WhatsApp bientôt obligé d’ouvrir sa messagerie à ses concurrents ?

WhatsApp bientôt obligé d’ouvrir sa messagerie à ses concurrents ?



Dans un avis préliminaire de ce lundi 9 février, la Commission européenne a estimé que le groupe de Mark Zuckerberg violait les lois antitrust européennes en empêchant d’autres agents IA d’intégrer WhatsApp. Sur la messagerie depuis le 15 janvier 2026, seul Meta AI, l’outil d’intelligence artificielle de la société américaine, est disponible.

Le couperet est sur le point de tomber sur Meta, la maison-mère de WhatsApp. Ce lundi 9 février, la Commission européenne a estimé, dans un avis provisoire, que le géant américain avait bien violé les règles de droit de la concurrence du Vieux continent. Depuis décembre dernier, Meta AI, l’outil IA de WhatsApp, est dans le collimateur des autorités antitrust de l’Union européenne (UE). Et désormais, Bruxelles envisage bien des mesures provisoires « pour mettre fin à l’exclusion des assistants IA tiers de WhatsApp ».

De quoi s’agit-il ? En mars dernier, le groupe de Mark Zuckerberg lançait son outil d’intelligence artificielle en Europe. Depuis, les utilisateurs européens peuvent converser avec l’agent conversationnel de Meta lorsqu’ils sont sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger.

Un comportement qui « risque d’empêcher les concurrents d’entrer ou de se développer sur le marché en pleine croissance des assistants IA »

Or, le 15 octobre dernier, Meta a mis à jour ses conditions d’utilisation de WhatsApp Business Solution : une mise à jour qui n’a pas échappé à la Commission européenne. Selon cette dernière, la nouvelle règle revenait en pratique à interdire les assistants IA concurrents dans WhatsApp. Depuis le 15 janvier 2026, date de l’application de la mise à jour, le seul assistant IA disponible sur WhatsApp est l’outil maison de Meta, Meta AI. Ses concurrents ont été exclus de la messagerie, écrit la Commission.

Résultat, la société américaine empêche les assistants d’intelligence artificielle (IA) concurrents « d’accéder à WhatsApp et d’interagir avec les utilisateurs de cette application. Le comportement de Meta risque d’empêcher les concurrents d’entrer ou de se développer sur le marché en pleine croissance des assistants IA », note l’exécutif européen.

Dans le détail, Bruxelles estime, à titre préliminaire, que Meta abuse de sa position dominante : d’un côté, « WhatsApp est un point d’entrée important pour permettre aux assistants IA à usage général d’atteindre les consommateurs ». De l’autre, le géant américain des plateformes a fermé la porte à tous les autres agents IA concurrents. Ce « comportement risque de créer des obstacles à l’entrée et à l’expansion sur le marché et de marginaliser de manière irréparable les petits concurrents sur le marché des assistants IA à usage général », souligne-t-elle encore.

Pour Meta, WhatsApp n’est pas « un canal de distribution clé pour (l)es chatbots » d’IA

Pour Teresa Ribera, commissaire européenne chargée de la Concurrence citée dans le communiqué, « nous ne pouvons pas permettre aux entreprises technologiques dominantes d’exploiter illégalement leur position dominante pour s’octroyer un avantage déloyal. Les marchés de l’IA se développent à un rythme rapide, nous devons donc également agir rapidement. C’est pourquoi nous envisageons d’imposer rapidement des mesures provisoires à Meta, afin de préserver l’accès des concurrents à WhatsApp pendant que l’enquête est en cours et d’éviter que la nouvelle politique de Meta ne nuise de manière irréparable à la concurrence en Europe ».

Reste qu’il ne s’agit que d’un avis préliminaire et non définitif. Meta peut encore fournir des remarques écrites ou orales, suite à la réception de cet avis préliminaire. L’enquête de Bruxelles est ouverte non pas sous l’égide du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques, mais en vertu des lois relatives au droit de la concurrence de l’Union européenne, à savoir l’article 102 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et l’article 54 de l’accord sur l’Espace économique européen. Le groupe risque, en plus de devoir mettre fin aux exclusions de ses concurrents, une amende pouvant aller jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial.

Contacté par 01net.com ce lundi, un porte-parole de Meta déclare « qu’il n’y a aucune raison pour que l’UE intervienne dans l’API (interface de programmation d’application) de WhatsApp Business. Il existe de nombreuses options d’IA et les utilisateurs peuvent les utiliser à partir des boutiques d’applications, des systèmes d’exploitation, des appareils, des sites web et des partenariats industriels ». Pour Meta, « la logique de la Commission part du principe erroné que l’API WhatsApp Business est un canal de distribution clé pour ces chatbots » d’IA.

En Italie, l’autorité de la concurrence locale avait ouvert une enquête sur le même sujet l’été dernier. En décembre dernier, ses investigations avaient abouti aux mêmes conclusions : Meta a été contraint d’ouvrir la porte à ses rivaux d’outils IA sur WhatsApp, à titre provisoire. Une porte que le groupe américain a bien ouverte mi-janvier, mais seulement pour l’Italie.

À lire aussi : Meta se plie aux ordres de l’Italie, forcé d’accepter les concurrents de « Meta AI » sur WhatsApp

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