un meilleur moteur hybride pour faire oublier le 100% électrique  

un meilleur moteur hybride pour faire oublier le 100% électrique  


L’A8, le pavillon amiral d’Audi, véritable vitrine technologique de la marque, est dans une situation délicate. Alors que ses principaux rivaux sont déjà passés à l’électrique (l’EQS de Mercedes) ou sont sur le point d’y arriver (la BMW i7), la firme aux quatre anneaux dévoile une nouvelle version qui se contente d’un moteur hybride PHEV (rechargeable). Cette mise à jour, également appelée restylage, à mi-parcours, apporte assez peu de modifications esthétiques pour se focaliser sur un point crucial : la motorisation. Mais un excellent moteur hybride peut-il tenir tête à des rivaux qui ont déjà pris le train de l’électrique ? Sur ce segment, des limousines à plus de 100 000 euros, un tel « retard » n’est-il pas rédhibitoire ? C’est ce que nous avons souhaité savoir en prenant le volant de la nouvelle A8.

À l’intérieur, le tour du propriétaire sera encore plus sommaire puisqu’il n’y a tout simplement aucune évolution. L’habitacle, réussi il est vrai, est le même que sur la version précédente. Certes, le système à trois écrans n’a pas pris une ride, mais dans l’univers élitiste des limousines, il pourrait faire pâle figure en comparaison de l’Hyperscreen que propose Mercedes

Si la firme a l’étoile a placé la barre particulièrement haut, il n’en demeure pas moins que l’habitacle l’A8 est un modèle du genre, au design soignée et à l’ergonomie bien étudiée. En outre, il est toujours parmi les plus ambitieux en matière de technologie. 

Si la planche de bord reste inchangée, ce n’est pas le cas des places arrière qui gagnent un nouvel écran. Cela pourrait être anecdotique, mais ça ne l’est pas. Et pour cause, les utilisateurs/propriétaires de ces A8, sont plus souvent assis à l’arrière qu’à l’avant. En d’autres termes, ces véhicules de luxe pour chefs d’entreprise et autres cabinets ministériels (la dernière voiture de fonction d’Angela Merkel était la précédente A8), sont généralement conduites par des chauffeurs, laissant leurs privilégiés propriétaires profiter du confort à l’arrière.

Ceux-ci auront donc tout loisir de disposer de deux écrans de 10 pouces, Full HD, mais surtout dissociés. En effet, auparavant les écrans à l’arrière et à l’avant étaient liés, il n’était donc pas possible de visionner des contenus différents. Dans cette nouvelle version, non seulement chaque passager est libre de profiter de ses contenus, mais il peut également y diffuser ce qu’il souhaite via son smartphone en utilisant CarPlay, Android Auto ou plus communément le port HDMI de son PC portable. 

Luxe et confort : un double objectif de rigueur

Vous l’aurez compris aisément, l’A8 n’est pas un véhicule aux standards traditionnels. Ce n’est pas non plus une voiture qui se juge sur les mêmes critères qu’une familiale classique. Le simple fait de constater tout le soin qui est appliqué aux sièges arrière est emblématique d’une catégorie de voitures très spécifiques. Mais ce qui est certain, à l’avant comme à l’arrière, c’est que le maître-mot à bord est double : luxe et confort. Que ce soit par le choix des matériaux, la qualité du système audio, le confort des sièges, les nombreuses options qui pullulent (chauffage, refroidissement, massage, divertissement) et l’individualisation de toutes ces options, l’A8 se présente comme un modèle à l’élitisme assumé. Même si l’essentiel de l’expérience utilisateur se fait à l’arrière, ce confort se retrouve également sur la partie conduite.

Conduite au millimètre, confort au carré

Pour notre essai, nous avons opté pour la version qui sera probablement la plus vendue en France (90% des ventes estimées), c’est-à-dire la TFSIe PHEV, traduisez un 6 cylindres couplé à un moteur électrique en hybride rechargeable.

Ce moteur développe quelque 462 ch, c’est-à-dire un bon total pour emmener les 2,7 tonnes de la bête. Dans les faits, et c’est assurément le plus stupéfiant, ce poids démesuré ne se ressent pas tellement à la conduite. Bien évidemment, la puissance du moteur y contribue, mais pas seulement. Le châssis, la qualité des suspensions et les systèmes d’assistance jouent leur rôle à plein. Sur ce point, la nouvelle A8 présente peu ou prou les mêmes avantages que la version précédente et, pour faire court, un savoir-faire déjà prouvé. Le pilotage, qu’il soit souple ou plus nerveux, se révèle toujours d’une extrême facilité. Les aides à la conduite (autonomie de niveau deux) permettent de confier partiellement le pilotage de l’A8 à l’ordinateur de bord en confiance, que ce soit pour le régulateur adaptatif de la vitesse ou le maintien dans la voie. Enfin, le système d’éclairage est l’un des points forts de l’A8 puisque ses optiques projettent sur le sol un véritable couloir lumineux qui aide le conducteur à mieux appréhender ses trajectoires tout en préservant la visibilité des véhicules alentours. 

