notre avis sur la liseuse couleur

notre avis sur la liseuse couleur


Kobo franchit un cap avec la Clara Colour, sa première liseuse d’entrée de gamme à écran couleur. Proposée à 170 euros (régulièrement en promotion à 150 euros), elle vient se positionner face à un marché encore timide sur la couleur. Surtout, qu’il s’agisse d’Amazon ou de PocketBook, les tarifs de leurs modèles couleurs sont nettement supérieurs, au-delà de 200 euros et plutôt proche de 300.

L’écran couleur de la Kobo Clara Colour. © JSZ — 01net.com

La Clara Colour se veut donc la porte d’entrée vers la lecture numérique en couleur : offrir la technologie E Ink Kaleido 3 de dernière génération sans se ruiner. Reste à savoir si cette couleur apporte une réelle valeur ajoutée sur un écran de 6 pouces, format traditionnellement dédié aux romans. Car c’est bien là tout l’enjeu : Kobo parvient-il à justifier ces 20 euros supplémentaires par rapport à sa version noir et blanc, la Clara BW ?

Un design sobre qui cache bien son jeu

Au déballage, la Kobo Clara Colour ne cherche pas à impressionner, dans la droite ligne de la démarche vertueuse affichée par Kobo. Car cette machine est fabriquée en partie avec du plastique recyclé et issu de déchets océaniques, un argument qui mérite d’être souligné.

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Le dos de la Kobo Clara Colour. © JSZ — 01net.com

Côté dimensions, on retrouve le gabarit compact habituel des liseuses 6 pouces : 160 x 112 x 9,2 mm pour 174 grammes. C’est léger ; on peut la glisser dans n’importe quel sac, voire dans une grande poche de veste et l’oublier jusqu’au moment de sortir son livre. Le design reprend celui de la Clara BW, avec son bouton marche/arrêt placé au dos de l’appareil, un choix ergonomique qui peut dérouter au début, mais auquel on finit par s’habituer. N’étant pas situé sur une tranche, impossible de l’activer sans faire exprès. Un bon point.

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Le bouton d’alimentation situé au dos de la Kobo Clara Colour. © JSZ — 01net.com

La qualité de fabrication est globalement satisfaisante, même si l’on note que la coque arrière sonne un peu creux. Rien de dramatique, mais on est loin de la sensation premium que pourrait offrir un concurrent comme Amazon avec ses Kindle haut de gamme. En revanche, la certification IPX8 constitue un vrai plus : la Clara Colour peut survivre à une immersion jusqu’à 2 mètres pendant une heure. De quoi lire tranquillement au bord de la piscine ou dans son bain sans craindre l’accident. Pas de résistance à la poussière en revanche, gare donc aux séances de lectures estivales sur une plage de sable fin.

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Le plastique texturé de la Kobo Clara Colour permet une bonne tenue en main. © JSZ — 01net.com

Une interface rodée, des fonctionnalités inégales

Le logiciel qui anime les liseuses Kobo n’a pas changé et c’est tant mieux. L’interface reste simple, intuitive, pensée pour ceux qui veulent avant tout lire sans se prendre la tête. Dès l’allumage, on retrouve sa bibliothèque avec les couvertures affichées en couleur ; c’est bien là que l’écran Kaleido 3 montre son premier intérêt. Voir ses livres avec leurs vraies couvertures colorées plutôt qu’en niveaux de gris change agréablement la perception de sa collection numérique.

Les options de personnalisation sont nombreuses et bien pensées. On peut choisir parmi 13 polices différentes, ajuster la taille des caractères, l’interligne, les marges, activer le mode sombre… Tout y est pour adapter la lecture à ses préférences. L’éclairage ComfortLight Pro fait son travail avec application, réduisant automatiquement la lumière bleue au fil de la journée pour préserver les yeux lors des sessions nocturnes. C’est efficace et on ne se fatigue pas, même après plusieurs heures de lecture.

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Les paramètres d’affichage de la Kobo Clara Colour. © JSZ — 01net.com

La grande nouveauté apportée par la couleur, c’est le surlignage multicolore. Exit le jaune unique des liseuses noir et blanc : on peut désormais marquer ses passages favoris en quatre couleurs différentes. Pour les lecteurs qui annotent beaucoup ou étudient leurs textes, c’est un vrai confort. Catégoriser ses notes devient enfin possible, comme on le ferait avec de vrais surligneurs sur un livre papier.

