Mauvaise semaine pour Meta, mais un signal fort pour les victimes des réseaux sociaux. Le groupe de Mark Zuckerberg a été condamné à deux reprises par la justice américaine pour ses manquements dans la protection des mineurs face aux contenus et comportements dangereux.
Au Nouveau-Mexique puis en Californie, Meta a été condamné par la justice dans deux affaires distinctes mais pas si éloignées sur le fond. Dans le premier cas, le géant des réseaux sociaux a été sanctionné ce mardi à verser 375 millions de dollars pour ne pas avoir suffisamment protégé les mineurs contre des contenus et des comportements dangereux.
Deux affaires, un même reproche
Dans le détail, l’affaire du Nouveau-Mexique repose sur des accusations particulièrement lourdes. Le procureur de l’État reprochait à Meta d’avoir induit le public en erreur sur la sécurité de ses plateformes (Facebook, Instagram et WhatsApp), tout en laissant des mineurs exposés à des contenus sexuels et à des prédateurs. Une enquête sous couverture avait notamment montré que de faux comptes d’adolescents recevaient des messages explicites et étaient approchés par des adultes.
Au-delà de ces faits, la justice a aussi pointé le fonctionnement même des services du groupe, accusés de favoriser l’engagement au détriment de la sécurité. Scrolling infini, lecture automatique des vidéos : autant de mécanismes conçus pour capter l’attention, mais soupçonnés d’alimenter des comportements addictifs et des troubles psychologiques chez les plus jeunes. Meta conteste ces conclusions et annonce faire appel, mais cette décision est une étape de plus dans la remise en cause du modèle des réseaux sociaux.
Et la décision du jury de Los Angeles va dans le même sens. Rendu cette nuit, le verdict a reconnu Meta et YouTube négligents dans la conception et l’exploitation de leurs plateformes. La justice a estimé que les entreprises avaient contribué aux troubles psychologiques d’une utilisatrice mineure au moment des faits. La plaignante a décrit une utilisation quasi permanente des réseaux sociaux, associée à de l’anxiété, une dépression et une dégradation de l’image de soi.
Les jurés ont considéré que ni Meta, ni YouTube n’avaient suffisamment alerté sur les risques liés à ces usages intensifs. En conséquence, Meta doit verser la majeure partie des 3 millions de dollars de dommages accordés. Ce verdict pourrait faire jurisprudence et ouvrir la voie à d’autres actions similaires : plus de 1 600 plaintes visant plusieurs plateformes sont déjà en cours aux États-Unis. La question de la responsabilité des réseaux sociaux dans la santé mentale des jeunes utilisateurs est clairement posée, même si Meta et Google se réservent le droit de faire appel.
Longtemps protégé par la fameuse section 230 aux États-Unis, un texte qui limite la responsabilité des plateformes sur les contenus publiés par leurs utilisateurs, Meta va avoir bien du mal à se réfugier sous la protection de ce bouclier. Car les tribunaux semblent désormais prêts à examiner de plus près les mécanismes mêmes qui rendent ces services si addictifs, et parfois problématiques.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.