Myrient, un service de « préservation de jeux vidéo » autoproclamé et l’une des plus grandes archives de ROMs du web, cessera ses activités le 31 mars 2026. Lancé en 2022, le site s’est rapidement imposé comme une référence grâce à sa bibliothèque colossale de plus de 390 téraoctets de collections organisées, le tout sans publicité, sans inscription et sans mur payant. Mais ce modèle, basé sur la bonne volonté et les dons, a fini par se heurter à une dure réalité économique.
Pourquoi les finances sont-elles devenues un problème insurmontable ?
La raison principale de cet arrêt est purement financière. Alexey, l’unique opérateur du site, a révélé qu’il payait de sa poche un déficit mensuel de plus de 6 000 dollars pour maintenir les serveurs en ligne. Alors que le trafic sur Myrient ne cessait d’augmenter au cours de la dernière année, le montant des dons, lui, est resté désespérément stable. Une situation tout simplement intenable sur le long terme.
Cette charge financière est devenue un fardeau impossible à porter pour un projet personnel. Les coûts d’hébergement ont explosé, transformant une initiative passionnée en un gouffre financier. L’équation était simple mais brutale : sans une augmentation significative des contributions de la communauté, le projet était condamné.
Quels facteurs externes ont aggravé la situation ?
Au-delà du déséquilibre financier, des pratiques abusives ont sapé le modèle de Myrient. Alexey a dénoncé l’émergence de « download managers » spécialisés, souvent payants, qui contournaient complètement le site, ses messages de soutien et ses protections. Ces outils permettaient une exploitation commerciale des contenus de Myrient, une pratique pourtant formellement interdite par les conditions d’utilisation du service.
De plus, la flambée des prix de la RAM, des SSD et des disques durs, alimentée par la demande insatiable des centres de données IA, a porté le coup de grâce. Cette hausse a directement impacté les frais d’hébergement et rendu les mises à niveau nécessaires de l’infrastructure prohibitive. Une utilisation abusive et flagrante qui a contribué à précipiter cette fermeture.
Quel est l’impact de cette disparition pour le rétrogaming ?
La perte de Myrient est bien plus que la simple disparition d’un site de téléchargement. C’était un projet de préservation du jeu vidéo d’une ampleur considérable. Contrairement à d’autres archives, chaque fichier était soigneusement vérifié et comparé à une somme de contrôle d’une copie saine connue, via des collections de référence comme No-Intro et Redump. Cette rigueur garantissait l’intégrité des données pour les passionnés et les chercheurs.
Cette disparition représente un coup dur pour la communauté du rétrogaming et la préservation du patrimoine vidéoludique. Alexey a demandé aux utilisateurs de télécharger tout le contenu qu’ils jugent important avant la date butoir, soulignant la fragilité de ces archives maintenues par des passionnés face aux réalités économiques et aux abus.
Foire Aux Questions (FAQ)
Que va-t-il advenir de Myrient après le 31 mars 2026 ?
Le site sera complètement mis hors ligne. Depuis le 26 février, plus aucun nouveau contenu ne peut être ajouté. Les utilisateurs ont jusqu’à la date de fermeture pour télécharger les archives qu’ils souhaitent conserver. Les dons reçus après cette date seront redirigés vers hShop, un projet similaire pour la 3DS.
Quelles sont les causes exactes de cette fermeture ?
La décision est motivée par une combinaison de trois facteurs majeurs : un déficit financier mensuel de plus de 6 000 $, l’exploitation abusive du service par des gestionnaires de téléchargement commerciaux et la hausse spectaculaire des coûts du matériel (RAM, SSD) due à la demande des centres de données pour l’IA.
Est-ce que d’autres projets de préservation sont menacés ?
Bien que chaque projet ait sa propre structure, le cas de Myrient met en lumière les défis auxquels font face les archives communautaires. La dépendance aux dons et la hausse des coûts d’infrastructure sont des menaces communes qui pèsent sur de nombreuses initiatives de préservation numérique dépendantes de la bonne volonté de leurs créateurs et utilisateurs.
