Pour le patron de l’IA de Microsoft, Mustafa Suleyman, les performances de l’IA seront équivalentes à celles des humains dans la plupart des tâches professionnelles d’ici 18 mois.
Lors d’une récente entrevue accordée au Financial Times, Mustafa Suleyman, à la tête de la division IA de Microsoft, n’y est pas allé par quatre chemins. Selon lui, les solutions d’intelligence artificielle maîtriseront la quasi-totalité des tâches intellectuelles d’ici un an et demi. Avocats, comptables, chefs de projet ou spécialistes du marketing risquent de voir leur quotidien radicalement bouleversé. Qui aurait cru qu’une telle révolution frapperait si vite ?
Le dirigeant se montre d’ailleurs très clair sur ce calendrier serré : « La plupart de ces tâches seront entièrement automatisées par une IA d’ici les 12 à 18 prochains mois », assène-t-il, ciblant directement les professionnels assis derrière un écran.
Les développeurs informatiques en première ligne
Cette métamorphose est loin d’être de la science-fiction. L’ingénierie logicielle vit déjà ce séisme de l’intérieur. De plus en plus de développeurs s’appuient massivement sur l’IA pour générer leur code, transformant de fait leur rôle vers plus d’analyse et d’architecture système.
« Aujourd’hui […] nous avons des modèles qui peuvent mieux coder que la grande majorité des codeurs, voire que tous à ce jour », assure Mustafa Suleyman dans les colonnes du quotidien britannique. Un constat partagé au plus haut niveau de l’entreprise : comme le souligne BFMTV, Satya Nadella (PDG de Microsoft) confiait récemment que 20 à 30 % du code interne est déjà écrit par la machine. Un chiffre qui pourrait même grimper à 95 % d’ici 2030. Le secret de cette fulgurance viendrait de la démultiplication de la puissance de calcul.
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« Au cours des 15 dernières années, la puissance de calcul utilisée pour l’entraînement des modèles a été multipliée par mille milliards. Dans les trois prochaines années, elle sera encore multipliée par mille », affirme le dirigeant de la firme de Redmond.
Entre licenciements et gains de productivité : où va-t-on ?
Faut-il pour autant s’attendre à un chômage de masse ? Le contexte donne des sueurs froides. En 2025, Microsoft a déjà licencié près de 15 000 personnes (dont 10 % des employés de Microsoft France), tout en déployant activement ses propres outils d’automatisation en interne.
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Pourtant, la réalité du terrain est un peu plus nuancée. D’après un récent rapport de Thomson Reuters sur l’IA dans les services professionnels, ces outils s’attaquent pour l’instant aux tâches chronophages et à très faible valeur ajoutée. Dans les cabinets juridiques, l’IA sert principalement à la recherche (80 %), l’analyse (74 %) et le résumé de documents (73 %). L’humain garde donc, pour le moment, le volant de la prise de décision.
Microsoft s’émancipe d’OpenAI pour créer du « sur-mesure »
Pour soutenir cette vision, la firme de Redmond veut voler de ses propres ailes. Fini la dépendance totale à OpenAI (le créateur de ChatGPT). Le géant américain vise désormais la « véritable autosuffisance » en développant ses propres modèles fondateurs géants, poussés par des dépenses d’infrastructure faramineuses estimées à 140 milliards de dollars pour l’année en cours.
Microsoft vise une IA si facile à modeler que « créer un nouveau modèle sera aussi simple que de créer un podcast ou d’écrire un blog ». Pour rassurer face à cette toute-puissance technologique, la firme plaide pour une « superintelligence humaniste », destinée à servir l’humanité, notamment pour soulager les hôpitaux en crise. Reste à savoir si cette belle promesse suffira à calmer les angoisses légitimes des travailleurs.
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