Les menaces de Donald Trump ? C’est loin d’être fini, estime Emmanuel Macron qui, dans un entretien accordé à plusieurs médias dont Le Monde, plaide pour investir massivement à 27 dans l’IA, le quantique et la défense, notamment via un emprunt commun. Le président estime qu’il faudrait investir près de 1 200 milliards d’euros chaque année dans des secteurs clés.
« Ce doit être le moment du réveil » : dans un entretien accordé à plusieurs médias européens dont Le Monde, ce mardi 10 février, Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne (UE) à investir conjointement dans des secteurs clés de la tech : la défense, l’intelligence artificielle (IA) et le quantique. À deux jours d’un sommet des dirigeants européens consacré à la compétitivité, le chef de l’État français a plaidé pour que les 27 pays de l’UE lancent « une capacité commune d’endettement pour ces dépenses d’avenir, des eurobonds d’avenir ».
L’objectif : que l’UE devienne une véritable puissance économique mondiale. « Dans un moment de course à l’investissement technologique, c’est une faute profonde que de ne pas utiliser cette capacité d’endettement », a souligné Emmanuel Macron, avançant qu’il faudrait investir chaque année près de 1 200 milliards d’euros. En parallèle, « il faut protéger notre industrie » et adopter une politique de « préférence européenne » dans des secteurs stratégiques « comme les cleantechs, la chimie, l’acier, l’automobile ou la défense », a-t-il poursuivi.
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« Si l’UE ne fait rien, elle sera balayée des secteurs stratégiques » de l’IA, du quantique, de la sécurité et de la défense
« On a trois batailles à mener, dans la sécurité et la défense, dans les technologies de transition écologique, et dans l’intelligence artificielle et le quantique. Dans tous ces domaines, on investit beaucoup moins que la Chine et les Etats-Unis. Si l’UE ne fait rien dans les trois à cinq ans, elle sera balayée de ces secteurs. Et cet investissement, si on veut qu’il préserve le marché intérieur, qu’il ne le fragmente pas un peu plus, il ne faut pas le renvoyer aux nations. Ce doit être un investissement conjoint », a-t-il déclaré, chez nos confrères.
Depuis le rapport Draghi de septembre 2024 qui appelait déjà à un sursaut, « la situation s’est profondément aggravée ». Non seulement les États-Unis ont imposé des droits de douane, mais « la Chine est devenue un concurrent de plus en plus féroce ». « Nous avons une double crise : le tsunami chinois sur le plan commercial et l’instabilité à la microseconde du côté américain », a avancé Emmanuel Macron.
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« Affirmer que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre (…), c’est ça la souveraineté »
Évoquant « les menaces et les intimidations » de Donald Trump, le président prévient que « c’est loin d’être fini » : « chaque jour, [il y a de nouvelles] menaces sur (…) le numérique… ». « Les États-Unis vont, dans les mois à venir – c’est certain – nous attaquer au sujet de la réglementation numérique », a-t-il ajouté, cité cette fois par le Financial Times. La France et l’Espagne pourraient être ciblées pour leurs velléités à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans – une règle en cours d’adoption à l’Assemblée nationale, pour la France.
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L’Europe est désormais confrontée à une administration Trump qui est « ouvertement anti-européenne », « méprisante » envers l’UE et « souhaite son démembrement », estime Emmanuel Macron, dans les colonnes du média économique.
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Or, « pour les Européens, affirmer que le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre, que les émotions de nos enfants ne doivent pas être monétisées par les grandes plateformes américaines ou chinoises, c’est ça la souveraineté. Et c’est ça, une Europe forte. »
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