X, le réseau social d’Elon Musk, joue pour la première fois les bons élèves

X, le réseau social d'Elon Musk, joue pour la première fois les bons élèves



Un premier pas oui, mais un pas de fourmi : la plateforme X a décidé d’exclure de son programme de partage de revenus les utilisateurs qui posteraient des deepfakes relatifs aux conflits armés, sans avoir mentionné qu’il s’agit d’une vidéo générée par l’IA.

Une première : le réseau social d’Elon Musk, X (ex-Twitter), jusqu’ici « champion de la désinformation », a décidé de s’attaquer aux vidéos de guerre, générées par l’intelligence artificielle (IA). À compter du 3 mars, la plateforme imposera à tout utilisateur postant une deepfake (fausse vidéo créée par l’IA) qui a trait à un conflit armé une nouvelle règle. Il devra indiquer clairement qu’il s’agit d’un contenu généré par l’IA, au risque d’être suspendu du programme de partage de revenus de la plateforme pendant 90 jours. En cas de récidive, la suspension sera définitive.

Depuis le lancement de la guerre contre l’Iran par Israël et les États-Unis, les fausses vidéos créées par des logiciels d’IA sur de supposées scènes de conflit se multiplient sur les réseaux sociaux, y compris sur X. Or, « en ces temps de guerre, il est crucial que les gens aient accès à une information authentique sur le terrain (…). Dès aujourd’hui, nous modifions notre règlement en termes de partage de revenus avec les créateurs pour maintenir l’authenticité des contenus sur la plateforme et pour éviter la manipulation du programme », a déclaré dans un post sur X Nikita Bier, responsable produit au sein de X. « Nous continuerons d’affiner nos règlements et nos produits pour garantir la fiabilité de X dans ces périodes critiques », ajoute-t-il encore.

Les publications trompeuses seraient repérées grâce à une combinaison d’outils utilisés pour détecter le contenu généré par l’IA, et son système de « Community Notes », affirme la plateforme de microblogging.

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Un changement d’approche depuis octobre 2023

La mesure, dont la portée reste limitée, est inhabituelle pour la société d’Elon Musk. Depuis son rachat de la plateforme en 2022, le milliardaire sud-africain avait plus que taillé dans la modération du réseau social, une modération considérée par ce dernier comme de la « censure ». Depuis, X est devenu un haut lieu de désinformation, attirant les foudres de la Commission européenne.

En octobre 2023 après les attaques du Hamas sur Israël, une même vague de désinformation avait submergé X mais aussi d’autres réseaux sociaux. Thierry Breton, alors commissaire européen en charge du Numérique, avait envoyé un courrier à Elon Musk lui demandant d’agir rapidement contre la « dissémination de contenus illégaux et de désinformation dans l’Union européenne » sur sa plateforme : un message auquel l’homme le plus riche du monde avait répondu avec une certaine désinvolture.

Un petit pas, oui, mais un pas de fourmi

De quoi pousser la Commission européenne à ouvrir une enquête sous l’égide du DSA, le règlement européen sur les services numériques en vigueur depuis août 2023. Le texte contraint la plateforme à lutter contre les fausses informations.

Entre temps, Reporters sans frontières (RSF) avait porté plainte contre X, regrettant l’absence de réaction de la plateforme après plusieurs signalements d’une fausse vidéo. Cette dernière affirmait faussement que RSF était l’auteur d’une étude sur les penchants nazis de militaires ukrainiens, une fake news propagée par le Kremlin pour justifier l’invasion de l’Ukraine.

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En décembre 2025, la procédure initiée par Bruxelles avait abouti, après une longue période d’investigation, à une première amende de 120 millions d’euros pour manque de transparence. Mais la partie de l’enquête qui concerne spécifiquement la dissémination de contenus illicites et les mesures (ou l’absence de mesures) prises pour combattre la manipulation de l’information est, elle, toujours en cours.

Ce qui pourrait expliquer la mesure décidée par X cette semaine, qui reste toutefois très limitée. X ne fait que dire qu’elle ne récompensera plus financièrement les créateurs qui ne mentionnent pas « générées par l’IA » dans des deepfakes relatives à un conflit armé. Il ne s’agit pas de contraindre tous les utilisateurs à utiliser cette mention en excluant de la plateforme les récalcitrants.

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Reste que cela constitue toutefois un premier geste de X – plus que timide – dans la direction d’une lutte contre la désinformation : un petit pas de fourmi destiné à montrer sa bonne volonté à la Commission européenne ?

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