Shokz s’est fait un nom avec ses écouteurs à conduction osseuse, mais c’est bien avec la conduction aérienne que la marque semble vouloir écrire son avenir. Après les OpenFit 2 sortis en 2025, voici les OpenFit Pro, une version haut de gamme qui promet de franchir un nouveau cap.
Au programme : une architecture acoustique révolutionnaire avec un transducteur à double membrane, une réduction de bruit active (une première sur ce format) et des matériaux premium. Pour 250 euros, soit 50 euros de plus que les OpenFit 2+, Shokz affirme proposer les meilleurs écouteurs ouverts du marché. Notre avis après de multiples utilisations.
Un design plus raffiné qui inspire la montée en gamme
Dès la sortie du boîtier, on constate que Shokz a voulu marquer le coup avec ces OpenFit Pro. Exit le plastique omniprésent des versions précédentes : le corps acoustique est désormais usiné dans un bloc d’aluminium, une première pour la marque. Cette évolution confère aux écouteurs une allure nettement plus élégante, avec un profil plus fin et allongé qui tranche avec l’aspect sportif assumé des OpenFit 2.
Les coques arborent désormais de multiples grilles sur leur face extérieure, remplaçant le logo saillant des générations précédentes. Plus discrètes à l’oreille, elles s’alignent mieux avec les crochets tour d’oreille, créant une silhouette plus droite et raffinée. Le silicone reste évidemment présent sur toutes les surfaces en contact avec la peau, garantissant le confort qui a fait la réputation de la gamme.

Cette montée en gamme se paie toutefois au prix fort : 12,3 grammes par écouteur contre 9,4 grammes pour les OpenFit 2. Un alourdissement notable qui place ces écouteurs dans la tranche haute du marché. La faute notamment aux nouveaux compartiments en plastique situés à l’extrémité des crochets, destinés à accueillir des batteries plus généreuses. Ces ajouts accentuent malheureusement la visibilité des marques d’assemblage, déjà assez nombreuses.

Le boîtier de charge suit la même logique premium. Plus large que celui des OpenFit 2 pour éviter le chevauchement des crochets à l’intérieur, il arbore un contour en aluminium anodisé et des charnières invisibles particulièrement solides. La finition mate est réussie, même si elle s’avère plus salissante et glissante que la précédente. Avec ses 99 grammes (contre 56 grammes auparavant), c’est le boîtier le plus lourd du marché. Un poids qui se fait sentir même dans la poche intérieure d’une veste, de quoi dissuader les amateurs de minimalisme. On apprécie néanmoins la compatibilité avec la charge sans fil et la présence d’un câble USB-C dans la boîte.
Côté résistance, la certification IP55 reste correcte pour un usage quotidien et sportif modéré, mais un peu juste face à certains concurrents qui proposent de l’IP57.
Des commandes physiques pensées pour le sport
Shokz a fait le choix de conserver un bouton physique unique sur chaque écouteur, placé sur la tranche supérieure des coques. Une décision judicieuse pour des écouteurs qui visent aussi les sportifs : contrairement aux surfaces tactiles, ce système fonctionne parfaitement avec des mains mouillées ou gantées, sans risque d’activation involontaire sous la pluie. Le bouton, désormais en relief et entièrement étanche, gagne en ergonomie par rapport aux OpenFit 2.
Toutes les commandes essentielles sont accessibles, y compris avec un seul écouteur : un appui simple pour lecture/pause et gestion des appels, doubles et triples pressions pour changer de piste, appui long pour basculer entre les modes de réduction de bruit. Le réglage du volume nécessite en revanche un appui court suivi d’un appui prolongé, une manipulation moins intuitive qu’un simple appui long comme sur les anciens modèles.

