Signal, WhatsApp… Les sénateurs demandent une explosive backdoor …

Signal, WhatsApp… Les sénateurs demandent une explosive backdoor ...



Signal ou WhatsApp, pour ne citer que ces deux messageries, vont-elles être sommées demain de mettre en place une porte dérobée pour des administrations françaises sous peine d’amende? Les élus de la chambre haute viennent en effet de voter un amendement explosif en ce sens dans la proposition de loi contre le narcotrafic. Ce texte doit encore être approuvé dans sa globalité par le Sénat avant d’être examiné par l’Assemblée nationale.

Les sénateurs veulent obliger les plateformes de messageries chiffrées à mettre en place les mesures techniques nécessaires pour permettre aux services de renseignement d’accéder aux contenus échangés. L’amendement, voté mardi 28 janvier, a été plus précisément porté par le sénateur (Les Républicains) Cédric Perrin.

Le chiffrement de bout en bout des communications ne saurait être fragilisé pour permettre des accès par des tiers, fûssent-ils les services de rens.
C’est tout un pan de la confiance dans les messageries qui s’en trouverait questionné. 1/3

www.senat.fr/amendements/…

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— Eric Bothorel (@bothorel.bsky.social) 30 janvier 2025 à 15:44

« Lourd de conséquences »

Pour le faire respecter, le texte prévoit une amende de 1,5 million d’euros pour les personnes physiques et une amende pouvant aller jusqu’à 2% du chiffre d’affaires mondial annuel pour les personnes morales. Ne pas voter cet amendement, “c’est laisser les policiers se défendre avec des pistolets à billes contre les bazookas des narcotrafiquants”, a plaidé Cédric Perrin.

Une réforme du cadre légal soutenue par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. “Les opérateurs ne doivent pas opposer aux forces de sécurité intérieure des clauses contractuelles”, a dénoncé le très à droite locataire de la Place Beauvau. Au contraire, le rapporteur du texte, Jérôme Durain, du groupe socialiste, écologiste et républicain, s’est opposé en vain à l’amendement.

“Il est très lourd de conséquences, alors qu’il n’a fait l’objet d’aucune audition, d’aucune étude d’impact, rappelait-il. Qui empruntera cette porte dérobée que nous ouvrons ?”

Appel d’Europol

Cette demande de mise en place de portes dérobées n’est pas isolée. Par exemple, au printemps dernier, l’agence de police européenne Europol avait dénoncé les mesures de protection de la vie privée, comme le chiffrement de bout en bout, qui empêche les plateformes de médias sociaux de détecter des infractions.

L’initiative des sénateurs français n’en n’est pas moins risquée. Si le texte est approuvé définitivement en l’état, il est probable que les messageries chiffrées concernées, comme WhatsApp ou Signal, cesseront simplement la distribution de leurs applications en France plutôt que d’ouvrir une porte dérobée à la demande du législateur hexagonal. La sécurité des échanges est en effet l’un de leurs principaux arguments pour attirer des utilisateurs.

C’est d’ailleurs ce haut niveau de sécurité qui a poussé le FBI et l’agence américaine de cybersécurité, la Cisa, à recommander il y a peu l’usage de telles messageries. Au détriment du SMS, bien trop vulnérable, en témoigne l’affaire Salt Typhoon, ce piratage informatique d’opérateurs de télécoms américains attribué par l’Oncle Sam à la Chine.

Les français devraient alors se passer de tels messageries, ce qui constituerait un sérieux problème de sécurité. Ou alors utiliser des solutions se conformant à la nouvelle législation. Mais avec désormais une incertitude sur le degré de sécurité offert. Les opposants à de telles portes dérobées estiment que ces dernières, mêmes réservées à des usages précis, finissent immanquablement par être identifiées et donc détournées par des tiers.



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