Shein dans le viseur de Bruxelles

Shein dans le viseur de Bruxelles



Cela pendait au nez de Shein depuis quelques semaines : la Commission européenne a ouvert une enquête formelle contre la plateforme chinoise, dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA). Elle va devoir s’expliquer sur la présence de produits illégaux dans ses rayons — notamment des poupées pédopornographiques —, mais aussi sur son design « addictif » ou encore ses systèmes de recommandation.

Après plusieurs semaines de pression, notamment de la France, Bruxelles ouvre donc une enquête formelle contre Shein. D’abord sur les mécanismes mis en place par la boutique pour lutter contre la vente de produits illicites au sein de l’Union européenne. On se rappelle de l’affaire des poupées pédopornographiques qui a secoué l’actualité en fin d’année dernière, et les tentatives (vaines) du gouvernement de suspendre Shein.

Shein passé au crible

« Dans l’Union européenne, les produits illégaux sont interdits — qu’ils se trouvent sur l’étagère d’un magasin ou sur une place de marché en ligne », rappelle Henna Virkkunen, vice-présidente chargée de la Souveraineté technologique. « Le DSA protège les consommateurs, veille à leur bien-être et leur donne les moyens de comprendre les algorithmes avec lesquels ils interagissent. Nous allons évaluer si Shein respecte ces règles et les responsabilités qui en découlent. »

La Commission va également examiner les risques liés au design « addictif » de la plateforme, par exemple le système de points ou de récompenses destinés à encourager l’engagement des consommateurs. Des pratiques qui, selon Bruxelles, auraient un impact négatif sur le bien-être des utilisateurs et sur leur protection en ligne.

L’enquête va aussi s’intéresser à la transparence des algorithmes de recommandation. Le DSA impose en effet aux grandes plateformes en ligne de révéler les principaux paramètres utilisés pour la suggestion de nouveaux contenus ou de produits. La Commission veut vérifier si Shein respecte bien les obligations du texte.

L’ouverture d’une enquête ne préjuge en rien de sa conclusion. Elle va toutefois permettre aux enquêteurs européens de mener un examen approfondi, de demander de nouvelles informations, voire de prendre des mesures provisoires. Des sanctions pourraient être prises en cas de non-conformité. Pour y échapper, Shein pourra aussi s’engager à mettre en œuvre des mesures correctives.

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Shein affirme prendre « très au sérieux » ses obligations au titre du DSA et rappelle avoir « considérablement renforcé » son dispositif de conformité : réalisation d’évaluations approfondies des risques systémiques, mise en place de mesures de réduction et de gestion des risques, renforcement des protections destinées aux jeunes utilisateurs…

L’entreprise explique également avoir accéléré le déploiement de garanties supplémentaires concernant les produits soumis à des restrictions d’âge, et échangé avec la Commission une solution de vérification de l’âge, basée sur « une technologie tierce de confiance ». Elle affirme enfin que la protection des mineurs et la réduction des risques liés aux contenus et comportements préjudiciables était « au cœur du développement et de l’exploitation de notre plateforme ».

Le gouvernement français, de son côté, se félicitent de l’ouverture d’une procédure d’enquête européenne. Il avait saisi à plusieurs reprises l’exécutif européen sur les « risques systémiques » des « dérives et pratiques illicites » de Shein.

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Source :

Commission européenne



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