un député alerte le gouvernement sur le fiasco logistique français

un député alerte le gouvernement sur le fiasco logistique français



Nous vous l’annoncions dès le début du mois de mars : la nouvelle taxe française visant les colis des géants du e-commerce asiatique s’est transformée en un véritable désastre pour la logistique nationale. Le monde politique s’empare désormais du sujet face à des destructions d’emplois imminentes.

Le contournement de la fameuse taxe sur les petits colis par les géants comme Shein, Temu et AliExpress n’est plus seulement une rumeur de l’industrie, c’est désormais un sujet de préoccupation nationale à l’Assemblée. Le député Philippe Latombe (Les Démocrates) vient d’interpeller officiellement le ministre de l’Action et des Comptes publics sur les conséquences dramatiques de ce dispositif entré en vigueur le premier mars dernier.

Des aéroports français au bord du gouffre

Conçue pour rapporter 500 millions d’euros à l’État en taxant de deux euros chaque petit colis importé hors de l’Union européenne, la mesure a provoqué une fuite immédiate des transporteurs vers la Belgique et les Pays-Bas. Le parlementaire dresse un bilan particulièrement sombre des premières semaines d’application de la loi, soulignant que les déclarations douanières liées au e-commerce ont littéralement plongé de 92 %. Un chiffre également mis en avant, quelques jours plus tôt, par David Lisnard, président de l’Association des maires de France et maire de Cannes :

« En 72 heures, les déclarations douanières e-commerce à Roissy ont chuté de 92%. Les avions cargo chinois se posent désormais ailleurs en Europe et des milliers de poids lourds finissent le trajet sur nos routes pour livrer exactement les mêmes colis ». Et d’ajouter : « Vatry est menacé de fermeture. Des emplois sont détruits. Tout cela était prévisible et annoncé ».

Sur le terrain, la situation détaillée par nos confrères du journal Le Figaro est alarmante. L’aéroport de Vatry, dans la Marne, réalise habituellement les deux tiers de son chiffre d’affaires grâce au fret asiatique. Son propriétaire, le président du conseil départemental Jean-Marc Roze, constate une chute immédiate de moitié des volumes et menace de fermer totalement l’infrastructure d’ici la fin du mois si aucune solution n’est trouvée. La situation est tout aussi critique à Roissy-Charles-de-Gaulle où une cinquantaine de vols cargo ont disparu chaque semaine. Les entrepôts de dédouanement sont vides et l’Union des entreprises de transport et de logistique de France estime que près de mille emplois directs sont actuellement menacés sur la seule zone aéroportuaire parisienne.

Ce détournement massif des avions vers le Benelux engendre par ailleurs un effet collatéral inattendu et particulièrement pénalisant pour l’économie nationale. Les entreprises françaises perdent de précieuses capacités d’exportation puisqu’elles ne peuvent plus profiter du voyage retour de ces immenses avions cargo pour expédier leurs propres marchandises vers le continent asiatique. Le député Philippe Latombe résume l’impasse politique dans sa question écrite adressée au gouvernement :

« La taxation des petits colis s’avérant clairement contre-productive en l’état, il souhaite savoir comment le Gouvernement envisage de remédier à cet effet boomerang qui n’a malheureusement pas été anticipé ».

Un bras de fer politique à Bruxelles

Le constat est d’autant plus amer que la parade logistique des géants asiatiques ne freine absolument pas la consommation française. Les marchandises atterrissent simplement dans les pays frontaliers où la taxe n’existe pas encore, puis traversent l’Europe par camion pour un coût dérisoire estimé à moins de 10 centimes d’euro par paquet. Le groupe La Poste confirme d’ailleurs que les volumes de petits colis distribués en France restent totalement comparables à ceux du début d’année.

Malgré les appels désespérés des professionnels de la logistique exigeant la suspension immédiate du dispositif français, Bercy refuse de faire machine arrière. Le gouvernement tente actuellement un coup de poker diplomatique à Bruxelles. La France a déjà obtenu l’application d’un droit de douane forfaitaire européen de 3 euros prévu pour l’été. Paris cherche désormais à convaincre ses partenaires d’avancer l’application de la taxe européenne de 2 euros au mois de juillet, plutôt que d’attendre l’échéance initiale fixée au mois de novembre, afin de colmater au plus vite l’hémorragie du fret national.

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