Dans l’absolu, nous aurions apprécié plus de personnalisation des commandes. Impossible par exemple d’intervertir le contrôle du volume et le basculement des modes ANC ou d’assigner une action à l’activation du Dolby Atmos. Des limitations que Shokz pourrait corriger via une mise à jour logicielle.
Bonne nouvelle toutefois : les OpenFit Pro intègrent enfin des capteurs de port, absents des versions précédentes. Le système se montre fiable et réactif, mettant automatiquement en pause la lecture lorsqu’on retire un écouteur. Les commandes sont confirmées par des alertes sonores caractéristiques de Shokz.
Une application qui s’enrichit enfin
Jusqu’ici, l’application Shokz ne brillait pas par sa richesse fonctionnelle. Les OpenFit Pro marquent un tournant avec l’arrivée de plusieurs nouveautés bienvenues. On retrouve désormais un égaliseur à 10 bandes (contre 5 auparavant), la gestion de l’ANC avec réglage d’intensité, un mode audio spatial Dolby avec suivi des mouvements de tête et même un mode « Privé » réduisant les fuites sonores typiques de ces écouteurs ouverts. 
S’ajoutent la gestion de la détection de port, la localisation des écouteurs via une alerte sonore, un mode basse latence et l’activation du multipoint. L’interface reste intuitive et l’ensemble forme un tout cohérent qui rend enfin l’application véritablement utile.
Côté connectivité, les OpenFit Pro embarquent une puce Bluetooth 6.1, contre 5.4 pour les OpenFit 2. Shokz n’en tire toutefois pas pleinement parti puisqu’il n’y a pas de compatibilité LE Audio. On doit donc se contenter des basiques codecs SBC et AAC. L’architecture ouverte rend certes inutile la présence de codecs haute résolution comme le LDAC, mais on aurait apprécié davantage d’ambition sur ce point.
La gestion du multipoint s’avère en revanche irréprochable, avec un passage fluide d’une source à l’autre sans déconnexion intempestive. La connexion s’est montrée très stable durant nos tests, avec une bonne portée et quelques rares bugs de compensation de latence.
Une réduction de bruit quasi anecdotique
C’est la grande nouveauté des OpenFit Pro : une réduction de bruit active, une première pour des écouteurs à conduction aérienne chez Shokz. Sur le papier, l’exploit technique est impressionnant. Dans les faits, c’est une autre histoire.
Le principe même de la conduction aérienne s’adresse aux personnes qui souhaitent rester conscientes de leur environnement. L’absence totale d’embouts signifie l’absence d’isolation passive, rendant l’ANC extrêmement complexe à mettre en œuvre. Dans le genre, seuls les AirPods 4 d’Apple parviennent à un résultat relativementcorrect, grâce à leurs chambres acoustiques qui viennent se loger dans le creux de l’oreille.

Shokz exploite le transducteur imposant des OpenFit Pro ainsi qu’un ensemble de microphones, dont deux pour la rétroaction. Concrètement, le système parvient à atténuer légèrement les bruits sourds du quotidien comme les résonances urbaines ou un bruit de ventilation en intérieur. Il peut aussi réduire certains sons très spécifiques dans la rue.
Au-delà, le système perd toute efficacité. Les conversations environnantes, les sirènes, les grincements restent pleinement audibles. Pire : certaines fréquences basses sont exacerbées. Les grondements d’un bus à l’arrêt ou le roulement d’un véhicule deviennent parfois plus perceptibles qu’en l’absence d’écouteurs. Ce manque d’homogénéité génère également une légère sensation de pression à l’activation de l’ANC, qui s’estompe après quelques instants, ainsi qu’un léger bruit de fond artificiel constant.

En pratique, cette isolation active se révèle presque anecdotique. Elle peut être utile pour gagner en concentration dans un endroit calme, mais ne constitue certainement pas un argument d’achat face aux OpenFit 2. En élargissant la gamme de fréquences traitées et en optimisant l’intensité, il y aurait peut-être quelque chose à faire pour une future version.
Le kit mains-libres se montre en revanche plus convaincant. Les trois microphones par oreillette, soutenus par un algorithme de réduction des bruits ambiants, permettent une captation relativement naturelle en milieu calme. En environnement bruyant, la voix peut sembler un peu étouffée avec un aspect légèrement robotique et chuintant, mais l’intelligibilité reste parfaitement au rendez-vous. Les bruits environnants sont efficacement atténués, rendant le système amplement suffisant au quotidien.
Une révolution dans les basses pour un format ouvert
C’est ici que les OpenFit Pro justifient pleinement leur surcoût. Shokz abandonne la conception deux voies des OpenFit 2 pour un nouveau principe baptisé SuperBoost : deux transducteurs large bande de 20 x 11 mm montés dos à dos. Cette disposition, similaire à celle utilisée dans certains caissons de basses, vise à optimiser la réponse dans les graves.

