Les éditeurs de presse français redoutent le lancement dans l’Hexagone des AI Overviews de Google. Ces résumés générés par IA ont en effet cette fâcheuse tendance à parfois raconter n’importe quoi, mais surtout ils privent les sites web d’un trafic et de revenus précieux. Qwant, le petit Poucet européen, veut faire figure d’alternative avec Réponse Flash, une expérimentation lancée en partenariat avec des médias.
Réponse Flash, c’est la réponse de Qwant aux AI Overviews de Google. Le moteur français a lancé une expérimentation de neuf mois qui s’incarne dans une fenêtre au dessus des résultats de recherche, avec un résumé des articles de presse pertinents sur la question posée par l’utilisateur.
Qwant tente un modèle plus favorable aux médias
La présentation de ces réponses a fait l’objet d’un soin particulier, c’est clair et propre ; et le module se détache bien des résultats en eux-mêmes, contrairement à la confusion savamment entretenu chez Google. La bonne idée, c’est d’afficher d’abord une réponse courte et de donner à l’internaute la possibilité d’obtenir une réponse plus longue et plus précise. Et bien sûr, les sources des résumés sont mises en avant. À cela s’ajoutent des suggestions et même un bot conversationnel pour approfondir une réponse.
Qwant a développé son propre moteur de réponses à partir d’un grand modèle de langage fourni par Mistral. « On reçoit une requête, on va analyser les documents pertinents, on va les intégrer, les analyser en termes de contenu, identifier dans ces documents ce qui est pertinent, classer ces documents et la pertinence, puis le LLM va écrire la réponse », explique Olivier Abécassis, directeur général de Qwant. C’est à tester dès maintenant si vous le souhaitez.

« On ne se base jamais sur une seule source », détaille le directeur général. « On fait du recoupement pour essayer d’avoir quelque chose qui soit fiable ». Il admet bien volontiers que la technologie n’est pas parfaite : « Si je vous disais que c’est fiable à 100 %, je vous mentirai. Il n’est a pas fiable à 100 %, ce n’est pas pour tout de suite. Mais on a un taux de qualité qui est quand même assez bon ».

Le module Réponse Flash est alimenté en temps réel par les articles postés par les partenaires média du moteur de recherche, parmi lesquels Le Parisien, Les Échos, L’Équipe (utile pour les résultats sportifs !), Le Figaro, France Médias Monde (RFI, France 24), RMC/BFM, Ouest-France, le groupe EBRA… Ces entreprises de presse ont répondu présentes pour deux raisons.
D’une part, Qwant leur a ouvert la « boîte noire » qui génère les résumés. « Ils se disent : “prenons un peu notre destin en main avec cette expérimentation” », car les éditeurs voient bien que Google finira par lancer les AI Overviews en France, qu’ils le veuillent ou non. « Il y a une crainte évidemment parce qu’ils voient bien que le trafic qui vient des moteurs de recherche est plutôt en train de baisser pour eux », explique le dirigeant.
Qwant a par ailleurs décidé de limiter la collecte d’informations auprès de ses partenaires : « on ne prend jamais plus de 500 caractère d’une source donnée, pour éviter de reprendre un article complet ». L’autre aspect intéressant pour les éditeurs, c’est évidemment le partage de revenus. Certaines réponses Flash peuvent intégrer une publicité liée à la requête ; l’argent collecté est partagé à 50/50 entre Qwant et les sites web. Olivier Abécassis décrit le système très simplement : « On va prendre toutes les requêtes, on va faire mille requêtes, ça génère un revenu de 200 euros et on va se les partager entre tous ceux qui sont dans le cadre de l’expansion ».
L’expérimentation est prévue pour durer 9 mois. Elle donne déjà une bonne idée de sa valeur et de sa pertinence — même si la fiabilité à 100 % n’existe pas —, alors que les AI Overviews ne sont pas encore visibles en France.
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