Vidéosurveillance algorithmique pendant les JO : utile contre les …

Vidéosurveillance algorithmique pendant les JO : utile contre les ...



Utiliser des algorithmes pour analyser en temps réel les flux vidéos des caméras de surveillance, est-ce que cela fonctionne vraiment ? Le comité d’évaluation de l’expérimentation JO, qui vient de rendre un rapport sur la question, se montre mitigé.

Et c’est important puisque ce texte contient de véritables retours d’expérience sur ce test de terrain.

Surtout que le comité est présidé par le magistrat Christian Vigouroux et est composé de personnes désignées par la CNIL, l’assemblée nationale ou le Sénat, ainsi que des représentants des organisations ayant expérimenté les dispositifs (Gendarmerie, police, SNCF, Ratp etc).

Quand les caméras sortent du laboratoire

Des cas d’usage ont été testés, allant de l’identification de personnes entrant dans des zones interdites à la détection des mouvements de foules en passant par le signalement de bagages abandonnés.

Tout d’abord le rapport souligne que l’efficacité de ces outils en conditions réelles n’est pas comparable aux performances enregistrées en laboratoire. De plus, « les opérateurs ont constaté que la phase de calibrage était primordiale et devait être suffisamment longue pour pouvoir prendre en considération le plus grand nombre de variations (phénomènes météorologiques, luminosité, flux variable de personnes…) ».

En outre, les performances des caméras augmentées par logiciel d’IA varient fortement selon les différents scénarios.

Des cas d’usage probants

Elles sont efficaces pour remonter des alertes concernant :

  • L’intrusion d’individus dans des zones non autorisées
  • La densité de personnes
  • La circulation à contre sens d’un véhicule

Si le rapport souligne quelques difficultés liées par exemple à des effets de perspective ou à des reflets, les auteurs estiment le taux de faux positifs des caméras sur ces scénarios d’usage assez limité.

Une détection des incendies « très insatisfaisante »

Le bilan n’est pas aussi favorable pour d’autres cas d’usage. Ainsi, lorsqu’il s’agit de détecter un bagage abandonnée, le taux de faux positif avancé par la SNCF avoisine les 72,8%. Les cameras sont la plupart du temps incapables :

  • De faire la différence entre un bagage abandonné et le mobilier de la gare
  • D’identifier le propriétaire d’un bagage
  • Confondent des SDF dormant sur un banc avec un bagage abandonné

De la même manière, la vidéosurveillance algorithmique s’est révélée « très insatisfaisante » pour la détection de départ d’incendie ou de personnes tombées au sol.

Un temps de test très court

Dans le premier cas caméras ont une fâcheuse tendance à assimiler « des feux de voitures, des gyrophares ou plus généralement des enseignes lumineuses » à des départs d’incendie.

Les auteurs du rapport soulignent certaines limites de l’expérimentation. Tout d’abord le fait que celle ci s’est déroulée sur une période de temps réduite.

Mais aussi le fait que seuls les dispositifs commercialisés par la société française Wintics ont pu être testés en conditions réelles, celle ci ayant remporté l’appel d’offre.

Utile quand l’humain vient à manquer

Reste enfin à déterminer si ces technologies présentent un véritable intérêt d’un point de vue opérationnel. Les auteurs du rapport estiment ainsi que « le nombre de situations à risque, ayant nécessité des interventions opérationnelles qui n’auraient pas été détectés sans l’IA, apparaît extrêmement faible, au regard des moyens techniques et financiers déployés ».

En clair, les caméras remontent de nombreuses alertes. Mais le taux de faux positifs est importants, ou bien elles signalent des situations ne nécessitant pas d’intervention humaine.

Le rapport mentionne aussi que l’importante présence policière déployée pendant les JO relativise l’utilité des caméras. Elles sont surtout utiles en lien avec des équipes d’interventions rapides dans des lieux habituellement dépourvues de présence policière.

Prolongation de l’expérimentation jusqu’en 2027

Reste l’épineuse question de la pérennisation de ces dispositifs. Les auteurs du rapport laissent aux responsables politiques le soin de prendre la décision finale.

Le sujet est sur la table. Une nouvelle loi votée par l’Assemblée Nationale en début de semaine a ainsi ouvert la voie à une prolongation de l’expérimentation jusqu’à la fin d’année 2027.



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