Vous vous souvenez des Poco F7, ces sérieux flagships killers ? Normalement oui, puisqu’ils sont sortis en 2025 (les versions Pro et Ultra, mais aussi le Poco F7 tout court arrivé peu après). Pourtant, voici déjà la relève. Pour le moment déclinée là aussi avec des versions Pro et Ultra, on pourrait se demander la raison d’être de la gamme Poco F8 alors que l’année n’est pas encore terminée. Qu’à cela ne tienne, voyons ce que Xiaomi a mis dans son Poco F8 Pro, le plus raisonnable des deux, pour justifier cette sortie si rapide qui met notamment en avant un partenariat avec Bose du côté du son. Ses concurrents haut de gamme ou de milieu de gamme comme le Samsung Galaxy S25 FE ou encore le Nothing Phone (3) ont-ils de quoi trembler une nouvelle fois ?
Prix et disponibilité du Poco F8 Pro
Le Poco F8 Pro est disponible en deux déclinaisons. La moins onéreuse, à 653 € (520 € pour le lancement), vient avec 12 Go de RAM et 256 Go d’espace de stockage. La plus haut de gamme, ici en test avec ses 12 Go de RAM et 512 Go de stockage, passe à 703 € (550 € au lancement). Côté coloris, noir, bleu ciel et argent sont là. On relèvera à titre de comparaison que le Poco F7 Pro dans son unique version la plus performante actuellement disponible est à 653 €.
Poco F8 Pro au meilleur prix Prix de base : 519 €
Design : un poco triste
Dans notre test de la précédente génération, nous relevions que Poco avait visiblement décidé d’abandonner ses looks colorés et gaming pour quelque chose de plus sobre et de moins original. C’est encore plus le cas avec le Poco F8 Pro, notamment dans sa robe grise qui a des airs d’iPhone. Avec son dos en verre brossé tout doux, ses cerclages en aluminium et son bloc photo brillant qui donne ici un effet miroir, le terminal a des airs de smartphone premium lambda (à moins de le mettre dans la coque grise fournie), à défaut de véritablement retenir l’attention donc.

On appréciera que ses capteurs photo dépassent très peu du corps pour ne pas le déséquilibrer à plat, ainsi que l’excellente tenue en main d’un produit aux bordures douces et aux dimensions maitrisées (157,5 x 75,2 x 8 mm pour 199 g). Certifié IP68 (résistant aux éclaboussures, à l’eau et à la poussière), le terminal est on ne peut plus classique également sur le reste : boutons d’alimentation et de volume se trouvent sur la tranche droite et la tranche inférieure regroupe la prise USB-C et le tiroir double SIM. En dehors des grilles de hauts parleurs en haut et en bas, rien d’autre à signaler, si ce n’est le petit logo “Sound by Bose” à côté des capteurs.

Écran : et la lumière fuse
À moins de préférer les petits smartphones, l’une des rares “régressions” du Poco F8 Pro par rapport au Poco F7 Pro est la taille de sa dalle et la baisse de sa définition (ici de 2510 x 1156 pixels). Reste que la dalle AMOLED de 6,59 pouces ici proposée et protégée par du verre Vision Corning Gorilla Glass 7i est des plus plaisantes. On pourra aussi regretter l’absence de LTPO et donc se contenter d’un taux de rafraichissement classique de 120 Hz fixe, qu’on peut baisser à 60 Hz fixe pour économiser de la batterie.

