Le comté de Los Angeles a déposé plainte, jeudi 19 février, contre Roblox, une plateforme américaine de jeux en ligne accusée de laisser prospérer les prédateurs sexuels dans ses espaces de discussion. Cette plainte, déposée au civil, reproche à Roblox de ne pas avoir pris des mesures suffisantes de modération et de vérification de l’âge des utilisateurs, ce qui a exposé des mineurs à des contenus sexuels ou a pu permettre à des pédophiles d’entrer en relation avec eux.
« Cette action en justice vise à protéger les enfants contre les prédateurs en ligne et les contenus inappropriés », a déclaré dans un communiqué Hilda Solis, une des élues du comté de Los Angeles. « Roblox a la responsabilité de protéger les enfants, mais au lieu de cela, la plateforme est devenue un endroit où ils peuvent être exposés à la manipulation et à l’exploitation. »
Selon le comté de Los Angeles, près de 75 % des enfants américains âgés de 9 à 12 ans jouent régulièrement sur cette plateforme, qui revendique plus de 151 millions d’utilisateurs actifs quotidiens dans le monde. « Il ne s’agit pas d’un simple manquement mineur en matière de sécurité. Il s’agit d’une entreprise qui donne aux pédophiles des outils puissants pour s’attaquer à des enfants innocents et sans méfiance », a précisé la conseillère juridique du comté, Dawyn Harrison.
Roblox se défend face aux accusations
Lancé il y a une vingtaine d’années, Roblox n’est pas un jeu vidéo traditionnel. Il s’agit d’un écosystème de création, qui met à disposition des utilisateurs des outils pour concevoir leurs propres jeux et les proposer au reste de la communauté membre de la plateforme.
La plateforme, qui a imposé en janvier un système de vérification de l’âge par analyse faciale pour pouvoir accéder à ses espaces de discussion, conteste ces accusations. « Roblox est conçu avec la sécurité au cœur de son fonctionnement, et nous continuons à faire évoluer et à renforcer nos protections chaque jour », a affirmé l’entreprise dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP), en précisant qu’elle collaborait « étroitement avec les forces de l’ordre » en cas d’enquête.
« Nous disposons de dispositifs avancés qui surveillent notre plateforme pour détecter les contenus et communications nuisibles, et les utilisateurs ne peuvent ni envoyer ni recevoir d’images via le chat, ce qui élimine l’une des principales occasions de mauvais usage constatées ailleurs en ligne », a ajouté la firme.