Un petit regret tout de même : nous n’avons pas pu essayer le système « predictive active Air Suspension » c’est-à-dire une technologie qui scanne la route en permanence pour adapter la réponse des amortisseurs : elle sera réservée à la S8. Pour le reste, l’A8 est un modèle de conduite, tout simplement.

Audi sait optimiser sa batterie

L’évolution de la motorisation n’est pas sans conséquences sur l’autonomie de la voiture. Chez Audi, l’hybridation n’a pas toujours été un savoir parfaitement maîtrisé, notamment sur la précédente version de l’A8 qui limitait à l’excès le recours à la batterie (vitesse max de 60 km/h par exemple). Sur la nouvelle A8 (2022), la batterie de 14,4 kWh offre des performances tout à fait honnêtes. Annoncée pour 59 km d’autonomie, son rendement réel dépendra évidemment du style de conduite et de la météo (entre autres) mais il approche facilement les 50 km. Surtout, contrairement au modèle précédent, l’utilisation de la batterie est entièrement confiée au bon soin du conducteur, sans limitation particulière. Audi propose même des quatre modes de gestion de la batterie qui vont du 100 % électrique à une hybridation gérée par le planificateur d’itinéraire pour optimiser l’autonomie, en passant par un mode charge ou un mode 100 % thermique.

La marque aux quatre anneaux n’est évidemment pas la première à proposer un tel choix, mais elle se démarque sur deux points. 

D’une part sur la gestion automatique en fonction de l’itinéraire. Concrètement, le conducteur active la navigation sur son véhicule et laisse l’A8 décider des moments les plus opportuns pour utiliser la batterie électrique. Celle-ci se base sur les informations de trafic, sur la topologie des lieux ou encore sur le type de parcours pour optimiser la consommation. Assez pratique, ce mode offre des performances remarquables, mais il a un défaut : il empêche l’utilisation en parallèle de CarPlay ou Android Auto. Autrement dit, oubliez Waze ou votre GPS traditionnel, il faudra faire confiance à Audi.

L’autre mode qui nous a particulièrement surpris par son efficacité, c’est celui permettant de recharger la batterie électrique grâce au moteur thermique. Là encore, Audi n’a pas inventé l’eau chaude, mais la gestion du procédé est particulièrement efficace. En effet, chez la plupart des concurrents qui le proposent, ce mode induit des consommations ridicules. Or non seulement la surconsommation reste limitée sur l’A8 (on est plus proches des 8L au 100 km que des 7L habituels) mais la recharge est efficace. Il faut à peine plus de 100 km sur autoroute pour recharger la quasi-intégralité de la batterie.

En revanche, côté recharge, le PHEV de la marque aux quatre anneaux reste sur des standards classiques puisqu’il affiche une capacité de recharge de 7,4 kW.

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Verdict de l’essai :

L’A8 n’est pas une voiture comme les autres, son prix en est la preuve la plus évidente puisque la version la moins bien dotée démarre à 116 500 euros. Quant à la version sportive, la S8, il faudra remettre la main à la poche pour franchir le seuil des 160 000 euros, base de départ du modèle. Ces prix stratosphériques n’empêchent pas la critique.

Au terme de notre essai, il apparaît que l’A8 de 2022 est toujours ce qui se fait de mieux chez Audi en matière de confort, de luxe, mais aussi de polyvalence grâce à une hybridation désormais maîtrisée. Pour autant, cette évolution à mi-parcours souffrira forcément de la comparaison avec sa grande rivale chez Mercedes. La Classe S offre un confort comparable, mais semble supérieure sur l’aspect technologique et l’équipement à bord. Quant aux aides à la conduite, elles sont également plus performantes chez la firme à l’étoile. Enfin, Mercedes bénéficie d’un autre avantage indéniable, celui de pouvoir proposer une équivalence 100 % électrique avec l’EQS. Dès lors, il est possible d’avancer deux hypothèses. Soit Audi est en retard par rapport à Mercedes, soit il garde l’essentiel de ses innovations pour la version électrique de son A8, celle qui dérive du concept Grandsphere



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