Mais il faut dire qu’au-delà de sa compatibilité HDR10+ et Dolby Vision et d’un excellent ratio d’affichage (90,7 %, les bordures noires sont très discrètes), cet écran est extrêmement lumineux. Avec un pic mesuré à un très confortable 3461 cd/m², aucun souci pour voir son écran, même au soleil. Nos mesures réalisées avec Calman Ultimate démontrent également une très bonne calibration, surtout en sRGB. Son DeltaE a été mesuré à seulement 1,6, quand celui du P3 est également convaincant à 3,4. Pour un rendu idéal, nous recommandons de rester sur le profil par défaut et de sélectionner une balance des blancs chaude.
Taille de l’écran Technologie de l’écran Définition Fréquence de rafraîchissement Pic lumineux (boost) DeltaE 2000 des couleurs (sRGB) DeltaE 2000 des couleurs (P3) Ratio affichage/taille
Xiaomi Poco F8 Pro 6,59 « AMOLED 1156 x 2510 120 Hz 3461 cd/m² 1,6 3,4 90,7 %
Xiaomi Poco F7 Pro 6,67 « AMOLED 3200 x 1440 120 Hz 1,85 3,91
Samsung Galaxy S25 FE 6,7 « AMOLED 2340 x 1080 120 Hz 1723 cd/m² 2,73 2,64 90,1 %
Nothing Phone (3) 6,67 « AMOLED 2800 x 1260 120 Hz 1544 cd/m² 3,59 2,66 89,4 %
Apple iPhone 16e 6,1 « OLED 2532 x 1170 86,1 %
Xiaomi 15T 6,83 « AMOLED 1280 x 2772 120 Hz 3174 cd/m² 2,5 4,4 91,4 %
Performances : un monstre sous le capot
C’est principalement ici que le Poco F8 Pro tient sa dénomination de flagship killer. Avec le Snapdragon 8 Elite comme SoC, le smartphone n’a peur de rien, qu’il s’agisse de naviguer dans une interface pleine d’applications gourmandes ou de lancer un jeu en 3D en qualité maximale. Sa chauffe est également très maitrisée, même durant les longues sessions gaming.

Moderne, le terminal propose aussi la compatibilité eSIM et les dernières puces, y compris du WiFi 7 quand beaucoup restent bloqués à du WiFi 6. Le lecteur d’empreintes digitales “à ultrasons” sous l’écran est lui aussi très véloce, y compris durant la phase d’enregistrement. Bref, un terminal équipé pour voir venir l’avenir sereinement.
AnTuTu 10 Score AnTuTu 10 CPU AnTuTu 10 GPU
Audio : à quoi Bose ?
Si le partenariat avec Bose doit peut-être un peu plus prendre son sens sur la déclinaison Ultra du Poco F8 avec l’intégration d’un subwoofer, le Poco F8 Pro délivre le rendu sonore stéréo très correct. Pas de quoi se relever la nuit cependant. Compatible Dolby Atmos, le smartphone délivre un son réellement propre et équilibré qui ne sature pas trop, y compris à volume élevé avec de la musique qui envoie, même si l’on aurait apprécié un peu plus de basses pour l’occasion.

Autonomie : les batteries externes le détestent
Le Poco F7 Pro était déjà un modèle d’autonomie, mais Xiaomi a décidé pour sa nouvelle génération d’aller encore plus loin. Avec sa batterie massive de 6210 mAh, le terminal a tenu plus de 43 heures (!) lors de notre test d’autonomie mixte maison. Avec la recharge inversée, ce smartphone lorgnant du côté des batteries externes peut servir à recharger ses petits camarades en difficulté.

Dans la pratique, selon votre usage cela permet de tenir largement une journée et demie, voire deux, voire plus. Pour regarder un épisode de 45 minutes sur Netflix en wifi avec la luminosité réglée à la moitié et un volume raisonnable, comptez un très raisonnable 3% de batterie consommés.
Le bilan est également bon du côté de la recharge. Capable de monter jusqu’à 100W, le Poco F8 Pro n’a besoin que d’une heure et une poignée de minutes pour se charger intégralement, et de seulement 10 minutes pour atteindre un confortable 25 %. Seule ombre au tableau, l’absence de recharge sans-fil, mais c’est un petit prix à (ne pas) payer.
Autonomie mixte Charge en 10 min Temps de charge Capacité de la batterie Puissance de charge maximale filaire
Photo : un téléobjectif à colorimétrie variable
Au-delà de sa partie sonore par Bose, par rapport à son grand frère de 2025, le Poco F8 Pro a une vraie nouveauté de taille : l’ajout d’un téléobjectif. Ainsi, celui-ci (50 Mpx, f/2.2) côtoie un classique capteur grand-angle de 50 Mpx (f/1.88) avec OIS et la technologie Super Pixel 4-en-1 2,0 µm, ainsi qu’un ultra grand-angle modeste de 8 Mpx (f/2.2). En façade, pour les selfies on trouve un capteur de 20 Mpx.