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Les paramètres de lecture de la Kobo Clara Colour. © JSZ — 01net.com

Malheureusement, toutes les fonctionnalités ne sont pas au même niveau. Le carnet de croquis intégré se révèle décevant : impossible de modifier ses notes après sauvegarde, et surtout, il n’est pas compatible avec le stylet Kobo. Difficile de le considérer comme un véritable outil de prise de notes dans ces conditions. Autre absence frustrante : la synchronisation avec Google Drive et Dropbox, pourtant disponible sur les modèles plus onéreux comme la Libra Colour. Pour transférer ses fichiers, il faudra donc passer par le bon vieux câble USB-C.

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Les options proposées par la Kobo Clara Colour au surlignage d’un mot. © JSZ — 01net.com

La compatibilité avec les formats de fichiers reste en revanche un point fort de Kobo : EPUB, PDF, MOBI, CBZ, CBR, TXT, HTML… La liste est longue et permet d’ouvrir pratiquement n’importe quel type de document. Pour les livres audio Kobo, la connexion Bluetooth fonctionne correctement, même si l’absence de haut-parleur intégré oblige à posséder un casque ou une enceinte sans fil. Mais soyons honnêtes : qui utilise vraiment sa liseuse pour écouter des livres audio quand son smartphone fait très bien le boulot ?

La couleur : séduisante en théorie, limitée en pratique

Venons-en au cœur du sujet : cet écran E Ink Kaleido 3 de 6 pouces. Sur le papier, les spécifications sont alléchantes : 1 448 x 1 072 pixels, 300 ppp en noir et blanc, 150 ppp en couleur, capable d’afficher jusqu’à 4 096 couleurs. Dans la réalité, le résultat est plus nuancé.

Pour la lecture de romans classiques en noir et blanc, autant être direct : c’est sensiblement moins bon qu’une Clara BW. Logique, puisque la couche de filtre couleur assombrit légèrement l’écran et réduit le contraste. On sent que l’ajout de la couleur a un coût en termes de qualité d’affichage noir et blanc.

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La Kobo Clara Colour est plutôt bien adaptée aux mangas. © JSZ — 01net.com

Kobo a tenté de compenser ce handicap avec un système d’éclairage très précis qui permet de pousser la luminosité pour retrouver un bon contraste. En pratique, cela fonctionne : avec un éclairage réglé autour de 70-80 %, l’affichage devient très satisfaisant et permet de profiter pleinement de ses lectures sans avoir l’impression de lire sur un écran terne. Poussé à 100 %, le contraste devient même très marqué, au prix toutefois d’un éclairage qui peut paraître trop agressif.

Les couvertures de livres s’affichent quant à elles en couleurs, mais révèlent des écarts importants par rapport aux originales. Soyons clairs : on est très loin de la vivacité d’un écran LCD ou OLED. Les couleurs apparaissent fades, pâlichonnes, presque délavées. C’est le prix à payer pour conserver les avantages de l’encre électronique.

BD et mangas : le format 6 pouces montre ses limites

Peut-on lire des bandes dessinées sur la Clara Colour ? Techniquement oui, mais honnêtement, non. L’écran de 6 pouces est tout simplement trop petit pour profiter d’une planche de BD dans de bonnes conditions. Les pages s’affichent en entier, certes, mais pour lire le texte des bulles, il faut zoomer. Et là, c’est le drame.

Le processeur dual-core à 2 GHz, suffisant pour faire défiler du texte noir et blanc, montre rapidement ses limites avec les contenus colorés. Le zoom n’est pas fluide, il faut écarter deux doigts sur l’écran comme sur un smartphone, mais avec beaucoup moins de précision. Et surtout, il y a de la latence : entre 1 et 2 secondes avant que le grossissement ne s’applique et que la page ne se rafraîchisse. Parcourir une BD d’une trentaine de planches devient vite une épreuve de patience qui finit par agacer bien avant la fin de l’album.

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Pour la BD classique, l’écran 6 pouces de la Kobo Clara Colour montre ses limites. © JSZ — 01net.com

Les mangas s’en sortent mieux, leur format poche correspondant davantage à la diagonale de 6 pouces. Le noir et blanc reste d’une excellente précision avec les 300 ppp, et les éventuelles touches de couleur dans les couvertures ou pages spéciales ressortent correctement. Pour les gros consommateurs de mangas numériques, la Clara Colour peut convenir, à condition d’accepter des couleurs moins éclatantes que sur papier.

Pour les PDF techniques ou les magazines, le constat est similaire : ça fonctionne, mais la navigation dans les pages reste poussive dès qu’il faut zoomer ou se déplacer rapidement dans des formats A4. Cette liseuse est avant tout pensée pour les ebooks, pas pour les contenus complexes nécessitant des manipulations fréquentes.

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