Le résultat est spectaculaire pour des écouteurs ouverts. Les OpenFit Pro parviennent à délivrer un grave incroyablement audible, une véritable prouesse dans cet univers. Ils profitent également d’une accentuation bien gérée des basses, qui pallie les limites du format non isolant en empêchant le médium et l’aigu de prendre le dessus.
Avec une petite bosse dans les bas-médiums qui confère de la rondeur au son, ces écouteurs offrent ce qui manquait cruellement au format : de l’assise. Les basses ne sont évidemment pas aussi précises que sur de bons écouteurs intra-auriculaires — les grosses caisses manquent d’un peu d’impact et l’ensemble paraît souvent plus punchy que réellement profond. Mais la différence avec les OpenFit 2 et tout le reste de la concurrence est flagrante.
Le point fort de cette architecture se révèle surtout à volume élevé. Là où les OpenFit 2 décrochaient rapidement au-delà de 80 dB, obligeant Shokz à atténuer l’aigu pour éviter un rendu trop agressif, les OpenFit Pro maintiennent leur équilibre sans compression notable. Il faut atteindre leur volume maximal pour constater une atténuation des basses. Cette tenue remarquable permet de contrebalancer les aigus qui, sur ce type d’écouteurs, ont tendance à prendre rapidement le dessus.

Cette extension supérieure rééquilibre naturellement le reste du spectre. Le médium se montre clair et naturel, sans excès dans le bas médium. Les voix et éléments sonores intenses (caisses claires, guitares) bénéficient d’une restitution plutôt transparente. L’aigu, rehaussé pour offrir un bon niveau de détail, ne pâtit d’aucun défaut rédhibitoire : le tuning évite aussi bien l’accentuation des sibilances que les excès de brillance.
Le traitement Dolby Atmos disponible dans l’application (avec ou sans suivi des mouvements de tête) reste subtil, ne dénaturant pas les morceaux sans les transcender non plus. L’idée est de projeter la scène vers l’avant pour une écoute plus proche d’enceintes. Le traitement s’avère surtout efficace sur les pistes vidéo, car il n’exacerbe pas la réverbération.

Quelques points d’attention tout de même, les OpenFit Pro laissent beaucoup fuiter le son vers l’extérieur, ce qui peut être dérangeant pour l’entourage. Le mode « Privé » atténue les basses et les aigus pour réduire le phénomène, sans miracles, mais peut être suffisant pour écouter à 50 % du volume avec davantage de discrétion.
Évidemment, ces écouteurs ne peuvent prétendre rivaliser avec de bons modèles à embouts isolants. Mais dans leur catégorie, ils représentent ce qui se fait de mieux. Pour espérer un rendu supérieur sur un format ouvert, il faut se tourner vers les écouteurs plus classiques comme les AirPods 4 ou les Samsung Buds3.
Une autonomie correcte, mais dépendante du volume
Sur le papier, Shokz promet 12 heures sans réduction de bruit et 6 heures avec. Dans les faits, l’autonomie dépend énormément du niveau sonore, bien plus que sur tout autre format d’écouteur.

À volume modéré (60 %), sans ANC, on atteint facilement 13 à 14 heures en conditions optimales (intérieur ou extérieur calme). Dans une rue classique nécessitant de pousser le volume, cette performance retombe autour de 10 heures. Avec la réduction de bruit activée dans les mêmes conditions, l’autonomie chute à moins de 6 heures, un résultat légèrement en dessous de la moyenne du marché et un peu décevant compte tenu de l’efficacité limitée de l’ANC.
Le boîtier ajoute environ trois charges supplémentaires, permettant d’atteindre jusqu’à 50 heures dans le meilleur des cas. Des performances correctes, sans être exceptionnelles pour un format de cette taille et de ce poids.
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