Pas grand-chose à relever du côté du capteur principal de jour : les photos proposées par le grand-angle sont très propres et proposent un rendu à la fois net, bien contrasté (le sapin ci-dessous en est est un bon exemple) et aux couleurs majoritairement respectueuses de la réalité.
Plus modeste, l’ultra grand-angle est moins convaincant dans tous ces domaines. Les contrastes sont moins nets, la colorimétrie en fait parfois un poil trop et le piqué est logiquement un peu moins bon. En résulte malgré tout un capteur tout à fait utilisable dans des conditions satisfaisantes, notamment avec seulement 18 Mpx.
Passons au téléobjectif. Activé dès le niveau de zoom x2.5, celui-ci souffle le chaud et le froid. Littéralement. Car si le niveau de piqué est bon à condition de ne pas monter jusqu’au maximum de x30 et d’éviter les mauvaises conditions de luminosité, la colorimétrie elle est variable. En ressortent par moment des images trop vives, ou à l’inverse trop ternes par rapport à la réalité et au capteur grand-angle. Pas de quoi jeter ses photos, loin de là, d’autant que l’exposition est bonne, mais on aurait pu s’attendre à quelque chose de plus propre pour le prix demandé.
Parlons ensuite photo de nuit et à faible luminosité. Doté d’un mode nuit automatique relativement rapide, le Poco F8 Ultra nous a positivement étonnés. C’est bien simple, la fresque ci-dessous est beaucoup plus visible sur nos photos que dans la réalité, beaucoup plus sombre. La capacité du smartphone à capter la lumière, surtout avec son capteur principal, est solide, sans pour autant dénaturer le sujet. Il ne faudra pas en demander autant à l’ultra grand-angle ou au téléobjectif dans des niveaux de zoom très élevés, qui gagnent sans surprise en bruit notamment, mais nous avons vu plus honteux.
Enfin, du côté des selfies et du mode portrait (ce dernier utilise au choix le grand-angle ou le téléobjectif), Poco est ici dans les clous sans spécialement briller. Les selfies manquent peut-être un peu de détails et de texture, mais pas de quoi choquer en visio ou faire tâche pour votre future photo de profil.
Concernant la vidéo enfin, Poco fait les choses bien puisque son smartphone peut filmer jusqu’en 8K à 30 FPS ou 4K à 60 FPS. En tout cas avec le capteur grand angle, car l’ultra grand-angle limité se contente logiquement de 1080p.
Logiciel : sous la pub, la plage (??)
Animé par la surcouche de Xiaomi HyperOS 3, le Poco F8 Ultra tient sa vélocité de son SoC évidemment, mais aussi de sa partie logicielle très convaincante et fluide. Si certaines proposent un peu plus de spécificités et d’outils orientés productivité, HyperOS est hautement personnalisable et suffisamment complète pour ne pas avoir à râler. On regrettera cependant, comme d’habitude avec le constructeur, un très grand nombre d’applications maison ou tierces qu’il n’est pas toujours possible de désinstaller. Des pubs qui ne disent pas leur nom, qui côtoient des pubs notamment par notification, un peu pénibles.
Pour les amateurs d’IA, outre Gemini de nombreux outils intégrés utilisent l’intelligence artificielle : fonds d’écran dynamiques, reconnaissance vocale, traduction, sous-titres, recherche ou encore création d’images et de vidéos. Dans sa version 3, HyperOS copie également la Dynamic Island d’iOS. Pour accompagner son excellent hardware, le Poco F8 Pro ne devrait pas être trahi dans les années à venir par le software, puisqu’il sera mis à jour pendant quatre ans pour Android et jusqu’à six ans pour les mises à jour de sécurité. Un suivi aujourd’hui classique dans l’industrie.
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