Quand Google cesse d’envoyer des lecteurs aux sites web

Quand Google cesse d’envoyer des lecteurs aux sites web


Google a beau s’en défendre, le constat est sans appel : le moteur de recherche renvoie de moins en moins de trafic vers les sites web. En cause, notamment, ses résumés générés par intelligence artificielle, qui fournissent des réponses sans nécessiter le moindre clic. En coulisses, les éditeurs prennent acte de cette érosion et tentent, tant bien que mal, de préparer un avenir où Google ne sera plus un passage obligé.

Une chute massive du trafic Google : une étude Chartbeat montre que le trafic issu du moteur de recherche a dégringolé d’un tiers en novembre dernier par rapport à l’année précédente. La tendance est plus nette aux États-Unis avec une baisse de 38 %, contre 17 % en Europe.

Google, moteur sans trafic

Le flux de contenus personnalisés Discover de Google (avec ses titres, disons, accrocheurs), a compensé la volatilité de la recherche en ligne. Mais ça n’est plus le cas : en novembre, le trafic issu de Discover a reculé de 21 % dans le monde (18 % en Europe). Un recul très net donc, qui ne va pas faire les affaires des éditeurs qui misaient sur les contenus du quotidien comme la météo, les programmes TV ou des guides pratiques : ce sont les contenus les plus touchés.

L’étude porte sur les données de trafic de référencement provenant de plus de 2 500 sites, croisée avec les résultats d’une enquête menée par Reuters auprès de 280 dirigeants de médias dans 51 pays.

Pour bon nombre d’entre eux, La baisse du trafic est liée à l’apparition des résumés IA (AI Overviews) que Google affiche en tête des résultats de recherche. Le moteur répond en fait directement à la question de l’internaute, qui n’a donc plus à visiter les sites web. Des résumés parfois mal fagotés et incomplets (voire mensongers) qui peuvent induire le lecteur en erreur, en particulier quand il est question de santé. Autrement dit : Google continue de s’appuyer sur les contenus des éditeurs tout en réduisant leur visibilité. Au risque de les faire disparaitre complètement.

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Les éditeurs, qui identifient clairement Google comme un concurrent direct sur l’accès à l’information, anticipent une baisse encore plus importante du trafic : -43 % en moyenne sur trois ans. Un cinquième des répondants redoutent une perte de plus de 75 % du trafic Google. Au bout du compte, beaucoup se désengagent progressivement de la course au SEO et se désinvestissent de la recherche Google. Les éditeurs ne cherchent plus à « jouer avec Google », ils se préparent à faire sans, tout simplement.

Mais quelles sont les alternatives à Google ? Les bots IA ne compensent évidemment pas la perte de trafic générée par le moteur de recherche. Les renvois vers les sites de presse depuis ChatGPT et Perplexity restent marginaux, représentant respectivement 0,02 % et 0,002 % du trafic total de référencement.

Il existe cependant une dynamique bien réelle : depuis l’été 2024, les clics en provenance de ChatGPT progressent rapidement, et une majorité d’éditeurs disent vouloir investir davantage ces plateformes cette année. Ce ne sera pas un nouvel eldorado du trafic, mais ce canal émergent, potentiellement plus qualitatif, repose moins sur le volume que sur la pertinence et « l’autorité » des contenus. En attendant le retour sur investissement, les éditeurs devront faire le dos rond.

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Source :

PressGazette



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