L’Office américain des brevets et des marques a officiellement rejeté les 26 revendications du brevet de Nintendo, qui cherchait à protéger une mécanique au cœur de sa franchise Pokémon. La raison ? L’existence de « l’état de la technique », c’est-à-dire des inventions antérieures similaires. Ironiquement, certaines de ces références proviennent de demandes déposées par Nintendo lui-même, mais aussi par des concurrents comme Konami ou Bandai Namco. La décision, bien que non-définitive, représente un obstacle majeur dans la croisade juridique lancée contre Pocketpair, le développeur de Palworld.
Pourquoi ce brevet était-il si controversé ?
Parce qu’il tentait de s’approprier une idée fondamentale du jeu vidéo. Le concept d’invoquer une créature pour qu’elle se batte à sa place n’a rien de nouveau. Des dizaines de jeux, de Persona à Digimon en passant par Elden Ring, exploitent des mécaniques similaires depuis des années. Dès son approbation initiale, de nombreux experts juridiques avaient crié au scandale, jugeant la portée du brevet bien trop large et abusive. Une revendication si vaste qu’elle en devenait presque absurde.
[Regarding the lawsuit, changes to Palworld and the future]
We would like to express our sincere gratitude and appreciation for the continued support of our fans over the past few months. We apologize for not being able to share as much information as we would like, but we trust…
— Palworld (@Palworld_EN) May 8, 2025
L’office américain des brevets et des marques, l’USPTO (United States Patent and Trademark Office), a donc suivi l’avis de nombreux experts en invalidant la demande sur la base de ces antériorités. C’est une confirmation que l’on ne peut pas simplement breveter un concept de gameplay générique, même si on est le créateur d’une des franchises les plus puissantes au monde. L’innovation doit être réelle et non une simple reformulation d’idées existantes.
Quel est l’impact direct sur la guerre contre Palworld ?
C’est une arme en moins dans l’arsenal de Nintendo. Et pas n’importe laquelle. Cette décision affaiblit considérablement la position de la firme dans sa bataille judiciaire contre Palworld, le jeu phénomène de Pocketpair. Bien que le procès principal se déroule au Japon et porte sur plusieurs brevets, celui-ci était un pilier de l’argumentaire. La saga judiciaire a déjà poussé Pocketpair à modifier son jeu, supprimant par exemple la possibilité de lancer des « Pal Spheres » pour invoquer ses créatures.
Ce revers américain pourrait donc donner des munitions à la défense de Pocketpair au Japon. Il démontre qu’une autorité de régulation majeure considère la revendication de Nintendo comme non valide. Ce n’est pas juste une défaite technique ; c’est un revers symbolique qui pourrait influencer la perception des juges dans les autres procédures en cours. Le combat est loin d’être terminé, mais l’équilibre des forces vient de changer.
Quelles sont les prochaines étapes pour Nintendo ?
La partie n’est pas encore terminée. Il est crucial de noter que ce rejet est « non-final ». Concrètement, Nintendo dispose d’un délai de deux mois, prolongeable, pour répondre aux objections de l’USPTO. L’entreprise peut tenter de modifier les revendications de son Brevet pour le rendre plus spécifique et ainsi contourner les références à « l’état de la technique ».
Si cette tentative échoue, l’entreprise a toujours la possibilité de faire appel de la décision. La route est donc encore longue et le feuilleton judiciaire est loin de son épilogue. Cependant, Nintendo est maintenant sur la défensive sur ce front précis. Ils doivent prouver que leur invention est suffisamment unique pour mériter une protection, une tâche qui s’annonce désormais particulièrement ardue.
Foire Aux Questions (FAQ)
La décision de l’USPTO est-elle définitive ?
Non, il s’agit d’un rejet « non-final ». Nintendo a deux mois pour répondre, modifier sa demande ou faire appel. Le processus juridique peut donc encore durer de nombreux mois, voire des années.
Cette décision met-elle fin au procès entre Nintendo et Palworld ?
Absolument pas. Le principal procès se déroule au tribunal de district de Tokyo et concerne plusieurs brevets déposés au Japon, notamment sur la capture de monstres et les montures. Ce rejet américain affaiblit la position de Nintendo mais ne clôt pas l’affaire principale.
