Le vieux réseau de téléphonie mobile 2G va peu à peu disparaître. Si vous ressortez un iPhone de première génération ou un vieux Nokia, il y a de fortes chances qu’il ne capte plus rien dans ces zones.
C’est la fin d’une époque. Comme prévu de longue date, Orange a officiellement commencé à éteindre son réseau 2G le mardi 31 mars dans 28 communes, dont Bayonne, Biarritz et Anglet. Derrière cette transition technologique locale qui rend certains terminaux obsolètes se cache une réalité beaucoup plus complexe pour des millions d’appareils connectés à travers le pays.
La nostalgie laisse place à l’urgence sécuritaire
Le réseau 2G, lancé dans les années 1990, a aussi accompagné les débuts de l’iPhone, présenté par Apple en 2007 avec la prise en charge de l’EDGE. L’heure est désormais venue de tourner la page. Orange est le premier à débrancher la prise, ce qui impacte également les abonnés de Free puisque l’entreprise utilise les antennes du numéro un français. Dans ces zones géographiques précises, les clients équipés de terminaux uniquement compatibles 2G ne peuvent plus utiliser cette technologie pour téléphoner ou surfer sur le Web.
SFR et Bouygues Telecom vont suivre le mouvement à partir du 15 novembre pour aboutir à une fermeture totale sur tout le territoire d’ici la fin du mois de décembre 2026. L’impact direct sur les usagers de cette première phase reste pourtant très mesuré. Sur les 28 communes visées par l’extinction, Orange précise que 1 900 clients sont encore sur sa 2G, ce qui représente 500 particuliers, 100 professionnels, ainsi que 1 300 dispositifs connectés.
Des équipements invisibles menacés
Le véritable défi de cette extinction programmée se cache en fait dans les infrastructures de notre quotidien. À la fin de l’année 2025, l’Autorité de régulation des télécoms comptait encore 2,4 millions de cartes SIM actives sur les réseaux 2G en France. Ces puces équipent une multitude de dispositifs dont certains s’avèrent très sensibles. Il s’agit concrètement des systèmes de télésurveillance, des alarmes dans les ascenseurs, des boutons d’appel d’urgence dans les voitures, des bracelets de téléassistance pour les personnes âgées ou encore de certains modules informatiques de distribution d’eau et d’énergie.
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Face à cet enjeu, une dizaine de fédérations professionnelles ont envoyé une lettre d’alerte à l’Arcep en janvier pour dénoncer des conséquences potentiellement préjudiciables. Ces lobbys considèrent que les opérateurs ne leur ont pas laissé assez de temps pour migrer les appareils vers des réseaux plus récents comme la 4G ou la 5G. Cité par Le Monde, Brice Brandenburg, responsable des affaires publiques de l’Alliance des solutions électriques et numériques du bâtiment, regrette une « inertie des clients » et pointe directement du doigt la responsabilité des fournisseurs d’accès :
« Ils ne sont pas conscients de la fermeture de la 2G du fait d’un manque de communication des opérateurs ».
Un calendrier progressif mais inéluctable
En face, les opérateurs télécoms et la Fédération française des télécoms jugent ces craintes infondées et assurent que les professionnels ont tous été dûment prévenus dès 2022. La déconnexion se fera d’ailleurs de manière très progressive pour éviter les pannes massives. Après ce premier test grandeur nature dans les Pyrénées-Atlantiques, Orange coupera le signal dans les Landes le 12 mai, avant de s’attaquer à une zone beaucoup plus vaste incluant l’Ariège, la Haute-Garonne ou le Lot-et-Garonne le 9 juin.
De son côté, Bouygues Telecom débutera son extinction mi-novembre dans des villes comme Brest et Nancy. Il ne reste donc plus que quelques mois aux propriétaires d’appareils connectés pour migrer vers la 4G ou la 5G avant le grand silence numérique. Les plus prévoyants devront également se préparer à la prochaine étape inévitable, puisque la 3G tirera à son tour sa révérence entre 2028 et 2029.
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