restera cantonnée à des outils génériques, peu intégrés et mal acceptés par les salariés, elle améliorera peut-être la communication auprès des investisseurs, mais les résultats tangibles ne seront pas au rendez-vous.

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Source :

The Register



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