Certes, l’Europe est dépendante des technologies américaines et chinoises… mais le reste du monde est tout aussi dépendant de l’Europe ! Sans les machines du groupe néerlandais ASML, personne ne pourrait produire les puces électroniques les plus avancées. Un message que l’on va entendre beaucoup.
La souveraineté technologique ne se décrète pas. Si l’Europe veut casser sa dépendance aux États-Unis et à la Chine, et se constituer une « stack » technologique bien à elle, il va falloir des infrastructures et des investissements encore plus importants que ceux qui ont été débloqués. Mais néanmoins, le vieux continent n’est pas complètement démuni d’arguments.
L’Europe rappelle qu’elle ne compte pas pour des prunes
L’inauguration d’un centre R&D d’ASML à Louvain, près de Bruxelles, a été l’occasion pour Henna Virkkunen, la commissaire à la Souveraineté technologique, de rappeler une évidence : « Il est vrai que nous disposons de certaines technologies clés, comme ASML, dont tout le monde dépend à l’échelle mondiale », affirme-t-elle chez Politico. Christophe Fouquet, le patron de l’entreprise, a renchéri en affirmant que « le monde entier aimerait avoir » ses machines.
ASML est une pièce essentielle du grand Meccano mondial des puces électroniques. L’entreprise conçoit et vend des systèmes de lithographie — notamment en EUV, extrême ultraviolet — qui permettent de graver des circuits extrêmement fins sur les semi-conducteurs. Sans ses machines, impossibles à reproduire ailleurs, pas de processeurs modernes pour les smartphones, les PC, les serveurs ou l’IA. ASML est régulièrement au cœur de la guerre technologique que se mènent les États-Unis et la Chine.
Le centre R&D accueille aussi Imec, fabriquant belge de semi-conducteurs. Pour son directeur général Luc van den Hove, l’UE devrait créer une « forme de dépendance inverse vis-à-vis des technologies européennes », en prenant exemple sur ASML. L’Europe ne dispose malheureusement pas d’un très grand nombre d’équivalents d’ASML dans d’autres domaines de la tech, mais c’est déjà un bon début !
Si l’Union européenne n’a pas l’intention d’instrumentaliser ces atouts, Henna Virkkunen a toutefois estimé qu’il était important de « prendre conscience que nous disposons aussi de ce type de forces que d’autres n’ont pas ». À bon entendeur…
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Source :
Politico