Le métavers coûtait trop cher et courait trop de lièvres à la fois : c’est ce qui explique la purge récente avec ses centaines de suppression de postes des Reality Labs, a expliqué le patron du matériel chez Meta.
La réalité virtuelle et le métavers ont pris un coup sur la tête en début d’année, avec 1 000 postes supprimés au sein de la division Reality Labs, impliquant au passage le sacrifice de la VR professionnelle. Les Reality Labs sont en charge du développement de ces technologies chez Meta, ainsi que de la gamme de casques Quest et des lunettes Ray-Ban.
Meta a couru trop de lièvres virtuels à la fois
Pour justifier cette coupe claire, Meta a avancé mettre davantage l’emphase sur ces fameuses lunettes connectées qui ont deux avantages : c’est un succès au niveau des ventes, et elles mettent en valeur l’IA du groupe. Pour le métavers et la VR par contre, l’avenir est bien moins brillant ; Meta a ainsi fait fermer trois studios internes de développement de jeux en VR.
Depuis plusieurs mois maintenant, la rumeur annonçait l’orage pour les Reality Labs : malgré plus de 70 milliards de dollars engloutis par le groupe depuis 2021, la révolution du métavers a fait pschiiit. Andrew Bosworth, le directeur technique de l’entreprise, veut quand même donner une nouvelle chance à la vision de son patron Mark Zuckerberg : Horizon Worlds, l’ersatz de métavers développé en interne, va continuer à évoluer mais d’abord pour les smartphones.
La version mobile de l’app a été lancée en 2023. « Devoir tout développer deux fois — une première pour le mobile, une seconde pour la VR — représente une charge énorme pour l’équipe », a-t-il expliqué la semaine dernière à Davos. « Mieux vaut d’abord se constituer une audience massive, puis avancer depuis une position de force. » Meta a identifié les plateformes mobiles comme un secteur en forte croissance pour le métavers.
« Comme pour tout investissement, on observe les résultats sur plusieurs années : on réinvestit dans certains domaines et on réduit la voilure dans d’autres. De notre côté, nous constatons une très forte croissance de notre métavers sur mobile », poursuit le dirigeant. Une façon de confirmer que sur les casques Quest, Horizon Worlds est un échec.
Bosworth poursuit : « Quand on enfile le casque, on se retrouve immédiatement dans une sorte d’espace partagé et accessible. » Un chantier particulièrement complexe au vu des utilisations très variées des possesseurs du casque. « Il faut pouvoir répondre à tous ces usages, mais ce manque de focalisation se paie, à la fois en termes d’expérience utilisateur et de coûts de développement. » La pluie d’argent déversée sur les Labs n’a donc pas suffi pour répondre à tous les besoins.
Le directeur technique l’admet : la voilure du métavers « à proprement parler » a été réduite. Mais les Reality Labs dans leur ensemble « ne se contracte pas », avec le travail à accomplir sur la version mobile et les lunettes. Toutefois, la dernière charrette de licenciements chez les Reality Labs semble bien annoncer la fin d’un cycle pour le métavers qui va se réduire aux petits écrans bien moins immersifs des smartphones. Avant, peut-être, de disparaitre…
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Source :
RoadToVR